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Comment reconnait-on que quelque-chose est vrai ou faux ?

Le 24 juin 2009

Une étude de neuro-imagerie révèle que la capacité à distinguer le vrai du faux dans nos vies de tous les jours implique deux processus distincts. Des recherches précédentes reposaient lourdement sur l’hypothèse que les déclarations vraies ou fausses étaient toutes deux traitées dans le cortex frontal inférieur gauche. Dirigée par des chercheurs des Universités de Lisbonne et de Milan, l’étude June Cortex [1] a trouvé que nous utilisons deux processus séparés pour déterminer les subtiles distinctions entre le vrai et le faux dans notre vie de tous les jours.

Décider si une affirmation est vraie implique la mémoire, déterminer qu’une est fausse repose sur les processus de raisonnement et de résolution de problèmes.

L’étude a examiné l’impact de phrases vraies et fausses sur l’activité cérébrale avec une tâche de vérification et l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). On a demandé à des participants de lire des phrases simples composées de concepts allant par paire (par exemple "l’avion atterrit") et de décider si la phrase était vraie ou fausse. Les déclarations vraies ou fausses étaient équivalentes en termes d’ambigüité, et exactement les mêmes concepts et caractéristiques étaient utilisés dans les deux types de déclarations.

Les fausses déclarations activaient de différentes façons le cortex fronto-polaire droit dans des régions qui avaient été précédemment associées aux tâches de raisonnement. Les activations associées aux vraies déclarations impliquaient le cortex pariétal inférieur gauche et le noyau caudé bilatéralement. L’activation précédente pourrait être supposée refléter une analyse sémantique thématique continue et une recherche dans la mémoire plus étendue.

L’activation du caudé pourrait aussi refléter ces processus de recherche et de comparaison, aussi bien que le fait que reconnaître une phrase comme étant vraie en soi est une récompense positive pour le sujet, étant donné que cette région est aussi impliquée dans les processus de récompense associés à l’information.

En considérant les résultats de l’expérience et les études précédentes, il est possible de réconcilier les positions historiquement conflictuelles à propos de la compréhension du langage datant de Protagoras et Socrate. Paradoxalement, il semble que quand les différences entre la vérité et la fausseté sont franches, nous nous comportons comme des relativistes, et utilisons des processus identiques pour arriver à une décision. Cependant, quand les différences sont plus subtiles, (comme dans l’étude Cortex), nous adhérons à une distinction catégorique et utilisons des processus qualitativement différents pour décider ce qui est vrai de ce qui est faux.

- Neurosciences. Collectif.
- Cerveau et Psychologie. O. Houdé, B. Mazoyer, N. Tzourio-Mazoyer .


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