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Aucune thérapie ne "soigne" l’homosexualité

Le 10 août 2009

Les gays et les lesbiennes sont parfois encouragés à changer leur orientation sexuelle par le biais de thérapies ou autres traitements, et ceci sur la supposition que l’homosexualité serait tout simplement un choix de style de vie.

Les psychologues déclarent que cela doit changer, définitivement.

Les professionnels de la santé mentale doivent éviter de dire à leurs clients qu’ils peuvent changer leur orientation sexuelle grâce à des thérapies ou d’autres traitements, position que l’on retrouve dans une nouvelle résolution adoptée par l’Association des Psychologues Américains.

La raison en est simplement que cela ne marche pas, a conclu le groupe de travail.

La résolution affirme que les parents, tuteurs, jeunes gens et leurs familles doivent éviter tout traitement qui prétendrait traiter l’orientation sexuelle, et qui dépeindrait l’homosexualité comme une maladie mentale ou un désordre développemental. Au lieu de cela, ils devraient chercher des services de psychothérapie, de soutien social et de service de l’éducation "qui fournissent des informations précises sur l’orientation sexuelle et la sexualité, qui augmentent le soutien familial et scolaire et réduisent le rejet de cette minorité sexuelle pendant la jeunesse."

La résolution a été adoptée lors de la convention annuelle du groupe [1].

"Contrairement aux déclarations des partisans et praticiens du changement de l’orientation sexuelle, il n’existe pas de preuves motivant le recours à des interventions psychologiques dans le but de modifier l’orientation sexuelle" explique Judith M. Glassgold, présidente du groupe de travail.

Les chercheurs n’ont pas définitivement conclu dans quelle mesure l’homosexualité était héritée génétiquement, mais nombreux sont ceux qui pensent qu’il s’agit d’une combinaison de la nature et de l’environnement. Plusieurs études ont cependant montré que les gènes étaient impliqués.

Alors que des recherches contradictoires sur le sujet de la thérapie sont citées par certains, les études ont trouvé que "l’orientation sexuelle n’était pas susceptible de changer, même avec des efforts dans ce but" dit Glassgold. Tout au plus, certaines études ont-elles suggéré que certains individus apprenaient comment ignorer ou ne pas agir face à leurs attirances homosexuelles. Pourtant, ces études n’ont pas indiqué sur qui cela était possible, combien de temps cela avait-il fonctionné ni les effets sur la santé mentale à long terme. Aussi, ce résultat était-il probablement moins vrai chez les gens qui commençaient à être attirés par ceux du même sexe."

En se basant sur cette analyse, le groupe de travail a recommandé que les professionnels de la santé mentale évitent de présenter faussement l’efficacité des efforts pour changer d’orientation sexuelle, dès lors qu’ils apportent de l’aide aux personnes en détresse à propos de leur propre orientation sexuelle ou celle des autres, ajoute l’APA.

Le groupe de travail a examiné 83 articles académiques de journaux scientifiques sur le sujet du changement volontaire d’orientation sexuelle, écrits entre 1960 et 2007, plus d’autres études récentes sur la psychologie de l’orientation sexuelle.

"Malheureusement, la plupart de la recherche dans ce domaine de l’orientation sexuelle contient des défauts méthodologiques très sérieux" dit Glassgold. Peu d’études peuvent être considérées comme méthodologiquement correctes, et aucune n’a systématiquement étudié les préjudices potentiels de telles thérapies."

Le groupe de travail n’a pu parvenir à aucune conclusion, en se basant sur les études réalisées, établissant que les thérapies visant à changer d’orientation sexuelle sont efficaces, ni si elles sont inoffensives ou nocives.

"Sans ces informations, les psychologues ne peuvent prédire l’impact de ces traitements et doivent rester très prudents, étant donné que certaines recherches qualitatives suggèrent un potentiel de nuisance" dit Glassgold. "Les praticiens peuvent assister leurs clients à travers des thérapies qui ne visent pas à modifier leur orientation sexuelle, mais qui impliquent plutôt son acceptation, qui apportent un soutien et une découverte de son identité, sans imposer un résultat identitaire spécifique."

Une partie du compte-rendu du groupe a identifié que certains patients, cherchant à changer leur orientation sexuelle, pourraient être en grande détresse à cause d’un réel conflit entre leur orientation sexuelle et leurs croyances religieuses. Le groupe recommande aux professionnels de la santé mentale diplômés de traiter ces patients pour les aider "à explorer les voies possibles qui s’adressent à la réalité de leur orientation sexuelle, à réduire les stigmates associés à l’homosexualité, à respecter les croyances religieuses du patient, et considérer les possibilités dans le cadre d’une vie spirituelle et digne."

- Cerveau, Sexe & Pouvoir. Catherine Vidal, Dorothée Benoit Browaeys.
- Féminin Masculin : Mythes et idéologies. Collectif.
- Le sexe, l’homme et l’évolution. Pascal Picq, Philippe Brenot.
- 100 Idées tordues sur le corps, la santé, le sexe... Anahad O’Connor.


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