Nous sommes persécutés par les dermatologues !
Il existe des exemples dans l'histoire des sciences où des pionniers et de nouvelles théories ont été reçues avec scepticisme, voire refusées, avant d'être acceptées par la suite : William Harvey pour ce qui est de la circulation sanguine, Joseph Lister à propos de la technique antiseptique ou encore Louis Pasteur avec sa théorie des germes, sont des exemples bien connus. De nos jours les charlatans se servent de ces cas, pourtant peu nombreux, pour faire valoir qu'ils sont eux aussi les scientifiques incompris de leur époque, atteints qu'ils sont par ce qu'on appelle "le syndrome Galilée". Cependant, les cas de délires pseudo-scientifiques avérés sont fort nombreux face aux rares cas de scepticisme face à une théorie qui s'est finalement révélée juste.
Galilée, Harvey, Lister ou Pasteur ont, quant à eux, réussit à imposer leurs théories en démontrant la véracité de celles-ci, et la validité de leurs idées, en apportant des preuves scientifiques. Une grande quantité de faits sont venus les conforter de telle manière que la communauté scientifique ne pouvait que se rendre à l'évidence. En sciences, une théorie est réputée comme vraie dès lors que rien ne vient la réfuter, ce qui peut arriver tôt ou tard après son acceptation, et qu'elle se vérifie dans les prédictions que l'on peut faire à son sujet; or la plupart des théories relatives aux traitements contre l'alopécie, supportées par les vendeurs de produits charlatanesques, ne sont confirmées par aucune preuve scientifique, alors qu'au contraire il existe des preuves les réfutant directement. Sur les 250 000 déclarations accompagnant les produits vendus sous le label "lutte contre la chute des cheveux" examinées par la Federal Drug Administration (FDA) américaine, seuls trois (minoxidil 2%, minoxidil 5%, Propecia) ont passé avec succès les examens, le reste n'étant que foutaises.
Nous avons des photos convaincantes !
Les sites internet où les publicités, relatifs à la vente de camelote pour la repousse des cheveux, sont gavés de photographies présentant les soi-disant résultats positifs de leurs produits sur la croissance de la chevelure. Est-ce à dire que les images ne mentent pas et viennent démontrer l'efficacité des pseudo produits contre l'alopécie ? Evidemment non.
D'abord de nombreuses pub présentent des photographies "avant/après" mais d'individus dont il est clair qu'ils ont subi une intervention de greffe de cheveux entre les deux, et encore pas des meilleures... Les greffes de cheveux sont visibles et la photo a ensuite été prise après l'intervention. A moins que ces dernières ne proviennent d'un scan de catalogue dermatologique ou d'une clinique quelconque, peut-être même vendues au charlatan, certaines cliniques de pays d'Asie, de certains coins d'Europe ou même d'Afrique sont moins regardantes pour ce qui est de la confidentialité du dossier de leurs clients.
Secundo, un changement dans le style de la coiffure ou l'utilisation d'épaississants cosmétiques changera l'apparence de la densité capillaire, et il arrive même que des photos "avant/après" ne fassent que montrer une même personne avec des cheveux courts, puis plus tard, avec des cheveux plus longs venant camoufler sa calvitie ou les régions dégarnies de la tête.
Troisièmement l'angle de prise des photos est important. Prendre une photo la tête de face plutôt que surplombée rendra la chevelure plus dense pour quelqu'un qui perd ses cheveux de manière diffuse. Regarder cette même personne sur le haut du crâne rendra sa calvitie beaucoup plus visible et la distribution des cheveux relativement éparse.
Quatrièmement, il existe des techniques de prises de photographies qui peuvent changer l'apparence d'une personne et sa densité capillaire, comme utiliser un zoom à lentilles, les différentes photos d'une même personne peuvent être prises plein cadre mais en changeant les distances du photographe au sujet, plus le photographe s'éloignera moins la lumière se réfléchira sur la peau, donnant un effet de chevelure plus diffuse sur l'image. Le photographe peut aussi utiliser un flash qui est une source de lumière importante qui se réfléchira sur la peau entre les cheveux, rendant le sujet très chauve.
Utiliser une caméra à filtre polarisé réduit cette réflexion lumineuse et donne à la chevelure un aspect plus dense sur l'image. Dans le même genre, la couleur des vêtements ou du fond de la pièce et du décor, est important en déterminant la quantité de lumière réfléchie sur la tête et la caméra. Il est manifeste que certaines photos avant/après ont été prises à quelques minutes d'intervalle, le modèle n'ayant même pas changé de vêtements entre les deux prises !
Enfin, à une époque où les ordinateurs sont capables de transformer totalement une image, il est très facile de manipuler une photographie muni d'un logiciel adapté, et donc de fabriquer des faux le plus simplement du monde...
Nous avons des témoignages convaincants
Les témoignages sont une part extrêmement importante des déclarations des escrocs capillaires afin de "prouver" l'efficacité de leur produit. Mais ce type d'information est sujet à caution. Rien de plus facile que d'en créer soi-même (essayez vous-même ici). Il faut d'abord savoir que les témoignages inclus dans les sites web, ou sur les pubs vantant les mérites de tel ou tel produit, ont été sélectionnés par le propriétaire du site qui est en même temps le vendeur du produit. Evidemment, n'importe qui voulant vendre quelque chose ne proposera pas de témoignages critiquant négativement son produit en disant qu'il est inefficace ou inutile, seuls les témoignages montrant le produit sous son meilleur jour seront publiés.
Nous aimons tous connaître le ressentiment des autres et avoir un aperçu de leur expérience personnelle, mais séparer la cause et l'effet de la coïncidence peut être très difficile et les témoignages proposés le font rarement. Les améliorations qui ont eu lieu chez certains clients auraient tout à fait pu avoir lieu même sans le produit ou en l'absence de traitement, car plusieurs formes de chute des cheveux, comprenant l'alopécie androgénétique, ne sont pas progressives. Elle se développent par à coups et on peut voir une amélioration spontanée, mais qu'ensuite la chute reprenne de plus belle.
Nous perdons tous plus nos cheveux en automne ou au début de l'hiver qu'au printemps ou au début de l'été. Ceci vient de ce que nos corps sont sensibles aux saisons, malgré nos lumières artificielles et nos chauffages intérieurs, qui tendent à "tromper" notre corps, celui-ci ressent toujours le besoin de changer notre "manteau" capillaire pour celui de l'hiver. D'autres formes de pertes des cheveux, comme les effluves télogènes, sont temporaires et stoppent éventuellement avec le temps. Définir la raison médicale pour en trouver le traitement approprié nécessite des recherches prudentes et répétées, associées à des expériences correctement réalisées, sachant faire la part entre les coïncidences et les causes ou les effets réels. C'est la raison pour laquelle les témoignages personnels ne sont jamais pris en compte en tant que preuves, voire même interdits, dans tout article scientifique et ne valent rien quand il s'agit d'évaluer l'efficacité d'un médicament, ni en ce qui concerne la décision de le mettre sur le marché ou non, il serait potentiellement dangereux si seules des anecdotes orales ou écrites conduisaient les autorités médicales à prendre leurs décisions sur ce seul critère. Rien n'empêche en outre un charlatan capillaire de se faire tout simplement son propre témoignage pour valider son propre produit...
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