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Les jeux cérébraux marchent-ils vraiment ?

Le 1er mai 2009

Perdez-vous régulièrement vos clés ou oubliez-vous de payer vos factures ? Oubliez-vous souvent les noms des gens que vous connaissez pourtant bien ? Sentez-vous votre mémoire "flancher" de plus en plus ? Si oui, il est peut-être temps d’essayer les jeux cérébraux dont vous voyez parfois la publicité ici ou là. Bien entendu, vous pouvez-vous vous poser la question de savoir s’ils valent réellement le temps et l’argent que vous êtes prêt à y investir.

Ces jeux d’entrainement cérébraux reposent en grande partie sur l’idée, prouvée, que vivre dans un environnement riche en stimulations mentales produit des changements cérébraux positifs. Et il est vrai qu’il y a un potentiel pour exploiter votre neuroplasticité (c’est-à-dire la capacité du cerveau à se modifier lui-même en remodelant les connexions des cellules nerveuses suite à une expérience) pour augmenter la forme mentale et prévenir tout déclin de la mémoire associé à l’âge.

Les bénéfices reconnus d’une instruction très jeune sur la réduction des risques de démence à venir, ont également donné plus de crédibilité à la théorie selon laquelle construire une réserve de capacité cognitive plus grande peut aider le cerveau à compenser une blessure, l’analogue du concept selon lequel plus d’antennes pour le téléphone égale moins d’appels perdus. En outre, plusieurs neuroscientifiques ont, ces dernières années, réalisé les meilleurs jeux actuellement sur le marché.

Mais il y a un problème majeur : la plupart des études de la première heure avaient été réalisées sur des rongeurs. Les déclarations restaient-elles donc vraies dès qu’il s’agissait des performances du cerveau humain et des personnes âgées ? Peuvent-ils vraiment rendre votre cerveau plus rapide et plus fort ? Sont-ils meilleurs que l’approche habituelle : rester en forme, actif et engagé dans le monde qui nous entoure ? En d’autres termes : valent-ils réellement ce qu’ils coutent ?

A ce jour, plus de 50 études ont examiné les bénéfices de la stimulation cérébrale chez les êtres humains, mais seule une poignée a testé si les bénéfices persistaient dans la vraie vie. Les résultats d’une des meilleures études, publiée dans le Journal of the American Geriatrics Society sont certainement encourageants. Comme Glenn Smith de la Clinique Mayo et ses collègues l’ont rapporté : les adultes âgés et cognitivement normaux qui entraînent leur cerveau étaient en mesure d’améliorer leur rapidité du processus d’information auditive d’environ 58% (contre 7% dans le groupe contrôle) [1].

Dans leur étude IMPACT, 487 adultes âgés entre 67 et 93 ans ont travaillé pendant 8 semaines sur le programme d’entrainement cérébral Posit Science qui cherche à améliorer les fonctions du cerveau en stimulant le système auditif. Ce programme postule l’idée que quand nous vieillissons nos cerveaux deviennent moins efficaces dans les processus d’information venant des sens (pas à cause d’une perte de la vue ni auditive, mais à cause de changements dégénératifs dans le cortex associatif), qui conduisent alors vers un déclin de la mémoire.

Le groupe contrôle avait suivi un programme d’éducation cognitif conventionnel qui consistait en la projection de vidéos éducatives sur l’art et l’histoire. A la fin de l’étude, le groupe à l’entrainement cérébral a aussi montré plus de gains sur les mesures de la cognition et de la mémoire en général que le groupe contrôle, mais les différences étaient moins impressionnantes (4% contre 2% d’amélioration). 48% des gens dans le groupe d’entrainement actif (contre 40% du groupe contrôle) ont aussi rapporté des changements positifs dans leur vie de tous les jours comme une plus grande confiance en eux, de meilleurs rappels de leur liste de course et une meilleure attention des conversations dans un endroit bruyant.

Que nous apprennent ces résultats ? IMPACT a démontré que des capacités cognitives entraînées et d’autres non entraînées peuvent s’améliorer après deux mois d’entrainement sensoriel structuré. Mais le groupe contrôle s’est aussi amélioré, bien qu’à un plus faible niveau, suggérant que même regarder des vidéos (comme la chaine Histoire) peut aider !

Améliorer les parties pour aider le tout ?

L’une des questions cruciales, pour les programmes d’entraînement cérébraux, est de savoir si les habiletés spécifiques améliorées pendant l’entraînement, comme celle de la perception auditive, se généralisaient effectivement aux autres capacités cognitives. En d’autres termes, est-ce que le fait de pratiquer une perception auditive provoque une amélioration de la perception visuelle ? Et combien de temps ces effets de l’entraînement persistent-ils ?


Références et notes :

[1] Improving fluid intelligence with training on working memory. PNAS. S. Jaeggi, M. Buschkuehl, J. Jonides, W. Perrig.

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