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Les informations sur les produits aux plantes font toujours défaut

Le 10 août 2011

Selon des chercheurs de l’Université de Leeds, de nombreux remèdes aux plantes vendus sans ordonnance en pharmacie, parapharmacie ou en magasin, manquent toujours cruellement des informations importantes exigées concernant la sécurité de leur utilisation.

En avril 2011, une nouvelle loi Européenne est entrée en vigueur visant à réguler la vente des plantes médicinales traditionnelles comme le millepertuis et l’échinacée [1]. Ces produits doivent contenir désormais une information claire sur leurs effets secondaires possibles, comment ils peuvent interagir avec d’autres médicaments prescrits, et si les individus atteints d’une maladie donnée peuvent les prendre ou non. Ils sont clairement annotés du logo montrant qu’ils ont été enregistrés en tant que plantes traditionnelles.

Cependant, un certain nombre de remèdes populaires aux plantes, tels que le ginseng asiatique et le ginkgo, pourraient ne pas être couverts par cette loi et manquer des détails clés sur leur utilisation sans danger. Des stocks existants sur les étagères des magasins et pharmacies, des produits datant d’avant la loi, peuvent toujours être vendus et ne possèdent pas cette information concernant les contre-indications.

Une étude de chercheurs de l’Université de Leeds, publiée dans le journal BMC Medecine [2], a révélé qu’avant avril 2011, la majorité des produits aux plantes vendus sans ordonnance ne contenait pas l’information nécessaire à leur utilisation sans risque. Mais malgré les modifications de la loi, il n’y a aucune garantie que la situation soit radicalement différente maintenant, selon le Professeur de pharmacie Theo Raynor qui a dirigé l’étude.

"Le meilleur conseil à donner aux consommateurs est ’ attention !’, comme cela a toujours été le cas" dit Raynor. "De nombreuses personnes croient que les médicaments aux plantes sont différents des autres médicaments parce qu’ils sont ’naturels’. Cependant, toute substance qui affecte le corps - quelque soit sa provenance - a le pouvoir de faire du mal si elle n’est pas prise correctement."

Pendant leur investigation, les chercheurs ont acheté 68 préparations différentes de cinq remèdes communément utilisés (millepertuis, ginseng, échinacée, ail et ginkgo) dans deux enseignes bien connues, trois chaines de pharmacie, et trois pharmacies en supermarché. Tous les produits sont connus pour avoir des effets potentiellement dangereux chez certaines personnes.

Le millepertuis peut réduire l’efficacité de la pilule contraceptive et le ginkgo peut augmenter le risque de saignement. Le ginseng ne convient pas aux personnes souffrant de diabète et l’échinacée peut causer des réactions allergiques. Même l’ail peut causer des problèmes chez certaines personnes parce qu’il peut liquéfier le sang et interférer avec certains médicaments utilisés pour traiter le VIH.

L’information fournie avec ces produits était comparée aux recommandations et contre-indications fournies par le Centre National US de Médecine Complémentaire et Alternative, et a été évaluée pour son exhaustivité et sa précision au regard des précautions d’usage, interactions avec les autres médicaments et effets secondaires.

Les chercheurs ont trouvé que 93% des produits évalués n’étaient pas enregistrés, et donc ne remplissaient pas les standards d’information de sécurité, et plus de la moitié de ceux-ci étaient vendus comme compléments alimentaires. Seuls 13% contenaient une information et seuls trois pourcent avaient une quantité acceptable d’information de prudence.

"Les consommateurs ont besoin d’une information fiable et compréhensible quand ils achètent des médicaments aux plantes, information qui leur dise si cela leur convient" dit le Professeur Raynor. "Je recommanderais à quiconque achète un médicament aux plantes de vérifier que la boite ou l’emballage ait bien le logo exigé, qui montre que l’information donnée a été approuvée. Ou par des professionnels formés et au courant des possibles interactions."


Références et notes :

[1] Directive 2004/24/CE du 31 mars 2004.

[2] Buyer beware ? Does the information provided with herbal products available over the counter enable safe use ? David Raynor, Rebecca Dickinson, Peter Knapp, Andrew F Long, Donald Nicolson. BMC Medicine.

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