Accueil du site > Nouvelles > Les Universités anglaises abandonnent les formations diplômantes en médecine (...)

Les Universités anglaises abandonnent les formations diplômantes en médecine alternative

Le 31 janvier 2009

Les Universités du Royaume-Uni tournent de plus en plus le dos à l’homéopathie et aux thérapies complémentaires, avec une opposition de la communauté scientifique qui considère ces diplômes comme de la pseudoscience.

L’Université de Salford a déjà cessé de proposer des formations diplômantes dans ces domaines, et l’Université de Westminster a annoncé qu’elle comptait renforcer le contenu des de ses formations sur des "bases scientifiques", après qu’une analyse interne ait examiné leur crédibilité scientifique.

Ces deux Universités suivent l’exemple de celle de Central Lancashire, qui, l’an dernier, a arrêté de recruter de nouveaux étudiants dans le cadre de formations en homéopathie.

Les décisions de Salford et Westminster ouvrent un nouveau chapitre dans le débat houleux sur la place que peuvent avoir des diplômes "scientifiques" d’Universités dans des domaines qui ne sont pas scientifiques.

Plusieurs Universités proposent des formations en médecine complémentaire, qui comprennent un ensemble de thérapies comme l’homéopathie, la cristal-thérapie et la phytothérapie. Mais le corps enseignant opposé à de telles formations, les considère comme trompeuses et comme faisant du tort à la réputation des universités qui les proposent.

Dans une lettre envoyée au Times, un groupe de scientifiques, mené par le Professeur David Colquhoun, pharmacologue à l’Université de Londres, déclare qu’ils encouragent l’arrêt de tels enseignements. Cependant, ils ajoutent que bien que certaines universités prennent des mesures sensibles pour annuler ces enseignements, la politique du gouvernement pour réguler la médecine alternative est désordonnée parce qu’il n’y a pas de position officielle à propos de "quels traitements marchent et lesquels ne marchent pas".

L’Université de Salford déclare qu’elle a prévu de stopper le programme de cours de médecine traditionnelle chinoise "pour des raisons financières et stratégiques". Ils reconnaissent que cet enseignement avait été critiqué par la communauté scientifique, mais expliquent que l’université continuera à "encourager et à promouvoir la recherche en médecine complémentaire et alternative".

Un porte-parole de l’Université de Central Lancashire a ajouté qu’il ne se lancera pas dans un débat à propos des bases scientifiques de certaines formes de médecine complémentaire. Cependant, il reconnaît que certaines formations ont fait une "mauvaise publicité" et que l’Université a commissionné une étude sur les formations dans ce domaine qui sera publiée fin mars. "Il existe un débat académique au sein de l’université, afin de déterminer si ces enseignements sont scientifiques ou non" ajoute-t-il.

Un porte-parole de Westminster déclarait que l’université avait récemment lancé une étude sur ces cours de thérapies complémentaires comme faisant partie d’une restructuration interne. "L’étude a recommandé que les bases scientifiques de ces cours soient renforcées, ainsi que la capacité du département à réaliser des recherches de bonne qualité avec une rigueur scientifique".

Il ne dira cependant pas si cette étude a été ordonnée suite aux critiques de ces disciplines, ajoutant seulement que les "diplômés continueront de recevoir une formation scientifique de base." D’autres universités ont surmonté ces accusations de pseudoscience en sortant ces formations de la sphère scientifique. L’Université de Suffolk, par exemple, propose un diplôme sur deux ans en thérapie holistique sous un label "littéraire". D’autres établissements demeurent plus fermes dans la défense de leurs enseignements.

A l’Université de Londres South Bank, le principal conférencier en acupuncture déclare que l’acupuncture restera étudiée pour la raison qu’elle n’est pas bien comprise du point de vue de la médecine scientifique occidentale, et qu’elle est utilisée par une importante proportion de gens dans le monde, et ce depuis des milliers d’années (sic). Avec un tel argument (Argumentum ad populum), pourquoi ne pas enseigner aussi l’astrologie ?

- Médecines alternatives : le guide critique. Collectif.
- Les pseudo-médecines. Jean Brissonnet.


Références et notes :

| | | Fil RSS | Contacts | Plan du Site | © 2019 - Charlatans.info |