Accueil du site > Psychologie > L’agriculture biologique apporte peu de bénéfices à la faune et la (...)

L’agriculture biologique apporte peu de bénéfices à la faune et la flore

Le 6 mai 2010

Selon une étude de l’Université de Leeds, les fermes biologiques pourraient être perçues comme étant les amies de nature, de la faune et de la flore, mais les bénéfices apportés aux oiseaux, abeilles et papillons ne compensent pas les plus faibles rendements produits.

Dans les comparaisons les plus détaillées entre les exploitations biologiques et conventionnelles à ce jour, les chercheurs de la Faculté de Science Biologique de Leeds ont découvert que les bénéfices pour la nature et l’augmentation de la biodiversité des exploitations biologiques sont plus faibles que ce qu’on pensait, en moyenne de seulement 12% de mieux que l’agriculture conventionnelle.

Les fermes biologiques de l’étude produisaient moins de la moitié en rendement que leur concurrentes conventionnelles. Ainsi, cette recherche publiée dans les Ecology Letters [1], pose de sérieuses questions à propos de l’utilisation des paysages agricoles afin de maximiser la production de nourriture tout en protégeant les écosystèmes.

"Dans les quarante années à venir, nous allons devoir produire le double de la production actuelle pour faire face à l’augmentation de la population" explique le Professeur Tim Benton, responsable du projet. "Nos résultats montrent que pour produire la même quantité de nourriture au Royaume-Uni en utilisant l’agriculture biologique plutôt que conventionnelle, nous aurons besoin d’utiliser deux fois plus de terres cultivables."

"Et comme les bénéfices de l’agriculture biologique sur la biodiversité sont faibles, alors lui donner la priorité est un luxe que nous ne pourrons sans doute pas nous permettre, particulièrement dans les régions les plus productives du Royaume-Uni."

Les fermes biologiques sont apparues dans le cadre d’une recherche de la biodiversité de la faune et de la flore, mais comme ces fermes tendent à se trouver dans des régions avec de petits terrains, plus de haies et d’espaces boisés, elles commencent avec un avantage. Le projet Leeds visait à voir si l’agriculture biologique était aussi bonne pour ces écosystèmes lorsque les effets sur les paysages étaient sortis de l’équation.

La recherche a étudié deux régions de l’Angleterre Centrale Sud-ouest et du Midlands Nord, en prenant en compte plus de 30 variables couvrant le climat, la topographie, les conditions socioéconomiques, l’utilisation du terrain et le type de sol. 32 fermes biologiques et non biologiques ont été associées ensembles, certaines dans des régions "chaudes" avec plusieurs exploitations biologiques, et d’autres dans des coins "froids" avec peu de fermes, pour aider à identifier tous les impacts cumulatifs sur une large région. Les comparaisons ont aussi été faites entre des terrains individuels, avec un échantillon de 192 terrains en tout. La recherche a analysé les oiseaux, les insectes (comprenant les papillons, les abeilles et les syrphes), les vers de terre et les plantes.

En comparant ferme par ferme, les chercheurs ont trouvé une baisse de 55% des rendements comparés à une augmentation de 12,4% de la biodiversité. Cependant, les comparaisons entre de plus grandes régions ont trouvé que les "point chauds" avec une plus grande densité d’exploitations biologiques faisaient apparaitre une augmentation de 9,1% de la biodiversité en général.

"Si un champ est cultivé biologiquement sans le recours aux herbicides, cela peut bénéficier aux espèces de plantes dans un champ donné comparé à un autre, mais cela n’affectera pas assez une région pour impacter les insectes pollinisateurs, par exemple" explique la Dr Doreen Gabriel, co-chercheuse. "Cependant, si vous agrégez plusieurs exploitations biologiques ensemble, les bénéfices peuvent être perçus à travers un large ensemble d’espèces."

La recherche a également rendu certains impacts négatifs inattendus. Les exploitations conventionnelles dans les "coins chauds" tendaient à utiliser des niveaux d’herbicides plus élevés que celles des "froids" pour contrecarrer les graines provenant de leurs voisins plus tolérants en mauvaises herbes. Et le nombre de petits oiseaux étaient effectivement plus faible dans les fermes biologiques, car celles-ci tendaient à attirer des oiseaux comme les pies et les geais, qui sont les prédateurs des oiseaux plus petits.

"Les méthodes biologiques pourraient être une partie particulièrement utile de la gestion des régions les moins productives du Royaume-Uni, tout spécialement si les politiques pouvaient encourager les agriculteurs à coordonner leurs activités afin de maximiser les bénéfices des écosystèmes sur une superficie plus grande" dit le professeur Benton.

"Cependant, étant donné les faibles rendements et les bénéfices limités sur la biodiversité de l’agriculture biologique, il n’est pas acceptable de la favoriser comme étant la meilleure ou la seule méthode d’agriculture. Pour faire face aux demandes futures de production alimentaire, nous aurons besoin de conserver les cultures de nos régions les plus productives de la façon la plus intensive possible, en compensant potentiellement en gérant certains des champs restant exclusivement comme des réserves d’écosystèmes."


Ces articles pourraient aussi vous intéresser :

| | | Fil RSS | Contacts | Plan du Site | © 2018 - Charlatans.info |