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L’ostéopathie inefficace contre la paralysie cérébrale

Le 16 mars 2011

Une recherche mandatée par Cerebra, publiée dans les Archives of Disease in Childhood [1], l’organisme de bienfaisance qui aide à l’amélioration de la vie des enfants souffrant de problème cérébraux, et dirigée par l’Unité de Recherche Cerebra (CRU), n’a pas trouvé de preuve suggérant que l’ostéopathie crânienne apporte quelque bénéfice aux enfants souffrant de paralysie cérébrale.

Ces dernières années, l’ostéopathie est devenue un moyen de traitement complémentaire populaire pour les enfants souffrant de paralysie cérébrale. Cerebra a d’abord demandé à des chercheurs d’étudier les éléments de preuve existants au regard des bénéfices de l’ostéopathie dans ce cas précis.

L’équipe de recherche n’a trouvé aucune étude scientifique correctement réalisée, hormis une petite étude ayant montré certaines améliorations après le traitement ostéopathique, mais celle-ci concernait très peu de participants et les résultats étaient très difficiles à interpréter.

Le manque de preuve existant a poussé Cerebra à demander à l’équipe de recherche de mettre en place une grande étude randomisée, dans le but d’apporter aux familles des preuves solides sur les effets de l’ostéopathie pour les enfants concernés par la paralysie cérébrale.

Avant que l’étude soit réalisée, l’équipe de recherche du CRU a parlé avec les parents et tuteurs des enfants souffrant de paralysie cérébrale, afin d’échanger sur la façon dont ils voulaient que l’étude soit réalisée. Ce degré d’implication parentale dans la réalisation de l’étude est assez inhabituel, mais il permet de s’assurer que les chercheurs aient bien monté une étude acceptable par les familles, et que toutes les questions posant problème aient été résolues.

Les chercheurs ont aussi interrogé des ostéopathes de la Fondation d’Ostéopathie Pédiatrique pour en savoir plus à propos du traitement, et qu’ils participent à la mise en place de l’étude, les ostéopathes qui ont fait partie de l’équipe de recherche ont reconnu que l’étude était un test raisonnable du traitement.

142 enfants au total, du Sud-ouest de l’Angleterre et du Grand Londres, ont été recrutés pour l’étude sur une période de six mois. Les enfants ont été répartis au hasard soit dans un groupe de traitement, soit dans un groupe de contrôle : ceux du groupe de contrôle ont reçu six séances d’ostéopathie. Cela signifie que l’équipe de recherche était en mesure de comparer un groupe d’enfants qui avait reçu un traitement, avec un groupe qui n’en avait pas reçu, et que tous les enfants avaient eu l’opportunité de recevoir un traitement payé par l’étude.

Sur les 142 enfants qui avaient été recrutés pour l’étude, 133 (94%) sont restés pendant les six mois de la durée de l’étude. Les enfants ont été évalués 10 semaines et six mois après avoir commencé la recherche.

Les principaux résultats sont ceux obtenus à six mois. Les chercheurs n’ont pas trouvé de différences statistiquement significatives entre les deux groupes en termes de mouvements des enfants (évalués par des physiothérapeutes qui ne savaient pas si chaque enfant recevait le traitement ostéopathique ou non), la qualité de vie de chaque enfant, le sommeil et le niveau de douleur des enfants. Il n’y avait pas non plus de différence dans la qualité de vie des parents ou des tuteurs de chaque groupe.

La seule différence identifiée par l’équipe de recherche était que 38% des parents, dont les enfants avaient reçu l’ostéopathie, ont mieux évalué le bien-être général de leurs enfants, comparés au 19% de ceux qui ne recevaient pas de traitement ostéopathique.

Le Professeur Stuart Logan, qui a réalisé l’étude, déclare : "une étude correctement réalisée, contrôlée et randomisée comme celle-ci est le seul moyen d’apporter des preuves concluantes et fiables sur l’efficacité d’un traitement. Nous espérons que ces preuves seront reprises et utilisées pour aider les parents et les tuteurs à prendre des décisions bien informées sur les choix de traitement pour leurs enfants. Cela peut aussi apporter l’information nécessaire aux professionnels de la santé, afin qu’ils soient en mesure de conseiller les parents sur les traitements."

- Ostéopathie, enquête sur une imposture. Jean-François Salmochi.


Références et notes :

[1] Cranial osteopathy for children with cerebral palsy : a randomised controlled trial. Katrina Wyatt, Vanessa Edwards, Linda Franck, Nicky Britten, Siobhan Creanor, Andrew Maddick, Stuart Logan. Arch Dis Child, archdischild199877.

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