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La pseudoscience de la scolarisation non-mixte

Le 23 septembre 2011

Tandis que de nombreux parents choisissent de mettre leurs enfants dans des écoles non-mixtes (garçons ou filles séparés) et que des éléments de preuves anecdotiques pourraient montrer que ces écoles fonctionnement parfaitement, il n’y a aucune recherche correctement réalisée qui démontre que ces écoles améliorent réellement les performances académiques des étudiants. Il y a cependant des éléments de preuve qui montrent que la ségrégation entre les sexes augmente le stéréotypage des genres parmi les enfants et les enseignants et légitiment un sexisme institutionnel.

Ces résultats proviennent d’un article publié dans le journal Science [1] qui a été présenté comme information aux parents qui désirent agir en connaissance de cause dès lors qu’ils choisissent un environnement éducatif pour leurs enfants.

Le fait de scolariser séparément les garçons et les filles est devenu de plus en plus populaire ces dernières années, avec au moins 500 écoles aux États-Unis qui ont ouvert des classes de garçons ou de filles séparés.

"Bien que le sentiment du public pourrait avoir été renforcé comme soutien de telles évolutions visant à améliorer l’environnement éducatif et les résultats scolaires des garçons et des filles, la science ici ne supporte ni ne confirme cela" explique Richard Fabes, auteur de l’article de Science.

Fabes et les autres auteurs citent des preuves du contraire, comme une analyse du Département de l’Education américain qui a comparé les résultats de la scolarité non-mixte et mixte, qui a conclu que les résultats des deux sont identiques. Des analyses similaires en Grande-Bretagne, au Canada, en Australie et en Nouvelle Zélande n’ont trouvé que de très petites différences entre les résultats scolaires non-mixtes et mixtes.

En outre, les affirmations selon lesquelles les garçons et les filles apprennent différemment ne sont pas confirmées par des recherches sur le cerveau, étant donné que les scientifiques n’ont trouvé que de faibles différences entre les sexes dans les cerveaux des enfants mis à part le plus gros volume des cerveaux des garçons, et l’achèvement plus précoce de la croissance du cerveau des filles, qui ne sont pas connus comme ayant un rapport avec l’apprentissage.

Des différences entre les sexes peuvent prendre de l’ampleur dans des environnements de ségrégation entre les sexes, ce qui freine les interactions positives entre les garçons et les filles, notent les scientifiques. "Les interactions positives et de coopération avec les membres de l’autre groupe est une méthode efficace pour améliorer les relations intergroupes" selon les auteurs.

D’après l’article, il y a des preuves que la ségrégation entre les sexes augmente les divisions des genres parmi les enfants. "Le fait de séparer les garçons et les filles dans les classes des écoles rend les genres très saillants, et cette saillance renforce les stéréotypes et le sexisme" dit Fabes.

Les scientifiques sociaux notent que la recherche montre que les enfants exposés à des environnements où les individus sont étiquetés et séparés selon certaines caractéristiques - le sexe, la couleur des yeux ou répartis au hasard dans des groupes selon leur T-shirt - infèrent que les groupes diffèrent de façons importantes et développent des biais dans leurs groupes individuels. "Est-il toujours bon de séparer sur la base de la race, des revenus ou de l’âge ? Je pense que la réponse est non" dit le chercheur. "Il n’existe pas de preuve de bonne qualité qu’il est bien de séparer et de ségréguer. Toute forme de ségrégation sape l’égalité plutôt qu’elle la favorise."


Références et notes :

[1] The Pseudoscience of Single-Sex Schooling. Science, Vol. 333 no. 6050 pp. 1706-1707.

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