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Les phéromones n’existent pas !

Le 15 décembre 2010

Il y a quelque-chose qui ne sent pas bon, d’après Richard Doty [1]. Il s’agit de la naissance du concept de l’existence des phéromones, lancé en 1976 par le directeur du Smell and Taste Center de l’Ecole de Médecine de Penn.

Même la définition du terme est controversée. Généralement définie comme étant un élément chimique qui induit une réaction bien définie chez les mêmes animaux, le concept de phéromone chez les mammifères existe depuis la fin des années 1950. Le terme a depuis été conservé dans les cercles scientifiques et la culture pop. Qui n’a pas entendu des histoires de phéromones qui attirent les individus entre eux ? Suivant inconsciemment leur nez, avant même que leur cœur batte la charade pour un amour potentiel.

Il y a seulement un problème d’après Doty [2] : les mammifères, contrairement aux insectes, n’ont pas de phéromones, n’émettent pas de signaux chimiques tel que les phéromones.

"Le terme de phéromone semble avoir principalement attiré les parfumeurs et les personnes qui recherchent une fontaine de jouvence" dit Doty. "Mais les choses ne sont pas ainsi. C’est comme si on disait qu’une couleur particulière expliquait pourquoi on choisit un partenaire plutôt qu’un autre. Ce n’est pas ainsi que les couples se forment."

L’illusion des phéromones n’est pas une position que Doty a récemment façonnée. Cela fait des décennies qu’il fait des recherches sur les sens chimiques (odorat et gout), d’une perspective basique et clinique.

"Nous avons cherché la littérature relative à l’ensemble des critères qui distingueraient un phéromone d’un élément chimique" dit-il. "En réalité, presque tout ce que vous pouvez montrer illustre que pratiquement toutes les situations de comportement qui changent ont été apprises. Les animaux sont très doués pour ce qui est d’apprendre les significations des éléments chimiques."

Doty proteste contre l’idée qu’un seul élément chimique émis par un mammifère puisse induire un changement comportemental chez un autre de la même espèce, de ce fait il y a besoin de peu d’étude scientifique sur la cause et l’effet de la relation.

"C’est une sur-simplification du fonctionnement des éléments chimiques dans l’environnement, et de la façon dont les animaux sont affectés par eux" dit-il. "Les gens ont trop simplifié la nature du système olfactif. C’est le cerveau qui interprète les significations. Le conditionnement joue un rôle important dans tous les aspects du comportement humain et animal."

"Il est faux d’inférer que tous ces comportements mammifères sont déterminés de façon invariable par une seule réponse à un seul élément chimique" dit Doty. "Il ne s’agit pas seulement de sémantique, c’est une conceptualisation globale".

Doty n’a pas compté des heures à chercher à réfuter les mythes entourant les phéromones. Son livre est l’achèvement de ses recherches, malgré cela le mythe semble ne jamais se dissiper.

"Les gens veulent que les phéromones existent" ajoute-t-il. "Cela fait partie de nos besoins d’êtres humains de croire en cet inconnu. Nous avons besoin de croire que certaines choses se passent au-delà de nos sens et de notre conscience."


Références et notes :

[1] Le Dr Richard L. Doty est chercheur dans le domaine de l’olfaction et de ses troubles (anosmie). Il est le directeur du Centre du Gout et de l’Odorat de l’Université de Pennsylvanie, et professeur au Département d’otorhinolaryngologie

[2] The Great Pheromone Myth. Richard L. Doty

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