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L’étude "Montagnier" sur l’homéopathie

Le 27 octobre 2009

Une récente étude est souvent citée comme soutenant l’homéopathie. Par exemple, le site internet de la Homeopathy World Community déclare :

La Fondation Luc Montagnier a prouvé que l’homéopathie marche.

Et d’autres de réclamer le prix Nobel pour ses "découvertes" !

En réalité, ses résultats sont incompatibles avec la théorie homéopathique. L’étude n’a rien à voir avec l’homéopathie. L’extrait de celle-ci conclut :

"Ceci ouvre la porte vers le développement de systèmes de détection hautement sensibles pour les infections bactériennes chroniques pour les maladies des êtres humains et des animaux."

Quand ils citent cette étude, les homéopathes tombent dans une illusion rhétorique et logique appelée "l’homme de paille", qui consiste à présenter la position de son adversaire de façon volontairement erronée. La seule allusion que fait cette étude à l’homéopathie pourrait éventuellement être celle de la dilution et de l’agitation, mais il ne s’agit de rien d’autre que d’une fausse analogie.

L’étude s’intitule "Des signaux électromagnétiques produits par des nanostructures aqueuses dérivées de l’ADN bactérien" par Luc Montagnier, Jamal Aissa, Stephane Ferris, Luen-Luc Montagnier et Claude Lavallee (voir le .pdf) Bien que cela n’impacte pas la validité de l’étude, ses détails de publication causent quelques soucis.

Elle n’a pas été publiée dans un journal scientifique bien établi et respecté. Il est apparu dans le premier volume, seconde édition d’un nouveau journal, Interdisciplinary Sciences–Computational Life Sciences. L’article n’est pas écrit dans un format scientifique habituel, il n’y pas de sections séparées pour les méthodes, résultats, etc. Il y a de nombreuses erreurs typographiques et de langage qui auraient été corrigées par un correcteur d’épreuves, même si les évaluateurs critiques les avaient loupées. L’éditeur en chef est basé à Shanghai, et quatre des autres éditeurs sont dans différentes villes chinoises, tandis que les deux autres sont aux USA mais ont des noms chinois. Montagnier est dans la direction éditoriale. Elle déclare avoir été relue par d’autres scientifiques, mais la rapidité du processus est inquiétant : l’article Montagnier a été reçu le 3 janvier 2009, révisé le 5 janvier 2009 et accepté le 6 janvier 2009.

En observations préliminaires, ils ont découvert que quand ils filtraient un Mycoplasma de 300 nM avec un filtre de 100 nM, le liquide stérile résultant était en mesure de régénérer le mycoplasme original quand il était incubé avec une culture négative de mycoplasme de lymphocytes humains en 2 à 3 semaines.

Ceci est étonnant, car cela suggère que des particules rompues d’ADN peuvent recréer la bactérie originale en culture de cellules. Si cela est vrai, cela aurait toutes sortes d’implications intéressantes, tout spécialement pour la stérilisation par filtration. La preuve de tout ceci a été simplement référencée comme une "communication personnelle". Pourquoi cela n’a-t-il pas été publié ?

Ils ajoutent que :

Dans l’étude sur la nature de tels filtrages de formes infectieuses, nous avons trouvé une autre propriété des filtrats … leur capacité à produire certaines ondes électromagnétiques de faible fréquence de manière reproductible après des dilutions appropriées dans l’eau.

Ils n’expliquent pas quelle raison les a poussés à mesurer des champs magnétiques ou à diluer leurs échantillons. C’était ce phénomène magnétique qu’ils ont continué à étudier dans la présente étude.

L’étude a détecté des signaux électromagnétiques des solutions de Mycoplasme et de la bactérie E. coli diluées, agitées et filtrées. Ils postulent que certaines séquences d’ADN émettent des ondes électromagnétiques après avoir été excitées par un environnement électromagnétique ambiant. L’ADN extrait a produit des signaux électromagnétiques identiques à ceux produits par une bactérie intacte. Un traitement par désoxyribonucléase a aboli l’effet. Ils postulent un réseau de nanostructures d’ADN organisé dans un cristal de type gel liquide.


Références et notes :

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