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L’inconnu mélange les explications surnaturelles et scientifiques

Le 31 août 2012

Selon une étude de l’Université d’Austin au Texas, publiée dans le journal Child Development [1], la confiance que l’on porte dans les explications surnaturelles sur des événements de la vie de tous les jours, tels que la mort et la maladie, augmente souvent avec l’âge plutôt que le contraire.

"Quand les enfants assimilent des concepts culturels dans leurs systèmes de croyance intuitifs, depuis Dieu en passant par les atomes jusqu’à l’évolution, ils s’engagent dans une pensée de coexistence" déclare Cristine Legare, auteure de l’étude. "Quand ils mélangent les explications surnaturelles et scientifiques, ils les intègrent dans un ensemble divers de formes prévisibles et universelles."

Legare et ses collègues ont passé en revue plus de 30 études sur la façon dont les gens (âgés de 5 à 75 ans et provenant de différents pays), raisonnaient sur trois questions existentielles majeures : l’origine de la vie, la maladie et la mort. Ils ont aussi réalisé une étude sur 366 participants en Afrique du Sud, où les pratiques des guérisons biomédicales et traditionnelles étaient utilisées côté à côte.

Legare a présenté aux sujets de son étude un ensemble varié d’histoires sur des gens qui avaient le SIDA. Ils leur ont ensuite demandé d’approuver ou de rejeter plusieurs explications biologiques et surnaturelles expliquant pourquoi les personnages des histoires avaient contracté le virus.

Selon les résultats de l’étude, les participants de tous les groupes d’âge étaient d’accord avec les explications biologiques pour un événement au moins. Pourtant, les explications surnaturelles impliquant la sorcellerie étaient aussi fréquemment soutenues par les enfants (âgés de 5 ans et plus) et universellement par les adultes.

Parmi les participants adultes, seuls 26% croyaient que la maladie pouvait être causée soit par la biologie, soit par la sorcellerie. Et 38% séparaient les explications biologiques et scientifiques en une théorie. Par exemple : "la sorcellerie, qui est mélangée avec les esprits maléfiques et des relations sexuelles non protégées, cause le SIDA". Cependant, 57% associaient la sorcellerie et les explications biologiques. Par exemple : "un sorcier pouvait mettre une personne infectée du VIH sur votre chemin".

Legare déclare que les résultats contredisent l’hypothèse commune selon laquelle les croyances surnaturelles se dissipent avec l’âge et la connaissance.

"Les résultats montrent que les explications surnaturelles, sur des sujets de préoccupation primordiaux pour les êtres humains, sont omniprésents dans toutes les cultures" dit la chercheuse. "Dans les pays industrialisés et en développement, les explications surnaturelles sont fréquemment et plus souvent approuvées par les adultes que par les enfants."

Ces résultats donnent des éléments de preuve que le raisonnement à propos de phénomènes surnaturels constitue un aspect fondamental et durable de la pensée humaine.

"L’hypothèse standard selon laquelle les explications scientifiques et religieuses entrent en compétition devrait être revue à la lumière des preuves psychologiques substantielles" dit Legare. "Les données, qui traversent différents contextes culturels à travers la vie, montrent que le raisonnement surnaturel n’est pas obligatoirement remplacé par les explications scientifiques qui gagnent en connaissance, en éducation ou en technologie."


Références et notes :

[1] Cristine H. Legare, E. Margaret Evans, Karl S. Rosengren, Paul L. Harris. The Coexistence of Natural and Supernatural Explanations Across Cultures and Development. Child Development, 2012 ; 83 (3) : 779 DOI : 10.1111/j.1467-8624.2012.01743.x.

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