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La ménopause masculine existe-t-elle réellement ?

Le 17 juin 2010

Le recours à la testostérone synthétique pour traiter la "ménopause masculine", et combattre ses symptômes, est remis en question par des experts dans le Drug and Therapeutics Bulletin [1] (DTB) étant donné que l’existence de ce syndrome n’est pas claire, et les preuves de l’efficacité des hormones dans ces circonstances sont non concluantes.

Contrairement à la ménopause chez les femmes, où les niveaux de l’hormone féminine œstrogène plonge et dont la production stoppe presque entièrement, en général les niveaux de testostérone ne chutent que d’environ 1 à 2% par an à partir de 40 ans chez les hommes, et la production de l’hormone ne s’arrête pas.

De faibles niveaux de testostérone ne sont pas une conséquence inévitable de l’âge, disent-il : environ 80% des hommes de 60 ans, et la moitié des plus de 80 ans, ont toujours des niveaux équivalents à ceux d’hommes plus jeunes.

Des niveaux faibles de testostérone chez les hommes les plus vieux ne produisent pas nécessairement des symptômes. Et les symptômes parfois attribués à des niveaux d’hormones réduits, tels qu’une faible activité sexuelle, des problèmes d’érection, une force diminuée et une mauvaise humeur, surviennent chez de nombreux hommes ayant des niveaux de testostérone normaux.

En général, les preuves qu’une réduction de la testostérone associée à l’âge cause des symptômes spécifiques sont faibles, dit le DTB.

Ces faits ébranlent l’idée que certains hommes développent une condition appelée l’hypogonadisme tardif, parfois connu sous le nom d’"andropause" voire de "ménopause masculine".

Les preuves publiées sont aussi non concluantes sur le fait de savoir si la testostérone délivrée aux hommes âgés avec de faibles niveaux d’hormone, améliore réellement les symptômes, comme une fonction sexuelle médiocre ou la dépression.

Et tandis qu’il y a certaine suggestion que cela augmente modestement la densité osseuse et la force musculaire, le fait que de tels effets se traduisent en des bénéfices qui en valent la peine, comme un risque réduit de fracture, n’a pas été démontré.

Le traitement par la testostérone a aussi plusieurs effets secondaires, explique le DTB. Ceux-ci comprennent une augmentation d’un antigène spécifique de la prostate, un blocage de la région urinaire, le développement de cancer de la prostate et le développement des seins (gynécomastie). Et cela peut aggraver aussi les maladies cardiovasculaires ischémiques, l’épilepsie et l’apnée du sommeil.

Il y a plusieurs problèmes potentiels associés aux différentes façons d’administrer de la testostérone. Par exemple, les patches peuvent irriter la peau, les implants nécessitent une opération chirurgicale mineure porteuse de risques, et les gels peuvent être transférés par inadvertance à d’autres gens par contact.

Surtout, le DTB ne perçoit qu’une portée très limitée pour traiter à la testostérone les hommes qui ont de faibles niveaux d’hormones avec l’âge. "Les cliniciens ne devraient pas passer par une thérapie par testostérone sans expliquer clairement non seulement l’incertitude du traitement, mais aussi les risques et bénéfices au patient" écrivent-ils.

- Les inventeurs de maladies : Manoeuvres et manipulations de l’industrie pharmaceutique. Jörg Blech.
-  Le nouveau malade imaginaire. M. Lejoyeux.


Références et notes :

[1] Testosterone for ’late-onset hypogonadism’ in men ? DTB 2010 ;48:69-72

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