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Influence paranormale

Le 25 octobre 2012

Une étude a découvert que les messages des médias qui décrivent les enquêteurs du paranormal comme étant des "scientifiques" font que les téléspectateurs ou les lecteurs seront ensuite plus susceptibles de croire au paranormal.

La quatrième version de "Paranormal Activity" est déjà sur les écrans. Des chaines de télévision comme D8, TF1 ou W9 font la part belle aux émissions sur le paranormal, jusqu’à certains journaux qui espèrent piquer la curiosité de leurs lecteurs en traitant de sujets "paranormaux".

L’omniprésence des divertissements traitant du paranormal a suscité l’intérêt de Paul Brewer, Professeur de Communication, qui se demandait ce qui faisait que les téléspectateurs croyaient, ou ne croyaient pas, à ce qu’ils voyaient sur le petit écran ou lisaient dans les journaux et magazines.

Son étude, publiée dans le journal Science Communication [1], a examiné l’influence des messages médiatiques à propos de ceux qui enquêtent sur le paranormal, et plus précisément sur la manière dont les gens perçoivent et évaluent la crédibilité de ces enquêteurs. Brewer a dirigé une expérience en demandant à des participants de lire l’une des quatre versions d’un article de journal. Après avoir lu l’article choisi, les participants devaient remplir un questionnaire.

"Il ne s’agissait pas seulement de l’histoire sur les enquêteurs du paranormal qui faisait que les gens croyaient aux fantômes et aux maisons hantées" dit Brewer. "C’est en fait l’histoire sur leur caractère scientifique".

Une version de l’article décrivait une approche "scientifique" des travaux de l’enquêteur du paranormal, comprenant son utilisation d’instruments variés, d’objets que Brewer décrivait comme étant "de type scientifique". L’un de ces matériels, précisément décrit dans l’article, est un détecteur de champs électromagnétiques, utilisé pour localiser des sources d’électricité. Les membres du groupe qui ont lu cet article étaient plus enclins à considérer les enquêteurs comme des scientifiques, et les percevaient comme plus crédibles, et ils étaient aussi plus susceptibles de croire au paranormal.

Brewer en ajoutant que ces résultats pourraient bien entendu troubler les sceptiques, montre qu’en fait le terrain sur lequel les sceptiques devraient d’abord se concentrer est celui de la communication, et notamment de la réfutation de la scientificité de certaines expériences paranormales ou des enquêteurs qui se cachent sous un vernis de science.

Brewer déclare : "ils pourraient regarder cela et se dire qu’il suffit de saupoudrer ici ou là de quelques acronymes et d’objets qui sonnent pour que soudainement les gens se mettent à croire aux fantômes et aux maisons hantées".

Pourtant, ses résultats pourraient réconforter les sceptiques. Car une autre version de l’article de l’étude était identique à la version dite "scientifique" jusqu’à la fin où un paragraphe supplémentaire a été ajouté. Il citait un professeur qui réfutait l’expertise des enquêteurs. Le groupe qui lisait cet article a été influencé par le point de vue opposé et a évalué la crédibilité des enquêteurs à des niveaux bien inférieurs de ceux du premier groupe.

L’auteur de l’étude de conclure que "ce que les médias peuvent faire, les médias peuvent le défaire".

- Le Paranormal : Ses documents - Ses hommes - Ses méthodes. Henri Broch.


Références et notes :

[1] The Trappings of Science : Media Messages, Scientific Authority, and Beliefs About Paranormal Investigators. Paul R. Brewer, Science Communication, 1075547012454599.

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