Accueil du site > Psychologie > La moitié des gens croit des faits qui n’ont jamais existé

La moitié des gens croit des faits qui n’ont jamais existé

Le 13 décembre 2016

Une recherche de l’Université de Warwick montre que de nombreuses personnes sont enclines à se "souvenir" d’événements qui ne se sont jamais déroulés [1].

Nous sommes environ 50 % à être susceptibles de croire avoir vécu des événements fictifs. Cette étude comprenait plus de 400 personnes et elle soulève des questions à propos de l’authenticité des souvenirs notamment dans le cadre des enquêtes de police ou dans les tribunaux. La désinformation peut aussi créer des souvenirs collectifs incorrects, en modifiant le comportement de toute une société.

Le Dr Kimberley Wade du département de psychologie a démontré que si on nous présente un événement complètement fictif comme ayant fait partie de notre vie, en nous répétant d’imaginer que cet événement a bien eu lieu, la moitié d’entre nous va accepter qu’il a vraiment eu lieu. Plus de 400 participants qui ont participé à des études "d’implantation de souvenirs" ont été bombardés d’événements autobiographiques fictifs, et les chercheurs ont trouvé que 50 % des participants environ croyaient, à des degrés différents, qu’ils avaient vécu ces événements.

Les participants de ces études devaient se rappeler de tout un ensemble d’événements faux comme d’être monté dans une montgolfière, avoir fait une farce à un professeur ou encore avoir provoqué des dégâts lors d’un mariage. 30 % des participants ont semblé se "souvenir" de l’événement - ils ont accepté l’événement suggéré, élaboré selon la manière dont il s’est déroulé, et ils ont même décrit des images de ce qui s’était passé. Les autres 23 % ont affiché des signes montrant qu’ils acceptaient l’événement suggéré à un certain degré et ils croyaient qu’il avait vraiment eu lieu.

Le Dr Wade et ses collègues ont conclu qu’il pouvait être très difficile de déterminer quand une personne se remémorait des événements passés réels, par opposition aux faux souvenirs - même dans un environnement de recherche contrôlé ; et plus encore dans des situations de la vraie vie. Ces résultats ont des significations dans de nombreux domaines, qui soulèvent des questions sur l’authenticité des souvenirs utilisés dans le cadre des enquêtes de police, les tribunaux ou de certaines thérapies.

En outre, les souvenirs collectifs d’un large groupe de gens ou de toute une société peuvent être incorrects, à cause de la désinformation ambiante et partagée par exemple, qui ont un effet frappant sur les perceptions des individus et sur leur comportement.

"Nous savons que beaucoup de facteurs modifient la création des faux souvenirs et des croyances, comme de demander à une personne d’imaginer à maintes reprises un événement faux ou de regarder des photos pour "rafraichir" sa mémoire. Mais nous ne comprenons pas totalement comment tous ces facteurs interagissent. Des études à grande échelle comme notre méta-analyse peuvent nous aider à avancer un peu", explique le Dr Wade.

"Ces résultats qui montrent qu’une grande partie des gens est encline à développer des faux souvenirs sont importants. Nous savons grâce à d’autres recherches que les croyances déformées peuvent influencer les comportements, les intentions et les attitudes de chacun." Les scientifiques ont utilisé des variantes de cette procédure pendant 20 ans pour étudier comment les gens pouvaient en venir à se rappeler de fausses expériences.


Références et notes :

[1] A Mega-analysis of Memory Reports from Eight Peer-reviewed False Memory Implantation Studies. Memory. Kimberley Wade, Alan Scoboria, Stephen Lindsay.

Ces articles pourraient aussi vous intéresser :

| | | Fil RSS | Contacts | Plan du Site | © 2016 - Charlatans.info |