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Évolution :
Mythes et erreurs d'interprétation

Mythe n°1 : tout n'est qu'adaptation produite par la sélection naturelle

Nous tendons à supposer que toutes les caractéristiques des plantes et des animaux sont des adaptations qui sont survenues à travers la sélection naturelle. Beaucoup ne sont ni des adaptations ni le résultat de la sélection du tout.

Pourquoi sommes-nous si nombreux à nous planter devant la télévision, muni d'un plateau repas micro-ondes, après une journée fatigante ? Parce que c'est pratique ? Ou parce que les plateaux repas-TV sont la conséquence naturelle de centaines de milliers d'années d'évolution humaine ?

Ne riez pas ! Vous avez probablement déjà fait des suppositions identiques. Pour quelques aspects de nos corps ou de nos comportements, il est facile d'inventer des histoires évolutionnistes ad hoc afin d'expliquer comment ils sont apparus. Nous tendons à supposer que toute chose a un but, mais nous avons souvent tort.

Prenez les mamelons des mâles. Les mammifères mâles n'en ont pas du tout besoin : ils en ont parce que les femelles en ont et parce que ça ne coûte rien de faire pousser un mamelon. Ainsi, il n'y a eu aucune pression des sexes pour faire évoluer des branches distinctes et faire disparaître la croissance des mamelons chez les mâles. D'autres déclarent que l'orgasme féminin existe pour les même raisons que les tétons mâles, bien que cela reste une idée fort controversée.

Puis, il y a notre sens de l'odorat. Humez-vous cette senteur de roses autour de vous ou devez-vous vous battre pour la détecter ? Pouvez-vous sentir cette odeur distinctive que l'urine de la plupart des gens acquiert après avoir mangé des asperges ? Les gens sont très différents dès qu'ils s'agit de l'odorat, et cela principalement à cause des mutations aléatoires dans les gènes qui codent les récepteurs de l'odorat, plutôt que pour des raisons adaptatives.

Pourtant, d'autres caractéristiques sont le résultat de la sélection, mais pas pour le trait en question. Par exemple, la petite stature des pygmées pourrait être un effet secondaire de la sélection pour un enfantement précoce dans les populations où la mortalité est importante, plutôt qu'une adaptation en soi.

Des gènes polyvalents

Une autre raison, pour laquelle les adaptations apparentes peuvent être des effets secondaires de la sélection pour d'autres traits, est que les gènes peuvent avoir différents rôles à différentes époques du développement, ou en différentes régions du corps. Ainsi la sélection d'une variation peut avoir toutes sortes d'effets qui semblent dissociés. L'homosexualité mâle pourrait être liée aux variations génétiques augmentant la fertilité de femelles, par exemple.

Une variation génétique non adaptative ou délétère peut aussi se répandre rapidement dans une population si elle est sur le même brin ADN qu'une variation génétique bénéfique. C'est une des raisons pour laquelle les sexes importent tant : quand des morceaux d'ADN sont échangés entre les chromosomes pendant la reproduction sexuelle, les bonnes et mauvaises variations peuvent être séparées.

D'autres caractéristiques des plantes ou des animaux, telles que les ailes des autruches, peuvent avoir été des adaptations dont le but premier est devenu inutile. De tels "vestiges" peuvent persister parce qu'ils sont neutres, parce qu'ils ont pris d'autres fonctions ou parce qu'il n'y a pas eu assez d'évolution pour les éliminer bien qu'ils soient devenus désavantageux. Prenez l'appendice. Il existe tout un tas d'affirmations comme quoi elle servirait à ceci ou cela, mais la preuve est claire : vous êtes plus susceptible de survivre sans qu'avec un appendice.

Alors pourquoi n'a-t-elle pas disparu ? Parce que l'évolution est un jeu de chiffres. La population humaine était faible ces derniers millénaires, et les gens avaient peu d'enfants avec de longues périodes entre chaque génération. Ce qui signifie qu'il y avait peu de chances pour l'évolution de lancer des mutations qui auraient réduit la taille de l'appendice ou l'aurait éliminé, et encore moins de chances pour ces mutations de se répandre dans les populations par la sélection naturelle. Une autre possibilité est que nous sommes pris dans un tunnel évolutionniste où, comme l'appendice rétrécit, l'appendicite devient plus probable, favorisant sa rétention.

Les dents de sagesse sont un autre vestige restant. Une petite et faible mâchoire a permis à nos ancêtres de voir leur cerveau croître plus largement, ce qui laissait moins de place pour les molaires. Pourtant, nous sommes encore nombreux à avoir des dents de sagesse qui poussent pour lesquelles il n'y a plus de place, ce qui a des conséquences potentiellement fatales. Une des raisons possibles de la persistance de ces dents est qu'elles apparaissent habituellement après que les gens aient atteint l'âge reproductif, ce qui signifie que la sélection contre elles est faible.

Pour toutes ces raisons, et plus encore, nous avons besoin d'être sceptiques devant les déclarations sur les explications évolutionnistes à propos des différents comportements humains. La psychologie évolutionniste, en particulier, est célèbre pour ses tentatives pour expliquer chaque aspect du comportement, depuis le jardinage jusqu'au viol, comme une adaptation qui aurait surgit quand nos ancêtres vivaient dans la savane Africaine.

Inutile de dire que, sans des preuves solides, les déclarations sur comment les diners devant la télévision ont "évolué" devraient être prise avec des pincettes

     


Pour aller plus loin :
- Le monde a-t-il été créé en sept jours ? Pascal Picq.
- Guide critique de l'évolution. Collectif.
- Qu'est-ce que l'évolution ? Le fleuve de la vie. Richard Dawkins.

A lire:
- Les probabilités réfutent-elles la théorie de l'évolution ?
- Les créationnistes et la bible.
- L'armée créationniste de la nuit.
- Les actualités du créationnisme.
- Le créationnisme est-il scientifiquement recevable ?
- Evolution et créationnisme.
- Erreurs de raisonnement et illusions logiques.