Le vin d'ici et l'eau de là
Histoire de liquides


Le mythe du "vin rouge bon à la santé" mis à mal

L'idée selon laquelle un petit verre de vin, ou d'alcool, bu régulièrement est bon pour la santé, spécialement chez les 40-50 ans a été battue en brèche par les chercheurs. Car si un peu d'alcool peut aider à combattre les risques de crise cardiaque, cela augmente le risque d'une mort prématurée par d'autres maladies comme le cancer, selon une étude réalisée sur 7.735 hommes surveillés sur 16 ans.

Ce travail remet totalement en cause la croyance populaire comme quoi boire modérément de l'alcool, et plus particulièrement du vin rouge, peut aider les gens à se sentir mieux. Cette campagne s'ajoute donc à celle relative aux risques d'accidents pour cause d'alcoolisme.

Gerry Shaper, un des chercheurs, dit : "Il faut démythifier la légende des "bénéfices" de l'alcool. Les médecins se doivent d'être particulièrement vigilants dans leur "recommandation" de boire un petit verre, faite parfois à leur patients parce que cela pourrait leur faire du bien. Cela est pernicieux."

Le Docteur Shaper, de la Royal Free and University College Medical School de Londres doute même que le simple fait de boire de l'alcool puisse avoir un effet bénéfique sur les risques d'infarctus. Les personnes qui ne buvaient pas ou peu mais qui se mirent à boire régulièrement de l'alcool plus tard, se portaient mieux avant et avaient une meilleure hygiène de vie quand ils étaient plus jeunes. La recherche a été publiée dans le journal médical du Coeur. Elle implique un panel d'hommes sélectionnés pour leurs maladies de coeur dans 24 villes de 1978 à 1980 alors qu'ils étaient âgés de 40 à 59 ans. La plupart répondirent à un questionnaire au sujet de leur habitudes de boissons et leur styles de vie 5 ans plus tard, leurs progrès furent étudiés dans les années 1990.

La plupart de ceux considérés comme "nouveaux buveurs réguliers" consommaient entre une et 15 unités par semaine de boisson peu forte. Ils avaient moins de chances d'avoir un infarctus que ceux qui s'abstenaient ou ne buvaient qu'occasionnellement. Cependant, ils n'avaient pas moins de chances de mourir d'une maladie cardio-vasculaire et sont 40% de fois plus susceptibles de mourir d'autres maladies.

Une association anglaise de lutte contre l'alcoolisme affirme :"Les coûts de l'alcool pour la santé sont beaucoup plus lourds que les bénéfices, avec 33.000 personnes mourant de maladies dues à l'alcool au Royaume-Uni chaque année." La Fondation Britannique du Coeur déclare :"Cette recherche est d'importance car elle montre que les effets de l'alcool sur un organe peuvent ne pas s'appliquer à tout le corps." En attendant, les scientifiques du Queen Mary College de Londres, pensent avoir découvert pourquoi le vin rouge pouvait aider à prévenir de l'infarctus. Ils ont découvert dans les tests en laboratoire, que les extraits de vin rouge sans alcool bloquaient la production d'un composé chimique appelé endetholine-1. Ce produit chimique est un facteur important de maladies cardiovasculaires parce qu'il contracte les vaisseaux sanguins. Les vins blancs et rosés n'ont aucun effet sur les cellules des vaisseaux sanguins des mammifères, mais les effets bloquants d'un extrait de cabernet sauvignon étaient 7 fois plus important que celui d'un jus de raisin.

Pourtant, le Professeur Roger Corder, qui a dirigé la recherche, dit :"Les modifications que causent l'alcool sont si modestes qu'il ne faut pas croire qu'ils peuvent vous protéger contre une maladie cardio-vasculaire. A la limite il est possible de boire un petit verre de vin lors d'un repas, mais tout autre consommation en dehors de ce cadre doit être évité."

La consommation modérée d'alcool n'est pas nécessairement bonne pour la santé, affirme Tim Stockwell, chercheur de l'Université de Victoria, en Colombie-Britannique. Directeur du Centre de recherche sur la toxicomanie, il est le principal chercheur d'une étude internationale portant un deuxième regard aux travaux ayant conclu que quelques verres de vin et de bière par jour étaient bons pour la santé et le bien-être. "Nous ne croyons pas que les bénéfices soient aussi sensationnels qu'on le dit", a-t-il indiqué. L'un des problèmes soulignés par M. Stockwell est que la plupart des études incluent dans la catégorie des personnes s'abstenant de toute boisson alcoolisée, les anciens consommateurs ayant cessé de boire en raison de problèmes de santé. La nouvelle étude (publiée en 2005) ne place dans cette catégorie que les gens n'ayant jamais bu. Les manchettes ne mettent également pas l'accent sur le fait que l'alcool n'a un effet positif maximal que lorsque la consommation atteint un verre ou deux chez les hommes de plus de 45 ans, et un verre ou moins chez les femmes du même âge, a-t-il déploré. Regrettant par la même occasion que le message habituel est que boire modérément du vin est bon pour tous.


