Le biofeedback

Le 29 avril 2009

Définition

Utilisation d’une instrumentation afin d’enregistrer, amplifier et renvoyer une information sur les réponses physiologiques que le patient peut apprendre à réguler [1] [2]. Le biofeedback est une forme d’autorégulation "psychophysiologique". Quand le biofeedback est utilisé pour contrôler l’activité du cerveau, il est appelé "neurofeedback" ou "neurothérapie" [3].

Le biofeedback et le neurofeedback sont fréquemment utilisés comme complément à la relaxation, l’hypnose, la thérapie comportementale et la psychothérapie.

Historique

Le biofeedback s’est développé via plusieurs courants recherche dans les années 1960 et 1970, recherches en laboratoire sur les contrôles physiologiques volontaires, les efforts de la thérapie comportementale pour identifier des principes valables sur le changement comportemental, et la recherche d’une psychologie humaniste pour les potentialités les plus élevées de l’être humain [4] [5]. Les premières recherches ont montré un contrôle volontaire de l’activité cérébrale des EEG, un fonctionnement viscéral interne et une activité musculaire. Le biofeedback a fait la démonstration d’une augmentation de l’état de conscience de l’être humain et un contrôle de plusieurs processus corporels dont on pensait qu’ils dépassaient tout contrôle volontaire.

Les concepts

Le concept de base est que le processus à l’œuvre, pour devenir conscient des réponses physiologiques dans le corps, offre aux individus l’opportunité d’établir un contrôle sur ces processus. Pour le biofeedback, toute réponse physiologique pouvant être enregistrée est modifiable. Les réponses les plus communes sont l’activité électrique du cerveau (EEG), la température de la peau (thermique), la tension musculaire ou l’électromyographie de surface (SEMG), la réponse galvanique de la peau ou réponse électrodermique, la pression sanguine, la respiration, les battements du coeur et la variabilité des pulsations et le volume sanguin [6] [7].

Cette information est présentée au patient à travers des signaux visuels et/ou audibles, souvent via un écran. Le but du traitement est d’établir la maitrise du patient sur la réponse indépendamment de l’instrumentation de biofeedback. Le biofeedback permet aussi d’apprendre au patient à reconnaitre le lien entre le corps et l’esprit, et plus spécifiquement de reconnaitre le rôle des pensées spécifiques et des émotions dans l’ensemble des symptômes physiques. Le Biofeedback est fréquemment utilisé comme complément d’autres thérapies.

Les fondements scientifiques

Le Biofeedback peut modifier les processus physiologiques obtenus par les systèmes nerveux central et périphérique, impactant à la fois les voies nerveuses somatique et anatomique. Les effets de la relaxation du biofeedback affectent le cerveau limbique, l’axe hypothalamique-pituitaire-adrénal, le contrôle autonome d’un ensemble d’organes internes et la fonction musculaire [8].

Le biofeedback est un domaine interdisciplinaire. Les psychologues cliniques, psychothérapeutes et thérapeutes comportementalistes sont parmi ceux qui l’utilisent le plus fréquemment. Les procédures de biofeedback sont aussi largement utilisées par certains thérapeutes, psychologues du sport, travailleurs sociaux, coaches, voire infirmières.

Les conditions qu’ils traitent lors des séances sont nombreuses, notamment ce qui peut être bénéfique à une relaxation mentale comme l’anxiété, l’asthme, le déficit d’attention, le bruxisme, l’énurésie, les crises épileptiques, les tremblements, les migraines, l’hypertension, l’insomnie, les crampes, etc.

Le praticien établit souvent un profile psychophysiologique du patient, évaluant le modèle physiologique de ce dernier, sa réactivité sous différentes conditions telles que le stress, et sa capacité à se rétablir. Le profile identifie les systèmes physiologiques par lesquels le patient réagit, et pouvant être modifiés par le biofeedback. Le praticien attache des capteurs (SEMG, EEG, température, etc.) pour mesurer les différentes réponses physiologiques.

Le patient observe les écrans audiovisuels et apprend à réduire les réponses inadaptées, à corriger les réactions et habitudes physiologiques anormales, à produire les changements physiologiques désirés. Il apprend à reconnaitre le fonctionnement psychophysiologique inadéquat comme les réponses et symptômes physiologiques qui sont associés aux habitudes de pensées, d’émotions, de postures et de respiration.

Les traitements de biofeedback varient, dépendant de tout un ensemble de facteurs. Les évaluations initiales durent environ 60 à 90 minutes, et d’autres sessions entre 45 et 60 minutes. Les thérapeutes recommandent souvent de pratiquer soi-même à la maison via différentes procédures de relaxation. Des cassettes, CD et DVD sont alors vendus pour s’entraîner.

