La Gemmothérapie

C'est dans les années 1960 qu'un homéopathe belge eut la prescience que les bourgeons de plante pouvaient constituer une thérapeutique efficace.

Il semble avoir tiré son intuition, non d'un chapeau, mais d'une double lignée historique : celle des embryothérapeutes, avec le recours aux cellules embryonnaires que Niehans promouvait dans le même temps, et celle des homéophytothérapeutes (!), pour lesquels certaines plantes, tel le gui, possèdent des vertus curatives puissantes (merci Panoramix !). Le bourgeon est censé receler la puissance d'un organe en voie de maturation et une forme d'étincelle de vie en gestation. Dès lors notre médecin conçu ce qu'il appela la "gemmothérapie", récupérée avec diligence par tous les laboratoires homéopathiques de France et de Belgique.

Si dans un premier temps la gemmothérapie a connu le cursus classique des médicaments homéopathiques, à savoir la prescription selon la bonne vieille méthode du Pifomètre, doublée rapidement du support de la radiesthésie (sic), la technique s'est rapidement affinée en même temps que le coût pour les malades croissait.

La gemmothérapie a très vite intéressé quelques biologistes qui eurent l'idée d'étudier les modifications biologiques obtenues chez le lapin après administration de préparations gemmothérapiques, en particulier les modifications obtenues sur les tests de floculation de protéines plasmatiques.

De savants calculs, des diagrammes complexes, des comptes rendus chiffrés et le recours à l'ordinateur permettent d'établir diagnostic, traitement et bilan personnel du patient, bilan qui est transmis à l'homéopathe prescripteur puis remis cérémonieusement au patient. Seule ombre au tableau : le test de floculation des protéines plasmatiques, considéré comme non fiable, a été abandonné par les laboratoires sérieux. Mais est-il bien nécessaire d'appliquer un protocole d'analyse fiable à une technique fantaisiste ?

A chacun d'en juger, en tout cas les bénéfices seront bien gardés ...

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