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Les vaccins n’augmentent pas le risque de sclérose en plaques

Le 23 octobre 2014

Des scientifiques ont analysé environ 4700 personnes qui avaient été vaccinées contre l’hépatite B et contre le papillomavirus humain, et n’ont pas trouvé de risque sur le long terme de développer une sclérose en plaque ni d’autres maladies similaires du système nerveux.

Certains groupes anti-vaccination ont créé une certaine inquiétude et effrayé la population en affirmant que la protéine présente dans les vaccins contre l’hépatite B et contre le papillomavirus humain pouvait provoquer une destruction de la myéline, qui est le matériau isolant qui entoure les parties des cellules nerveuses appelées axones. De tels dégâts, appelés démyélinisation, est la principale caractéristique de plusieurs maladies auto-immunes neurodégénératives, et le plus souvent de la sclérose en plaques.

Les études précédentes sur ce sujet étaient de petite taille. Alors que la plupart n’ont pas trouvé de lien entre la vaccination et la sclérose en plaques, deux études ont montré une faible augmentation du risque, suffisamment pour que le sujet demeure controversé et inquiète la population en provoquant un recul des taux de vaccination.

Cette dernière étude est la plus grande à ce jour qui a suivi des patients pendant trois ans après leur vaccination, expliquent les chercheurs du Kaiser Permanente de Californie du Sud, une société de mutuelle santé (qui ne produit ni ne vend aucun vaccin). Leurs résultats ont été publiés dans le très sérieux journal JAMA Neurology [1].

Les chercheurs écrivent que le faible risque de développer une sclérose en plaques trouvé dans certaines des études précédentes montrait que le vaccin, tout comme une infection, pourrait accélérer la progression de la maladie chez les patients qui ont déjà une sclérose en plaques ou une autre maladie auto-immune neurodégénérative. Il se pourrait qu’après la vaccination, les patients passent plus rapidement de l’étape "infraclinique" de la maladie, quand il n’y a pas de symptôme apparent, à une étape avec des symptômes visibles, expliquent les chercheurs.

L’auteur principal de ce compte-rendu, le Dr Annette Langer-Gould, notait que leur étude ne pouvait cependant pas totalement exclure une connexion entre le vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques car la taille de l’échantillon des patients vaccinés était limitée. Il faudrait de ce fait une étude plus grande pour confirmer leurs résultats.

Cependant, les scientifiques écrivent que toute association est probablement une coïncidence. Par exemple, les jeunes femmes sont le groupe qui a le risque le plus élevé de sclérose en plaques, et c’est aussi le groupe qui reçoit le vaccin contre l’hépatite à une période de leur vie où elles pourraient être diagnostiquées avec une sclérose en plaque. La situation est la même que celle où l’autisme chez les bébés est diagnostiqué à la même époque où ils se font vacciner plusieurs fois.


Références et notes :

[1] Vaccines and the Risk of Multiple Sclerosis and Other Central Nervous System Demyelinating Diseases. Annette Langer-Gould, Lei Qian, Sara Y. Tartof, Sonu M. Brara, Steve J. Jacobsen, Brandon E. Beaber, Lina S. Sy, Chun Chao, Rulin Hechter, Hung Fu Tseng. JAMA Neurology.

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