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L’étiquetage des produits homéopathique pourrait être illégal

Le 10 juin 2009

Royaume-Uni – Selon un scientifique, l’étiquetage du premier produit homéopathique à avoir obtenu une autorisation de la part de l’Agence de Régulation des Produits de Santé (MHRA – Healthcare Products Regulatory Agency) [1] pourrait être illégal, parce qu’il viole les règles commerciales.

Dans une lettre publiée dans le British Medical Journal (BMJ) [2], le professeur David Colquhoun de l’Université de Londres explique que le MHRA "a ridiculisé ses propres principes et buts" en autorisant un étiquetage des pilules d’Arnica 30CH mentionnant "produit médicinal homéopathique utilisé dans la tradition homéopathique pour le soulagement symptomatique des entorses, des douleurs musculaires et blessures ou bosses suite à des contusions."

Cet étiquetage devrait être considéré comme illégal, explique-t-il, parce que les pilules ne contiennent aucune trace de l’ingrédient mentionné sur l’étiquette, mais cette tromperie a été autorisée par une brèche légale depuis longtemps maintenant. Il précise que si vous vendiez de la confiture de fraises qui ne contient aucune trace de fraise, vous auriez pourtant des problèmes.

Mais il ne peut voir aucune brèche de la sorte autorisant les fabricants d’Arnica 30CH à échapper aux lois de protection du consommateur qui interdisent "les fausses déclarations selon lesquelles un produit est capable de guérir d’une maladie" et qui s’appliquent à la façon dont le "consommateur moyen" interprétera l’étiquette.

Le consommateur n’est pas susceptible de savoir que l’expression " fait dans la tradition homéopathique" est une forme de mots déguisée qui signifient en réalité "il n’y a aucun début de preuve que le médicament marche" écrit-il.

Étant donné qu’il n’y a pas la moindre preuve que les pilules d’Arnica 30 CH apportent un soulagement symptomatique des entorses, etc., l’étiquetage que le MHRA a approuvé semble être illégal, conclut-il.

Dans une seconde lettre, le Professeur Stephen Evans de l’Ecole d’Hygiène et de Médecine Tropicale de Londres pense que le MHRA aurait pu refuser d’accorder cette autorisation parce qu’il y "a de bonnes preuves contre toute efficacité".

Ce fiasco, déclare-t-il, nous renvoie aux périodes avant que la régulation des médicaments ait été introduite, en partie dans le but d’empêcher les remèdes de charlatans et la poudre de perlimpinpin de nuire. Et il avertit que ce produit "pourrait représenter un danger indirect majeur, non seulement chez les patients qui pourraient ne pas tirer bénéfice des autres remèdes efficaces, mais aussi en un sens général en minant les bases rationnelles de la médecine."

Dans une lettre finale, Nicholas Moore, pharmacologue clinique à l’Université de Bordeaux, déclare que "apporter du crédit à l’homéopathie pour tout type d’efficacité démontrable est grotesque."

Mais il suggère que l’homéopathie pourrait être utile comme "un véritable placébo inactif" pour les maladies trop médicalisées telles que le rhume ou les insomnies. Ceci "n’altèrera pas le cours de la maladie. Mais le patient se sentira mieux, ce qui est un des buts de l’art de la médecine, sinon sa science" écrit-il.

- La vraie nature de l’homéopathie. Thomas Sandoz.


Références et notes :

[1] MHRA label seems to be illegal. BMJ 2009 ;338:b2333.

[2] Drugs agency grants its first licence to homoeopathic product. BMJ 2009 ;338:b2055.

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