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La gestion du stress en cas d’incident critique

Le 23 novembre 2008

Une étude de cas de gestion du stress en cas d’incident critique (GSIC) [1], a montré que cette approche de la gestion de crise possédait tous les critères d’une pseudoscience. Selon Jeffrey Lohr, psychologue à l’Université de l’Arkansas, la bonne nouvelle est qu’il existe des approches disponibles validées scientifiquement pour répondre à ces situations critiques.

Lohr et ses collègues, Katherine Newbold et Richard Gist, ont évalué cette approche discréditée, mais populaire, utilisée même par le FBI dans ses comptes-rendus avec des employés qui avaient été impliqués dans des situations potentiellement critiques.

La gestion du stress en cas d’incident critique est utilisée dans le monde entier pour prévenir les troubles liés au stress post-traumatique, bien que, selon les chercheurs, il manque de validation scientifique. Des éléments de preuve s’étant élevés mettant en doute l’efficacité de la GSIC, l’OMS et certains gouvernements de Grande-Bretagne et d’Australie ont recommandé de ne pas l’utiliser dans pour les situations de crise.

Les chercheurs écrivent que l’approche de la gestion du stress en cas d’incident critique suppose que "l’exposition à des événements en apparence traumatisant est un précurseur suffisant pour le développement de symptômes psychologiques pouvant se développer dans des proportions pathologiques." En outre, la GSIC repose sur la notion qu’une intervention précoce, impliquant certains éléments de délivrance émotionnelle, est suffisante pour prévenir des cas sérieux tels que le syndrome post-traumatique. Selon Lohr et al., aucune de ces supposition ne passe les tests de la science.

Les chercheurs ont identifié les attributs par lesquels la GSIC satisfait aux cinq critères qui identifient une pseudoscience.

Premièrement, comme les autres pseudosciences, la GSIC vend son produit grâce à la persuasion, plutôt que par des mesures objectives de son efficacité

Deuxièmement, quand ils sont sous pression, les partisans de la gestion du stress en cas d’incident critique offriront leur propre analyse prétendument scientifique du système, mais après enquête, leurs études montrent de sérieux défauts et "suggèrent fortement que leur fonction est de détourner l’impact des études indépendantes."

Troisièmement, les partisans de la GSIC partagent une opposition typique des pseudosciences face au scepticisme scientifique. Alors que les scientifiques engagent un processus d’étude, les efforts des pseudoscientifiques se focalisent sur la "capacité à assurer et à maintenir les croyants en l’état." écrivent les auteurs de la recherche.

Quatrièmement, la pseudoscience évite les tests rigoureux. Non seulement elle commence en déclarant que ses théories et ses techniques sont adéquates et "même vénérables", notent les auteurs, "mais aussi que son objectif est de prouver leur exactitude et utilité".

Cinquièmement, l’effort pseudoscientifique résiste uniformément à l’auto-correction, comme l’a faite l’unité de GSIC au FBI pendant un temps.

Lohr déclare que "la GSIC n’est pas la seule option quand les gens sont impliqués dans une situation de crise. D’autres approches, validées scientifiquement, sont disponibles comme celles des directives et études développées par le Centre Australien pour la Santé Mentale Post-traumatique en 2007.

Les chercheurs ont noté qu’il est possible de faire une évaluation des personnes ayant besoin d’une aide supplémentaire par des instruments simples et discrets, comme le Trauma Screening Questionnaire qui a montré"une efficacité, une spécificité, une évaluation et une sensibilité élevée."

Les chercheurs concluent que l’utilisation de la gestion du stress en cas d’incident critique implique des problèmes éthiques et de gestion de la santé mentale par les professionnels. "L’influence d’une pseudoscience, d’une "para science", soulève les implications éthiques majeures pour l’exercice de la santé mentale dans son entièreté.

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