Le mythe de l'eau curative

Que d'eau ! Que d'eau ! Où que ce soit, les gens se promènent avec leur eau, croyant avoir découvert là le passeport pour une bonne santé. Et, pour encourager le mythe, certains écrivent des best-sellers, d'autres font des publicités, clamant les merveilles de l'eau et ses pouvoirs guérisseurs. Dorénavant, l'eau est devenue un élément nutritif, tout comme le sont les protéines, les lipides, etc. pourtant, même si elle est indispensable à la vie, il ne s'agit pas du nouvel outil anti-âge miracle ou curatif que l'on croit.

Ces mythes de l'eau bienfaitrice, outre le fait qu'ils sont largement développés et exploités en thermalisme, quoiqu'on ne puisse nier qu'une bonne thalasso ait un effet relaxant, se rencontrent aussi en ce qui concerne la perte de poids. Les multinationales de l'eau, telles Vittel, Evian, Volvic, Contrex, etc. argumentent le plus souvent possible sur la "ligne" ou "l'équilibre" (de quoi ?) à travers leurs spots publicitaires, or l'eau, contrairement à ce qui est affirmé, ne fait pas maigrir du tout. Ou encore, au prétexte que boire beaucoup d'eau permettrait d'éliminer les mystérieuses toxines anonymes et enfin que la déshydratation est cause de la plupart de nos maladies.

L'eau est effectivement nécessaire pour transporter les éléments nutritifs afin que le corps soit en bonne santé. Elle est aussi responsable des fonctions régulatrices de la température du corps et de la lubrification des articulations, pas ne fait pas de miracles. L'eau constitue de 50 à 70% du poids du corps humain. Même les dents en contiennent 5%. C'est le constituant essentiel de tous les fluides du corps comprenant les jus digestifs, la lymphe, le sang, l'urine et la transpiration. Mais la question est : quelle quantité est nécessaire ?

D'aucuns affirment qu'il faudrait avaler au minimum 1,5 litres par jour. Pourtant, un compte-rendu du Scientific Review Committee Canadien de 1990 établit que l'eau utilisée par le corps vient des liquides absorbés (5 verres), l'eau contenue dans les aliments (4 verres) et les liquides produits pendant l'oxydation métabolique (1 verre), ce qui approche les 10 verres par jour (soit env. 1,5 litre) dans un climat modéré. Nous consommons en tout environ 1,5 litre de liquides par jour dont seulement 50% viennent de ce que nous buvons directement (pas nécessairement de l'eau), le reste étant apporté par la nourriture et notre métabolisme.

Lors d'une étude, des scientifiques ont suivi à la trace les liquides consommés et perdus par l'organisme pendant 12 jours. S'il est vrai que l'individu consomme près de 1,5 litre par jour, ce volume d'eau ne vient pas que de ce que l'ont boit en eau, mais aussi du café, des boissons décaféinées, du thé, lait, sodas et jus de fruits. 40% des besoins en eau viennent de la nourriture (surtout les fruits et légumes qui contiennent entre 80 et 95% d'eau, même le fromage en contient 35%) et 10% des processus métaboliques. Le besoin de consommation directe d'eau n'est donc pas si importante que veulent bien le faire croire les multinationales de l'eau, mais évidemment cela n'arrange pas leurs affaires qui voudraient que l'on se force à boire toute la journée.

Bien entendu, il s'agit ici d'une consommation pour une personne sédentaire vivant en climat modéré, les grands sportifs, se déshydratant beaucoup plus, doivent compenser cette perte plus importante, mais ici aussi attention à ne pas se tromper de cible : ce n'est pas l'eau que vous boirez qui vous fera maigrir, mais bien l'exercice que vous ferez et la dépense calorique y relative, l'eau n'a jamais brûlé les graisses. L'essentiel est de boire quand on a soif, mais ce n'est pas parce qu'on a soif qu'on est forcément déshydraté, le surplus est évacué par les urines. A la vôtre donc !

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