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Les gens hésitants sont plus fermés

Le 4 juillet 2009

D’après des chercheurs, les personnes qui ont le moins confiance dans leurs croyances sont plus hésitantes que les autres à chercher des perspectives opposées aux leurs.

Ces résultats, reposant sur une revue de plus de 90 études, éclairent le débat de savoir si les gens vont intentionnellement vers des points de vue en conflit avec les leurs, ou s’ils sont seulement plus souvent exposés à des idées confortant leurs positions.

La première idée semble être la bonne. Une autre étude récente avait révélé que des étudiants gravitent plutôt autour des informations qui collent à leurs points de vue.

Alors que ce ne sont pas les informations qui font que les personnes de même avis se retrouvent le plus souvent ensemble, cette revue suggère que nous gardons activement nos œillères lorsque nous sommes face à des points de vue opposés aux nôtres. Cette revue scientifique a été publiée dans le journal Psychological Bulletin [1].

Certains plus que d’autres...

Surtout, les études suggèrent que les gens sont deux fois plus susceptibles de sélectionner précieusement une information qui confirme leur point de vue, que de considérer une idée opposée. Pratiquement 70% opèrent une sélection contre environ 30% qui pensent à l’autre vision des choses.

Les individus à l’esprit fermé ont opté pour une information qui allait avec leurs points de vue dans 75% du temps.

"Les personnes fermées sont très certaines et dogmatiques dans leurs points de vue, et elles pensent généralement qu’il existe un seul point de vue correct" explique la chercheuse Dolores Albarracin, professeur de psychologie de l’Université de l’Illinois. "L’implication est que vous avez un groupe de personnes qui ne cherchera qu’à confirmer ses points de vue, en résistant à toute preuve contraire et évitera de s’y exposer."

Et comme un léger souffle peut faire tomber tout le château de cartes, les chercheurs ont trouvé que les personnes ayant peu confiance dans leurs propres croyances sont moins susceptibles de s’exposer elles-mêmes aux points de vues contraires, comparées à leurs contreparties confiantes. En fait, une autre étude récente a montré que les gens avec une affiliation forte à un groupe/parti et avec un intérêt politique plus important, étaient plus susceptibles de lire des articles ayant des points de vue opposés aux leurs.

La nouvelle étude a cependant trouvé la politique peut faire pousser des oeillères : les gens sont plus hésitants à regarder des points de vue de valeur politique, religieuse ou éthique différents. Plus particulièrement, les participants de l’étude restaient coincés avec leurs propres idées 70% du temps quand il s’agissait de sujets de valeur morale ou politique, comparé à 60% pour les autres sujets.

"Si vous êtes très impliqué dans votre propre attitude, par exemple si vous êtes très impliqué à gauche, vous êtes plus susceptible de chercher de l’information de même nature, c’est-à-dire une information qui corresponde à votre vision des choses" dit Albarracin.

Les points de vue politiques et moraux sont plus ouverts à une interprétation ouverte que, par exemple, un concept scientifique. "Les sujets politiques et moraux sont davantage un jugement personnel" explique Albarracin. "Il n’y a pas de risque d’expérimenter les effets de l’imprécision comme en science. De ce fait, les gens sont libres de chercher de l’information qui confirme exclusivement leur attitude."

Le besoin d’opposition

Parfois, vous ne pouvez échapper à l’opposition, et elle peut même vous être bénéfique. Les chercheurs ont trouvé que les politiciens et les autres, qui ont besoin de se défendre eux-mêmes publiquement, sont motivés pour en apprendre le plus possible sur les idées contraires aux leurs.

De manière pratique, différents points de vue sont aussi nécessaires. "Si vous allez acheter une maison et que vous l’aimez réellement, vous l’inspecterez toujours dans tous les recoins" dit Albarracin.

Pareillement, même si vous faites confiance dans votre chirurgien, vous serez poussé à chercher une seconde opinion avant une opération importante…

- Les influences inconscientes de l’effet des émotions et des croyances sur le jugement. Ahmed Channouf.
- La dissonance cognitive. Poitou jean-Pierre.


Références et notes :

[1] Feeling Validated Versus Being Correct : A Meta-Analysis of Selective Exposure to Information. Psychological Bulletin. 2009, Vol. 135, No. 4, 555–588.

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