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Des OGM spontanés dans la nature.

Le 5 novembre 2010

Des chercheurs ont montré comment une plante génétiquement modifiée pouvait apparaitre.

Des plantes génétiquement modifiées peuvent apparaitre par des moyens tout à fait naturels. Un groupe de recherche de l’Université Lund en Suède a donné les détails d’un tel événement chez les plantes supérieures. Il est probable qu’un parasite ou un pathogène ait été l’intermédiaire du transfert de gène.

Le débat sur les organismes génétiquement modifiés (OGM) est brûlant et parasité par des points de vue obscurs et idéologiques venant des opposants. L’un des arguments contre eux est qu’il s’agit d’un mélange non naturel de gènes provenant de différentes espèces.

Cependant, une recherche à Lund en Suède a montré qu’une modification génétique pouvait naturellement prendre place chez les plantes sauvages [1].

"Dans notre groupe de recherche, nous suspections cela depuis quelque temps déjà, et nous avons eu recours à l’analyse ADN pour montrer que c’était effectivement le cas" explique le Professeur Bengt Bengtsson du Département de Biologie de l’Université Lund.

Le groupe de recherche sur la génétique de l’évolution a découvert qu’un gène de l’enzyme PGIC a été transféré dans la fétuque des moutons (Festuca ovina) à partir d’herbe des prés, probablement de la Poa palustris, deux espèces distinctes et non interfécondes. Les analyses ADN ont aussi montré que seule une petite partie du chromosome a été transférée. Il s’agit du premier cas prouvé du transfert horizontal d’un gène avec des fonctions connues à partir du noyau d’une plante supérieure vers une autre.

"Malheureusement, nous ne savons pas exactement comment le saut de gène entre les deux espèces s’est déroulé, ce qui n’est pas surprenant étant donné qu’il s’est déroulé il y a 700 000 ans environ. L’explication la plus plausible est que le gène ait été transmis par un parasite ou un pathogène, comme un virus, peut-être avec l’aide d’un insecte suceur de sève" dit le Pr Bengtsson.

Si le saut du gène peut survenir naturellement entre des plantes qui appartiennent à des espèces différentes, cela veut-il dire qu’il n’y a aucune raison de s’opposer aux céréales génétiquement modifiées ? Selon le chercheur, la réponse n’est pas si simple. Il note que ces résultats sont intéressants et importants, mais qu’ils ne peuvent rien dire sur ce qui est bien ou mal dans une société.

"Nombreux sont ceux qui ont peur des céréales génétiquement modifiées parce qu’ils croient qu’elles vont provoquer une propagation de gènes indésirables dans la nature. Cet argument ne m’impressionne pas. Je sympathise cependant avec ceux qui luttent contre la mise sous brevets et les pratiques monopolistiques de certains semenciers. C’est pourquoi il est si important que des recherches indépendantes et libres de tout engagement commercial soient réalisées sur les plantes génétiques modifiées, notamment par des chercheurs universitaires" ajoute-t-il.

Pour que de telles recherches soient menées à bien et à leur terme, encore faut-il que les idéologues des champs ne les saccagent pas. Car s’il est un prétexte fallacieux pour justifier leurs actes, c’est bien celui d’affirmer qu’il y a un danger pour la nature et pour l’homme, pour masquer en réalité la véritable raison de leur combat : lutter contre la mainmise financière de grosses sociétés dans la commercialisation de semences brevetés.

Évidemment, mettre à jour cette logique commerciale primordiale ferait moins recette auprès du grand public, qui se sent davantage concerné par des arguments pseudo sanitaires ou pseudo écologiques.


Références et notes :

[1] Pernilla Vallenback, Lena Ghatnekar, Bengt Bengtsson. Structure of the Natural Transgene PgiC2 in the Common Grass Festuca ovina. PLoS ONE, 2010 ; 5 (10) : e13529

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