Le Shiatsu

Le 11 mai 2016

Thérapie à base de massages énergiques développée au Japon, qui consiste en l’application de pressions sur des points d’acupuncture, le plus souvent avec les pouces.

Les concepts

Le shiatsu peut être considéré comme une synthèse japonaise de l’acupuncture et du massage. Littéralement, ce terme signifie "doigt" (shi) et pression (atsu). Il a été fondé par Tokujiro Namikoshi, qui a posé les bases du Collège Japonais de Shiatsu en 1940. A l’âge de sept ans, Namikoshi aurait découvert la valeur du shiatsu après avoir traité sa mère qui souffrait d’arthrite rhumatoïde.

Le praticien de shiatsu utilise ses pouces pour appliquer une forte pression sur des "points d’acupuncture". Parfois les paumes de la main ou le coude sont utilisés. Le traitement peut aussi être assez douloureux pour le patient.

Le praticien commencera par faire un diagnostic de l’équilibre des "deux forces vitales" que sont le yin et le yang, ce qui fait que le shiatsu ressemble beaucoup à la médecine traditionnelle chinoise. Selon les résultats de ce "diagnostic", le thérapeute exécutera des pressions sur certains points le long des "méridiens" yin ou yang. S’il diagnostique un excès de l’un d’eux chez un patient, le praticien shiatsu mettra toute son énergie à stimuler l’autre. En rétablissant l’équilibre, les praticiens croient pouvoir traiter de nombreuses maladies.

Malheureusement, tout comme le yin et le yang, les points d’acupuncture et les méridiens n’ont pas d’existence dans la réalité, mais ne sont que les produits imaginaires de l’ancienne philosophie Chinoise. Le shiatsu n’est donc d’aucune utilité médicale. Cependant, comme toutes les techniques de massage, il peut générer une certaine relaxation et un certain bien-être.

Quelles sont les preuves ?

Il n’existe virtuellement aucune étude sérieuse sur le shiatsu, mais il n’y a aucune raison de penser que le shiatsu soit plus efficace qu’un massage normal.

Les fortes pressions appliquées durant le traitement peuvent causer des blessures. Celles-ci peuvent aller du simple bleu à la fracture des os, notamment chez des personnes âgées atteintes d’ostéoporose. Il y a également eu des comptes-rendus d’embolie rétinienne et artérielle cérébrale associées au massage shiatsu réalisés sur le cou ou la tête.

Les bénéfices l’emportent-ils sur les risques ?

Selon l’une des rares analyses sur le shiatsu [1], il s’agit d’une forme de massage Japonais qui travaillerait sur le système des méridiens du corps supposés être les chemins énergétiques via lesquels les points d’acupuncture sont situés. La théorie du shiatsu repose sur le système de la médecine traditionnelle chinoise vieux de 2000 ans. Le shiatsu peut être utile pour récupérer au niveau du corps et de l’esprit. Après un traitement de shiatsu le patient se sent habituellement plus relaxé, en meilleure forme et plus énergique. Les déclarations des praticiens de shiatsu sont souvent beaucoup plus générales et moins prudentes que ce que les preuves ont réellement démontré [2].

Une revue systématique a cependant été publiée [3]. Cette analyse sur le shiatsu ne comprend qu’une seule étude dont la méthodologie est correcte, c’est-à-dire randomisée et contrôlée, mais trois qui ne sont pas randomisées, une sur les participants eux-mêmes, une étude d’observation et 3 non contrôlées qui ont étudié les problèmes mentaux et physiques. Les auteurs, qui sont pourtant habituellement favorables aux thérapies alternatives, ont eux-mêmes reconnu qu’il faut plus de recherches car les éléments de preuve sont plutôt médiocres.

Quels sont les risques ?

Concernant cet aspect du shiatsu, il est encore plus difficile de trouver des informations fiables. Le shiatsu provoque-t-il des effets secondaires ?

Une étude prospective sur 6 mois [4] sur les effets du shiatsu dans trois pays différents (Autriche, Espagne et Royaume-Uni) a été publiée en 2009. Les données ont été collectées via des questionnaires et qui comprenaient les réponses des patients y compris sur les points négatifs. Le shiatsu avait été délivré par le praticien de façon habituelle. 633 clients ont rempli les questionnaires, avec un taux de réponse de 67 %. 12 à 22 % des clients ont rapporté des "réactions négatives" sur les trois pays étudiés. Les effets passagers comptaient pour 82 % de toutes les réactions "négatives" décrites. Neuf clients (soit 1,4 %) ont rapporté des effets secondaires qui pouvaient représenter un risque potentiel pour leur sécurité.

D’autres complications plus sérieuses ont été rapportées comme des attaques [5]. Il peut s’agir de cas extrêmes et rares mais comment le savoir ? Surtout que comme pour toutes les thérapies alternatives, il n’y a pas d’enregistrements des cas pour ce type d’événements, leur fréquence véritable est donc inconnue. Ainsi, le fait qu’il n’y ait pas de preuves de l’efficacité de la pratique mais qu’il existe des risques signifie donc que les risques du shiatsu dépassent ses bénéfices.

Conclusion

Le shiatsu repose sur la théorie biologiquement improbable du yin et du yang. Il n’y a aucune preuve qu’il soit efficace pour quelque maladie qui soit. Le massage shiatsu semble de ce fait n’être qu’une vaste perte de temps et d’efforts, qui n’apporte rien de plus qu’un massage conventionnel.

- Médecines alternatives : le guide critique. Collectif.
- Les charlatans de la santé, Jean-Marie ABGRALL.


Références et notes :

[1] Complement Ther Nurs Midwifery. 1995 Apr ;1(2):51-8. The role of shiatsu in palliative care. Stevensen C.

[2] Décision du 3 avril 2014 interdisant en application des articles L. 5122-15 et R. 5122-26 du code de la santé publique la publicité pour un objet, appareil ou méthode présenté comme bénéfique pour la santé lorsqu’il n’est pas établi que ledit objet, appareil ou méthode possède les propriétés annoncées.

[3] BMC Complement Altern Med. 2011 Oct 7 ;11:88. doi : 10.1186/1472-6882-11-88.The evidence for Shiatsu : a systematic review of Shiatsu and acupressure. Robinson N, Lorenc A, Liao X.

[4] Complement Ther Med. 2009 Jun ;17(3):168-75. 2008. A typology of negative responses : a case study of shiatsu. Long AF, Esmonde L, Connolly S.

[5] Neurology. 2002 Apr 23 ;58(8):1302-4. Shiatsu sympathectomy : ICA dissection associated with a shiatsu massager. Elliott MA, Taylor LP.

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