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La maitrise des maths n’est pas innée

Le 15 décembre 2013

C’est l’apprentissage et la pratique, et non pas des aptitudes innées, qui font les bons mathématiciens.

Une recherche de l’Université des Sciences et Technologies de Norvège [1] pourrait avoir un effet sur la façon dont les mathématiques sont enseignées. En effet, si vous voulez être très bon en mathématiques, vous aurez besoin de les pratiquer. Il ne faut surtout pas faire confiance en un don naturel inné pour qu’il fasse tout le travail à votre place.

Cela peut sembler évident pour certains, mais ça va à l’encontre du point de vue traditionnel partagé par beaucoup selon lequel si vous êtes bon en maths c’est que vous êtes né avec un don (la fameuse "bosse des maths").

Les chiffres

Les chercheurs ont testé les aptitudes mathématiques de 70 écoliers Norvégiens, âgés de 10 ans et demi en moyenne. Leurs résultats montrent qu’il est important de pratiquer chaque type de sujet de mathématiques pour être bon dans tous, et que ces aptitudes ne sont pas quelque chose que l’on partage depuis la naissance.

"Nous avons trouvé une confirmation de l’hypothèse de la spécificité des tâches. Vous devenez bon à ce que vous pratiquez" dit le Professeur Sigmundsson, auteur de l’étude. Neuf types de tâches mathématiques ont été testés, depuis l’addition et la soustraction simples, à la fois oralement et par écrit, à la multiplication orale, la compréhension de l’heure et du calendrier.

"Nos études montrent peu de corrélation entre le fait d’être bon à ces neufs compétences mathématiques différentes" dit Sigmundsson. "Par exemple, il y a peu de corrélation entre le fait d’être capable de résoudre une addition simple sous la forme "23+67" et une addition sous la forme d’un problème".

Cet exemple pourrait éveiller l’intérêt de certains. Peut-être que les mathématiques basiques ne sont pas un problème pour les étudiants, mais que le fait de les lire en est un. Plus de 20% des enfants Norvégiens du cycle secondaire ont des problèmes avec la lecture.

Le chercheur a aussi trouvé une confirmation dans des exemples de la vie de tous les jours. "Certains étudiants seront bons en géométrie, mais mauvais en algèbre" dit-il. Si c’est le cas, ils doivent pratiquer plus d’algèbre, qui est le domaine dans lequel la plupart des étudiants de cycle secondaire ont des problèmes.

"En même temps, cela veut dire qu’il y a de l’espoir pour beaucoup d’étudiants. Certains ne peuvent pas être bons dans toutes les mathématiques, mais ils peuvent au moins être bons en géométrie par exemple" dit-il. Son étude pourrait finalement modifier la façon dont les maths sont enseignées.

Des confirmations en neurologie

Le fait que vous soyez bons en ce vous pratiquez précisément est probablement dû au fait que différents types de pratiques activent différentes connexions neurales.

Les résultats peuvent aussi être déplacés dans d’autres domaines. Le joueur de football qui pratique souvent la frappe de balle des 20 mètres avec une frappe parfaitement placée deviendra bon dans ce type d’exercice. Mais il n’est pas nécessairement bon dans les tacles ou dans l’interprétation du jeu.

"Ceci est aussi confirmé par les nouveaux éléments en neurologie. Avec la pratique, vous développez des connexions neurales spécifiques" dit Sigmundsson.

- La bosse des maths. Stanislas Dehaen.


Références et notes :

[1] H. Sigmundsson, R. C. J. Polman, H. Lorås (2013) EXPLORING INDIVIDUAL DIFFERENCES IN CHILDREN’S MATHEMATICAL SKILLS : A CORRELATIONAL AND DIMENSIONAL APPROACH1. Psychological Reports : Volume 113, pp. 23-30. doi : 10.2466/04.10.PR0.113x12z2

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