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Les téléphones portables ne sont pas associés à un risque supplémentaire de cancer cérébral

Le 17 février 2011

Une étude de l’Université de Manchester montre que l’exposition aux radiofréquences provenant de l’utilisation des téléphones cellulaires, ne semble pas augmenter le risque de développer un cancer du cerveau.

Les chercheurs ont utilisé les données publiquement disponibles provenant du Bureau National des Statistiques du Royaume-Uni, pour examiner les tendances dans les taux des cancers du cerveau nouvellement diagnostiqués en Angleterre entre 1998 et 2007.

L’étude, publiée dans le journal Bioelectromagnetics [1], n’a rapporté aucun changement statistiquement significatif dans l’incidence des cancers cérébraux chez les hommes ou les femmes pendant la durée d’observation de neuf années.

"L’utilisation des téléphones portables au Royaume-Uni, et dans les autres pays, a fortement augmenté depuis le début des années 1990, quand les premiers téléphones numériques ont été introduits" dit le Dr Frank de Vocht, chercheur et expert en santé environnementale et professionnelle.

"Il y a une controverse persistante sur le fait de savoir si l’exposition aux fréquences radios des portables augmente le risque de cancers du cerveau. Nos résultats indiquent qu’un lien causal entre l’utilisation des téléphones mobiles et le cancer est peu probable, parce qu’il n’y a pas de preuve d’une quelconque augmentation de la maladie depuis son introduction et sa rapide prolifération."

Les auteurs affirment que comme il n’y a pas de mécanisme biologique plausible expliquant comment les ondes radio pouvaient directement endommager nos gènes, et de ce fait modifieraient nos cellules pour qu’elles deviennent cancéreuses, l’exposition aux radiofréquences, si elle était associée au cancer, serait susceptible de favoriser la croissance d’une tumeur cérébrale déjà existante.

S’il en était ainsi, les chercheurs déclarent qu’ils s’attendraient à une augmentation du nombre de cas diagnostiqués dans les cinq à dix ans suivant l’introduction des portables, et que cette augmentation continue dans le temps étant donné que l’utilisation du téléphone portable devient de plus en plus répandue. La période étudiée, de 1998 à 2007, serait donc comme celle de 1990 à 2002, quand l’utilisation des portables au Royaume-Uni est passée de 0 à 65% des foyers.

L’équipe a trouvé une petite augmentation de l’incidence des cancers dans le lobe temporal de 0,6 cas pour 100 000 personnes, ou 31 cas supplémentaires par an pour une population de 52 millions d’individus. Les cancers cérébraux du lobe pariétal, du cerveau et du cervelet chez les hommes ont même légèrement diminué entre 1998 et 2007.

"Notre recherche suggère que l’augmentation et l’utilisation répandue des téléphones cellulaires, qui dans certaines études était associée à une augmentation du risque de cancer du cerveau, n’a pas conduit à une augmentation de l’incidence des cancers cérébraux en Angleterre entre 1998 et 2007" dit le Dr de Vocht.

"Il est très peu probable que nous soyons à l’aube d’une épidémie de cancers du cerveau à cause des portables, comme certains l’ont suggéré, bien que nous observions une très faible augmentation du taux de cancers du lobe temporal, qui correspond à la période où l’utilisation des mobiles est passée de 0 à 65% des foyers. Cependant, pour remettre ceci en perspective, si cette augmentation spécifique dans l’incidence des tumeurs avait été causée par les portables, elle contribuerait à moins d’un cas supplémentaire pour 100000 personnes en une décennie.

"Nous ne pouvons pas exclure la possibilité qu’il y ait des gens sensibles à l’exposition des fréquences radios, ou que certains rares cancers du cerveau y soient associés, mais l’interprétation de nos données n’indiquent pas le besoin de mettre en place des mesures de santé publique visant à réduire l’exposition aux radiofréquences provenant des téléphones portables."

- Champs électromagnétiques, environnement et santé. Anne Perrin, Martine Souques.
- Vivre dans les champs électromagnétiques. Pierre Zweiacker.


Références et notes :

[1] Time trends (1998–2007) in brain cancer incidence rates in relation to mobile phone use in England. Bioelectromagnetics, Frank de Vocht, Igor Burstyn, John W Cherrie.

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