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Les affaires secrètes de la peur des vaccins

Le 12 janvier 2011

Andrew Wakefield, le médecin disgracié qui avait déclaré qu’il existait un lien entre les vaccins ROR et l’autisme, avait discrètement mis en place un business visant à faire beaucoup d’argent, notamment en Grande Bretagne et en Amérique, à partir de ses allégations désormais discréditées.

Le schéma de Wakefield est exposé dans une seconde partie de la série des comptes-rendus du British Medical Journal [1] sur les "secrets de la peur du vaccin ROR", par le journaliste d’investigations Brian Deer, qui avait révélé la fraude scientifique derrière l’apparence d’un lien entre le vaccin ROR et l’autisme. Deer évoque maintenant le côté financier de cette affaire.

A partir de ses enquêtes et des documents obtenus grâce au Freedom of Information Act, le compte-rendu montre comment l’institution de Wakefield, la Royal Free Medical School de Londres, l’a soutenu quand il cherchait à exploiter la peur du vaccin pour gagner de l’argent.

Il révèle comment Wakefield a rencontré des dirigeants de l’école médicale, pour évoquer la mise en place d’un business collectif, alors même que le premier enfant étudié dans son étude était encore à l’hôpital, et comment quelques jours seulement après la publication de cette recherche, qui a provoqué la crise sanitaire de 1998, il a apporté des associés à son business vers le Royal Free pour continuer les négociations.

L’une de ces affaires, nommée d’après le nom de la femme de Wakefield, visait à développer les propres "vaccins" de remplacement de Wakefield, mais aussi des kits de diagnostics et de tests, et d’autres produits qui se seraient vendus comme des petits pains à la condition que la confiance du public dans les vaccins ROR soit gravement remise en cause.

Les documents ont révélé la répartition de l’actionnariat prévue entre Wakefield et ses collaborateurs, et combien Wakefield espérait en tirer personnellement. Des prévisionnels financiers, rendus disponibles pour la première fois, montrent que Wakefield et ses associés avaient prévu de gagner jusqu’à 28 millions de Livres Sterling (33 millions d’euros) en une année, rien qu’avec les kits de diagnostic.

"Il est estimé que le marché initial pour le diagnostic serait le test pour des patients pour "l’entérocolite autistique" au Royaume-Uni et aux USA" dit un document "privé et confidentiel" de 35 pages, obtenu par Deer, visant un gain initial de 700000 £ pour les investisseurs. "Il est estimé que la troisième année, les revenus de ces tests pouvaient atteindre les 3,3 millions de £, et jusque 28 millions en vitesse de croisière."

Les investigations de Deer ont aussi révélé que Wakefield a reçu des soutiens pour essayer de reproduire ses résultats obtenus sur les 12 premiers enfants, avec un groupe plus large de 150 patients, mais qu’il avait refusé de mettre en place ces travaux, déclarant que sa liberté académique serait compromise. Les déclarations issues de ses travaux n’ont jamais été vérifiées ni reproduites.

- La Souris truquée. Enquête sur la fraude scientifique. William Broad, Nicholas Wade.


Références et notes :

[1] How the vaccine crisis was meant to make money. BMJ, 2011 ; 342:c5258.

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