Les preuves cliniques

Une analyse donne un résumé de revues systématiques sur le biofeedback [9]. Selon ces données, différentes formes de biofeedback sont efficaces en tant que traitements complément pour l’incontinence, la migraine pédiatrique, l’arthrite rhumatoïde, la récupération suite à une attaque et certains désordres temporo-mandibulaires. Les éléments de preuve ne sont pas concluants pour l’asthme, la douleur chronique, les problèmes érectiles, les désordres gastro-intestinaux, l’hypertension, l’insomnie, les maladies pulmonaires, le stress et les acouphènes.

Les preuves sont négatives pour l’eczéma allergique, les douleurs de dos, les migraines de tension et céphalées cervicogéniques. Des essais randomisés ont confirmé l’efficacité du biofeedback pour l’incontinence urinaire de stress chez les femmes [10] [11], l’incontinence urinaire chez les hommes avec dysfonction érectile [12], l’incontinence fécale chez les femmes [13] [14] tout comme l’incontinence fécale suite à une opération chirurgicale du sphincter [15]

Les risques

Comme d’autres thérapies induisant un changement de l’état mental, le biofeedback devrait être utilisé seulement sous supervision médicale, notamment dans les cas de psychose ou de désordre de la personnalité, ou chez les patients souffrants de problème psychiatriques comme une dépression sévère, une agitation aiguë, une schizophrénie, de paranoïa, etc.

Quelques effets secondaires ont été rapportés tels qu’anxiété, vertiges, désorientation ou sensations de flottement.

Conclusion

Le biofeedback est efficace pour un ensemble de conditions, mais seulement en tant que complément à d’autres interventions. Les risques sont faibles et les effets secondaires rares.

- Comprendre notre cerveau. J.-M. Robert.
-  Les synchro-énergiseurs cérébraux


Références et notes :

[1] Schwartz M, Andrasik F (eds). Biofeedback : a practitioner’s guide. New York : Guilford Press ; 2003

[2] Green J A, Shellenberger R. Biofeedback therapy. In : Jonas W B, Levin J S (eds). Essentials of complementary and alternative medicine. Baltimore, MD : Lippincott Williams & Wilkins ; 1999:410–425

[3] Evans J R, Abarbanel A (eds). Introduction to quantitative EEG and neurofeedback. San Diego : Academic Press ; 1999

[4] Gilbert C, Moss D. Biofeedback. In : Moss D, Wickramesekera D I, McGrady A, Davies T (eds). Handbook of mind-body medicine in primary care : Behavioral and physiological tools. Thousand Oaks, CA : Sage ; 2003:109–122

[5] Moss D. Biofeedback. In : Shannon S (ed). Handbook of complementary and alternative therapies in mental health. San Diego, CA : Academic Press ; 2001:135–158

[6] Gilbert C, Moss D. Biofeedback. In : Moss D, Wickramesekera D I, McGrady A, Davies T (eds). Handbook of mind-body medicine in primary care : Behavioral and physiological tools. Thousand Oaks, CA : Sage ; 2003:109–122

[7] Lawlis G F. Biofeedback. In : Freeman L W, Lawlis G F (eds). Mosby’s complementary and alternative medicine : a research based approach. St Louis, MO : Mosby ; 2001:196–224

[8] Everly G S, Lating J M. A clinical guide to treatment of the human stress response. New York : Plenum ; 2002

[9] Ernst E. Systematic reviews of biofeedback. Phys Med Rehab Kuror 2003 ;13:321–324

[10] Seo J T, Yoon H, Kim Y H. A randomized prospective study comparing new vaginal cone and FES-Biofeedback. Yonsei Med J 2004 ;45:879–884.

[11] Aukee P, Immonen P, Laaksonen D E, Laippala P, Penttinen J, Airaksinen O. The effect of home biofeedback training on stress incontinence. Acta Obstet Gynecol Scand 2004 ;83:973–977.

[12] Dorey G, Speakman M, Feneley R, Swinkels A, Dunn C, Ewings P. Pelvic floor exercises for treating post-micturition dribble in men with erectile dysfunction : a randomized controlled trial. Urol Nurs 2004 ;24:490–497.

[13] Mahony R T, Malone P A, Nalty J, Behan M, O’Connell P R, O’Herlihy C. Randomized clinical trial of intra-anal electromyographic biofeedback physiotherapy with intra-anal electromyographic biofeedback augmented with electrical stimulation of the anal sphincter in the early treatment of postpartum fecal incontinence. Am J Obstet Gynecol 2004 ;191:885–890.

[14] Ilnyckyj A, Fachnie E, Tougas G. A randomized-controlled trial comparing an educational intervention alone vs education and biofeedback in the management of faecal incontinence in women. Neurogastroenterol Motil 2005 ;17:58–63.

[15] Davis K J, Kumar D, Poloniecki J. Adjuvant biofeedback following anal sphincter repair : a randomized study. Aliment Pharmacol Ther 2004 ;20:539–549.

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