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La pression des résultats positifs met la science en danger

Le 13 septembre 2011

Une analyse rapporte que la recherche scientifique pourrait être sur le déclin dans le monde à cause des pressions de plus en plus prégnantes pour ne rapporter que des résultats positifs.

L’étude de l’Université d’Edinbourg a passé en revue plus de 4600 articles de recherche scientifique publiés entre 1990 et 2007, et a découvert un déclin régulier des études dans lesquelles les résultats contredisaient des hypothèses scientifiques.

Les articles rapportant des résultats nuls ou négatifs sont en principe aussi utiles que les résultats positifs, mais ils attirent moins de lecteurs et ont moins de citations, ainsi les journaux scientifiques tendent-ils à les rejeter.

Il est reconnu au sein de la communauté scientifique que ce problème pourrait aller en empirant, parce que la compétition en science est croissante et les emplois et subventions sont donnés aux scientifiques qui publient fréquemment dans les journaux de bonne qualité. Ainsi, de nombreux chercheurs ont spéculé sur le fait que les scientifiques brigueront de plus en plus les résultats prévisibles, et produiront des résultats positifs à travers une réinterprétation, une sélection voire même une manipulation des données.

L’étude a examiné des articles de recherche dans lesquels une hypothèse avait été testée dans différentes disciplines scientifiques. Sur la période étudiée, les résultats positifs ont augmenté en partant d’environ 70% en 1990 pour atteindre 86% en 2007. La croissance a été la plus forte en économie, finances, médecine clinique, psychologie, psychiatrie, pharmacologie et en biologie moléculaire.

Les résultats de cette étude, publiés dans le journal Scientometrics [1], montrent aussi que les articles qui rapportent des résultats positifs sont plus fréquents aux États-Unis qu’en Europe.

Le Dr Daniele Fanelli de l’Université qui a réalisé l’étude déclare : "soit les journaux rejettent plus de résultats négatifs, soit les scientifiques produisent plus de résultats positifs. Il est plus probable que ce soit une combinaison des deux."

"Sans preuve négative dans la littérature, les scientifiques pourraient sous-estimer l’importance du phénomène et gaspiller des ressources en reproduisant des études faussées. La fréquence plus élevée des articles américains qui rapportent des résultats positifs pourrait suggérer que les problèmes relatifs à la compétition soient plus importants aux Etats-Unis que partout ailleurs."

- La Souris truquée. Enquête sur la fraude scientifique. William Broad, Nicholas Wade.


Références et notes :

[1] Negative results are disappearing from most disciplines and countries. Daniele Fanelli, Scientometrics.

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