Accueil du site > Suppléments > Le sélénium d’aucune aide contre le cancer du poumon

Le sélénium d’aucune aide contre le cancer du poumon

Le 6 juin 2010

Selon une étude clinique internationale de phase III [1], le sélénium, un complément alimentaire consommé quotidiennement par des millions de clients dans l’espoir que cela les protégera contre le cancer et tout un ensemble d’autres maladies, a démontré n’être d’aucune aide pour ce qui est de réduire le risque de développer un cancer du poumon, qu’il s’agisse d’une première malignité ou du retour d’un cancer précédent.

Les résultats de l’étude longue de dix ans, initiée par le Eastern Cooperative Oncology Group, ont été présentés lors de la conférence annuelle de la Société Américaine d’Oncologie Clinique de 2010.

"Plusieurs études épidémiologiques, et sur des animaux, avaient suggéré un lien entre une déficience en sélénium et le développement du cancer" explique le Dr Daniel Karp, principal auteur de l’étude. "L’intérêt et la recherche ont monté en flèche dans la fin des années 1990, après qu’une étude sur le sélénium et les cancers de la peau, publiée en 1996, n’ait trouvé aucun bénéfice mais suggérait une réduction d’environ 30% des cancers de la prostate et du poumon. Notre recherche sur le cancer du poumon, et une autre étude majeure sur la prévention de la prostate, se sont développées à partir de ces résultats."

Ces grandes études cliniques de suivi ont étudié le minéral naturel, mais se sont révélées décevantes. En 2009, l’Institut National du Cancer (National Cancer Institute, NCI) a mis fin à l’étude SELECT, étude internationale sur plus de 35 000 hommes, ayant étudié si le sélénium et la vitamine E, seuls ou en association, pouvaient réduire le risque de cancer de la prostate. Ces deux suppléments ont échoué a montré des bénéfices.

De 2000 à 2009, l’étude internationale du NCI a enrôlé 1522 patients atteints d’un cancer du poumon de stage I, tous ont eu leurs tumeurs chirurgicalement retirées et ont été débarrassés de leur cancer pendant au moins six mois après l’opération. Les participants ont été assignés au hasard soit pour recevoir 200 microgrammes de sélénium, soit un placébo. Le principal point final de l’étude était la réduction du développement d’un nouveau cancer, ou une récurrence du cancer initial.

L’étude a ensuite été stoppée après qu’une analyse intermédiaire ait révélé que le taux de survie sans progression était supérieur dans le groupe placebo : 78% des sujets parmi ceux qui prenaient le placébo étaient en vie sans réapparition après cinq ans, comparés à 72% avec le sélénium. Au total, 216 tumeurs sont réapparues, dont 84 (38,9%) étaient des cancers du poumon. Parmi ceux qui prenaient du sélénium, 1,9% ont développé une nouvelle tumeur après cinq ans, comparés à 1,4% chez ceux qui prenaient le placébo. Au total, 3,66% des participants du groupe du sélénium ont développé une nouvelle tumeur de tout type après un an, comparés à 4,1% dans le groupe placebo.

"Nos résultats démontrent que le sélénium n’est pas un agent de chimioprévention efficace dans un groupe de patients touchés par un cancer du poumon, et ce n’est pas quelque chose que nous pouvons recommander à nos patients pour empêcher le retour d’un second cancer" dit Karp.

"Etant donné nos résultats et ceux de l’étude SELECT, les médecins peuvent maintenant désigner deux études d’importance et dire aux patients que, en l’état actuel des données scientifiques, les résultats sont négatifs" termine Karp.


Ces articles pourraient aussi vous intéresser :

| | | Fil RSS | Contacts | Plan du Site | © 2019 - Charlatans.info |