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Le créationnisme toujours présent dans les classes US

Le 22 août 2008

Indubitablement, il y a eu des changements notables depuis le fameux procès Scopes, dit "procès du singe", de 1925. Ces dernières années, les cours de justice des USA ont constamment déclaré qu’enseigner explicitement des alternatives religieuses à l’évolution, dans les écoles publiques, était une violation de la Constitution. Dans un essai publié dans le PLos Biologie [1], le scientifique Michael Berkman et ses collègues ont montré que malgré plusieurs victoires légales, un nombre surprenant de professeurs de biologie dans des écoles publiques, continuent d’inclure le créationnisme ou l’"intelligent design" dans leurs programmes.

Dans la "première enquête nationale représentative des professeurs concernant l’enseignement de l’évolution", les auteurs ont montré qu’un professeur de biologie sur huit en lycée présentait le créationnisme comme une alternative scientifiquement valide de l’évolution darwinienne. Alors que ce nombre ne reflète pas la demande du public, (38% des américains préféreraient que le créationnisme soit enseigné plutôt que l’évolution) il représente une rupture entre les lois légales, le consensus scientifique et l’éducation en classe.

La majorité des professeurs de biologie passent entre 3 et 15 heures sur l’évolution. Il s’agit d’une échelle large pour une matière considérée par l’Académie Nationale des Sciences comme étant un "concept central en biologie". La quantité de temps passé à enseigner l’évolution humaine est même plus faible : la majorité des professeurs ne passe pas plus de cinq heures sur le sujet. "C’est le sujet le plus ’chaud’" dit Berkman en sous-entendant que la pression de la communauté pourrait jouer un rôle dans la manière qu’ont les enseignants de structurer leur classe.

Même la loi la plus sévère "donne toujours aux comités d’éducation, aux districts scolaires et plus encore aux professeurs de considérables libertés de mouvement" dit-il. Les professeurs sont toujours responsables de l’exécution des standards de leur État, d’adhérer aux décisions de justice et d’intégrer les livres scolaires dans leurs classes. Et à ce sujet, écrivent les auteurs "Nous sommes moins optimistes".

Les auteurs montrent que les différences dans l’enseignement de l’évolution ne sont pas associées aux différences de règlementations des états, mais sont peut être plus susceptibles d’être attribuées aux croyances religieuses et à l’instruction des professeurs. Moins d’un tiers des professeurs de biologie de lycée croit que Dieu n’a rien à voir avec l’évolution, pratiquement la moitié croit qu’il y a le doigt de Dieu dans l’évolution, et presque un sur six croit que Dieu a créé les êtres humains sous leur forme actuelle il y a 10 000 ans.

Les professeurs qui croient au créationnisme ou à l’intelligent design passent substantiellement moins de temps à enseigner l’évolution que leurs collègues darwiniens. De même que les professeurs qui sont les mieux formés sur l’évolution passent 60% de temps de plus que ceux qui le sont le moins sur le sujet.

Il n’y a aucune norme fédérale pour ce qui est des programmes scolaires, et les règlementations de l’état sont souvent inconsistantes avec les recommandations de l’Académie Nationale des Sciences. Plutôt que d’ajuster les directives du gouvernement, soutiennent Berkman et al., augmenter le niveau de certification des professeurs pourrait avoir un impact plus significatif sur la quantité de temps passé à parler d’évolution. Les auteurs proposent d’exiger des cours supplémentaires de biologie évolutionniste. "Cette formation supplémentaire pourrait faire la différence." dit Berkman. "Les jugements et les victoires législatives sont bien sûr nécessaires pour maintenir sa juste place à l’évolution dans les programmes de biologie" concluent les auteurs, "mais ils ne sont pas suffisants".

- Évolution : mythes et erreurs de compréhension.
- La théorie de l’évolution : Et pourquoi ça marche (ou pas). Cynthia-L Mills.


Références et notes :

[1] Berkman MB, Pacheco JS, Plutzer E (2008) Evolution and creationism in America’s classrooms : A national portrait. PLoS Biol 6(5) : e124.

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