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La bourse ou le hasard ?
En mars 2001, la société Barclays Stockbrockers, une équipe de chercheurs britanniques appartenant à la "British Association's National Science" aidés par un psychologue de l'université de Hertfordshire, Richard Wiseman, ont imaginé et mis sur pied une expérience, certes de courte durée, une semaine du 15 au 22 mars, mais tout de même révélatrice quant au rôle du hasard en bourse et dans les performances des produits financiers vendus au grand public via les réseaux bancaires et autres sociétés de bourse.
A l'identique que la célèbre expérience du singe mené par le Wall Street Journal avec un chimpanzé choisissant ses actions en lançant ses fléchettes sur des étiquettes représentant ces actions qui célébra au final la victoire du singe face aux "excellents" traders de Wall Street, un portefeuille d'une valeur fictive de 5.000£ (environ 7600 €uros) fut constitué par trois "investisseurs" : une fillette de 4 ans, Tia Laverne Roberts ,un financier, Mark Goodson, 39 ans et une astrologue, Christeen Skinner. Si le choix de la fillette ne s'explique que par l'action de son bras libre de tout mouvement plongeant dans le chapeau, celui de l'astrologue fut évidemment guidé par la position des planètes et celui du financier par ses connaissances approfondies des marchés financiers sans doute sanctionnés par de hautes études. Au terme d'une semaine boursière chaotique, le Footsie (l'indice phare de la bourse de Londres) s'étant effondré durant cette période, le vainqueur fut finalement celui qui réalisa le moins de pertes, c'est-à-dire Tia, 4 ans, réalisant une performance de -4,5% sur son investissement de départ, moins pire que celui de ses concurrents : -7% pour le broker et (tant pis pour les astres) -10% pour l'astrologue. L'analyste financier Mark Goodson de s'exclamer à la fin de l'épreuve qu'il était sûr que la fillette allait gagner (sic) et l'astrologue de se plaindre de ce qu'elle fut "perturbée par la chute des marchés", chute qui pourtant aurait dû être prévue par la voyante et intégrée dans l'attitude à prendre et dans ses choix.Ainsi, le hasard est bon conseiller, notamment devant le comportement moutonnier des différents acteurs des marchés financiers. Ce qui est bon à savoir lorsque des spécialistes, banques ou sociétés financières vantent les mérites de leurs placements au regard de leurs performances via SICAV et autres FCP. S'attribuer le mérite du hasard est toujours hasardeux ! Les probabilités, domaine très mal compris voire inconnu des profanes, réservent énormément de surprises et font souvent que des charlatans parviennent à tromper leurs victimes non rompues au monde des chiffres. Ainsi, quelle est la probabilité pour que, lors d'un repas de famille rassemblant 23 personnes, deux au moins aient la même date d'anniversaire (jour et mois) ? Vous vous direz que si ça vous arrivait ce serait "exceptionnel" ou bien "un signe", eh bien cette probabilité est de 50% ! Et pour 60 personnes celle-ci s'élève à plus de 99% ! Depuis 1988, le vénérable Wall Street Journal tient un concours inspiré par la thèse défendue par le professeur Burton Malkiel. Auteur du livre A Random Walk Down Wall Street, ce dernier soutient qu'il est impossible de prévoir les mouvements à court terme de la bourse en général ou d'un titre en particulier. Tout ce qu'on sait, dit-il, c'est qu'à très long terme, 10 ou 20 ans, la bourse a de fortes probabilités de monter. Les éditeurs du Wall Street Journal ont donc organisé leur concours de la façon suivante : chaque mois, quatre investisseurs professionnels sont invités à se choisir chacun un titre dont le rendement sera calculé sur six mois et comparé aux rendements de quatre titres sélectionnés par un lancement de fléchettes sur les pages des cotes boursières du journal. En 1998, on avait droit à un premier bilan de 10 années de "dartboard contest". Résultat : les professionnels ont gagné 61 des 100 premiers concours (61%).
Si le hasard ne vous satisfait pas complètement, rabattez-vous alors sur les rumeurs car comme l'a rapporté Reuters :
L'intelligence zéro des courtiers (Agence Science-Presse, 6 Oct. 2003) " Ceux qui jouent à la bourse auraient tout intérêt à se méfier de leurs courtiers. Leur soi-disant connaissance du marché semble avoir autant d'influence que... le hasard. Autrement dit: achetez des actions en vous fiant au seul hasard, et vous aurez autant de succès que ces courtiers! C'est du moins ce que conclut le modèle théorique créé par J. Doyne Farmer et ses collègues de l'Institut Santa Fe (Nouveau-Mexique). Dans leur article auquel ils ont donné le titre: Le pouvoir prévisionnel de l'intelligence zéro sur les marchés financiers. Intelligence zéro. Dur, dur... Le comportement des courtiers, raisonnent ces chercheurs, se compare à celui des fourmis qui se promèneraient au hasard à l'intérieur d'une grande horloge, affectant à peine le fonctionnement de celle-ci. La vente et l'achat d'actions peut se faire de la façon la plus rationnelle possible, ou en tirant à pile ou face: vu de l'extérieur, on ne sent pas de différence entre l'une ou l'autre de ces méthodes. " Bref, avant de regarder les performances passées, qui ne préfigurent en rien celles à venir, regardez d'abord les frais et conditions appliqués à chaque type de placement, cela permettra déjà de grignoter quelques "pour cents" dans les rapports finaux qui de toutes façons restent pour la plupart identiques (dans un marché donné) quelque soit l'intermédiaire choisi ou encore, réservez le meilleur accueil (de votre butin) à la conseillère la plus mignonne ou au conseiller financier le plus gentil. C'est toujours ça de pris. Souvenez-vous : le placement "miracle" reste celui réservé aux Charlatans
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