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Mythes lunaires

Le 26 mars 2011

La lune garde une place mystique dans l’histoire de la culture humaine. Ainsi, il n’est pas étonnant que de nombreux mythes, allant des loups-garous aux épilepsies lunatiques, se soient construits à partir de ces effets supposés sur nous.

"Ce doit être la pleine lune" est une phrase que tout le monde a déjà entendue dès lors qu’il se passe des choses étranges ou folles, que les chercheurs déclarent entendre régulièrement de la part de policiers en service de nuit, de personnels psychiatriques ou des urgences.

La Lune a mis des années avant de nous révéler des secrets aussi importants que la présence d’eau à sa surface.

En fait, tout un ensemble d’études, sur plusieurs années, a cherché à établir des relations statistiques entre la lune, et plus particulièrement la pleine lune, les comportements et la biologie humaine. La majorité d’entre elles n’a trouvé aucune connexion, tandis que certaines, ambigües, demeurent non concluantes, et celles qui ont donné des associations positives se sont révélées avoir des méthodes défectueuses ou n’ont jamais été confirmées.

Les études fiables et de bonne qualité ayant comparé les phases lunaires aux naissances, crises cardiaques, décès, suicides, violence, admissions en hôpital psychiatrique et crises d’épilepsies entre autres choses, n’ont, encore et encore, trouvé aucune, ou très peu, de relations.

Un des liens indirects possibles : avant l’éclairage public moderne, la lumière de la lune a pu faire sortir les gens la nuit, en causant un manque de sommeil qui aurait pu être la cause de différents problèmes psychologiques, hypothèse qui attend toujours d’être confirmée par des données.

Quelques rappels physiques de base :

La lune, les marées et vous

Le corps humain est fait d’environ 75% d’eau, ce qui fait croire à de nombreuses personnes que notre corps réagirait comme les marées.

La lune et le soleil s’associent pour créer les marées des océans de la Terre (en fait, l’effet gravitationnel est si fort que la croute terrestre est aussi quotidiennement tirée par ces mêmes "effets de marée".)

Mais les marées sont des événements à grande échelle. Elles existent à cause de la différence d’effet gravitationnel à l’un des côtés d’un objet (comme la Terre) comparé à l’autre côté. Voici comment elles fonctionnent :

L’océan du côté de la Terre qui fait face à la lune est attiré par la lune plus qu’il ne l’est au centre de la planète. Ceci créé une haute marée. De l’autre côté de la Terre, une autre haute marée survient, parce que le centre de la Terre est plus attiré vers la lune que ne l’est l’océan de l’autre côté. Le résultat tire essentiellement la planète loin de l’océan (une force négative qui "porte" l’océan de la planète).

Cependant, il n’y a pas de différence mesurable de l’effet gravitationnel de la lune entre un côté de notre corps et l’autre. Même dans les grands lacs, les effets de marée sont indiscernables. Les variations mineures que subissent les lacs les plus grands, sont compensées par d’autres fluctuations plus grandes comme le vent ou les changements de pression barométrique.

Ce qui ne veut pas dire que les marées n’existent pas à petite échelle.

L’effet de la gravité diminue avec la distance, mais ne disparait jamais totalement. Ainsi, en théorie, tout dans l’univers est attiré par quelque chose d’autre. Mais les chercheurs ont calculé qu’une maman portant son bébé exerce une force marée-moteur 12 millions de fois plus forte de ne le fait la lune, simplement en étant très proche de lui.

En considérant que les marées des océans de la terre ont lieu deux fois par jour, étant donné que la Terre tourne sur son axe en 24 heures, mettant constamment la lune en haut et en bas dans le ciel. Si l’attirance de la lune affectait le corps humain, cela se déroulerait obligatoirement deux fois par jour.

Les études sur les effets de la Lune

Voici quelques études correctes, publiées dans des journaux à comité de lecture, n’ayant démontré aucune relation :

- Les crises d’épilepsie : une étude du journal Epilepsy & Behavior [1] de 2004 n’a trouvé aucune relation entre les crises d’épilepsie et la pleine lune, même chez des patients qui croyaient que leurs crises étaient provoquées par la pleine lune. L’auteur a détaillé une analyse statistiques de 770 crises d’épilepsie enregistrées sur une période de trois ans à l’Hôpital Tampa General. Il a trouvé que la plupart des crises d’épilepsie (152) avaient été enregistrées durant le dernier quart de lune, alors qu’il y avait une baisse du nombre des crises au plus bas (94) les nuits de pleine lune.

Les chercheurs ont noté que les crises d’épilepsie étaient autrefois mises sur le dos des sorcières et des possessions par des démons, ce qui a contribué pendant longtemps à ne chercher que des explications mythiques au lieu de causes médicales réelles.

- Visites psychiatriques : une étude de 2005 de la Clinique Mayo, publiée dans le journal Psychiatric Services [2], a étudié combien de patients étaient entrés dans le département des urgences psychiatriques entre 6 heures du matin et 6 du soir sur plusieurs années. Ils n’ont trouvé aucune différence statistique dans le nombre des visites pendant les trois nuits entourant la pleine lune contre les autres nuits.


Références et notes :

[1] The influence of the full moon on seizure frequency : myth or reality ? SR Benbadis, S Chang, J Hunte. Epilepsy & Behavior, 2004.

[2] Psychiatric Emergency Department Visits on Full-Moon Nights Psychiatr Serv, 56:221-222, Fev 2005.

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