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Les croyances religieuses des médecins influencent leurs décisions sur la fin de vie

Le 26 août 2010

Une étude publiée dans le Journal of Medical Ethics [1] suggère que les médecins athées ou agnostiques sont presque deux fois plus disposés à prendre des décisions dont ils pensent qu’elles pourront accélérer la fin de la vie d’un patient très malade, que les médecins qui sont profondément religieux.

Et l’étude montre que les docteurs avec une foi solide sont moins susceptibles de discuter de ce type de traitement avec les patients concernés.

Ces résultats reposent sur une enquête postale sur plus de 8500 médecins anglais, sur une large gamme de spécialités, qui a été réalisée pour voir quelle influence les croyances religieuses, ou leur absence, avaient sur les soins de fin de vie.

Les spécialités comprenaient celles dans lesquelles les décisions de soins en fin de vie sont particulièrement susceptibles d’apparaitre, comme la neurologie, la gérontologie, les soins palliatifs, les soins intensifs et spécialités hospitalières et la médecine générale.

On a demandé aux médecins des informations à propos des soins apportés à leur dernier patient décédé, s’ils en ont eu, y compris s’ils avaient donné une profonde sédation continue jusqu’à leur décès, et s’ils avaient discuté des décisions susceptibles de raccourcir la vie de leur patient au regard de leurs propres croyances religieuses, leurs traditions et points de vue sur la mort assistée/euthanasie.

Presque 4000 médecins ont répondu (3733, 42% du total), et presque 3000 ont rapporté avoir donné des soins à un patient qui est décédé.

Les spécialistes des soins des personnes âgés (gérontologues) étaient plus susceptibles d’être Hindous ou Musulmans, tandis que les médecins en soins palliatifs étaient plus souvent Chrétiens, blanc et se reconnaissaient comme "religieux".

Mais en général, les docteurs blancs, qui représentaient le groupe le plus grand des sondés ayant répondu, étaient les moins susceptibles de rapporter avoir de fortes croyances religieuses.

La spécialité était fortement associée au fait de savoir si un médecin avait rapporté avoir déjà pris des décisions, de façon directe ou indirecte, sur la fin de vie. Les médecins des spécialités hospitalières étaient presque 10 fois plus susceptibles d’être des spécialistes en soins palliatifs.

Quelle que soit la spécialité, les médecins qui se décrivent eux-mêmes comme "pas du tout religieux" ou "très peu religieux" étaient pratiquement deux fois plus susceptibles de rapporter avoir déjà pris ce genre de décision que ceux avec des croyances religieuses.

Les docteurs les plus religieux étaient significativement moins nombreux à avoir discuté des décisions à prendre en ce qui concerne les soins palliatifs avec leurs patients que les autres médecins.

Ces attitudes se reflétaient dans les soutiens à la législation sur l’euthanasie ou mort assistée, avec des spécialistes en soins palliatifs et ceux qui ont une foi solide qui y sont les plus opposés. Les médecins asiatiques et blancs étaient les moins opposés à une telle législation que les médecins des autres groupes ethniques.

Les auteurs de conclure que la relation entre les valeurs des médecins et leurs prises de décisions cliniques doit être davantage reconnue qu’elle ne l’est actuellement.


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