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Où la croyance religieuse et l’incroyance se rencontrent

Le 13 octobre 2009

Quand il s’agit de religion, les croyants et les non-croyants semblent penser très différemment. Mais au niveau cérébral, croire en Dieu est-il différent de croire que le soleil est une étoile ou que 4 est un nombre pair ?

Tandis que la foi religieuse demeure l’une des caractéristiques les plus significatives de la vie humaine, on en sait peu à propos de sa relation avec la croyance ordinaire. On ne sait pas plus si les croyants religieux diffèrent des athées dans leur façon d’évaluer des déclarations à propos des faits.

Dans la première étude de neuro-imagerie à avoir systématiquement comparé la foi religieuse à la connaissance ordinaire, des chercheurs de l’UCLA et de l’Université de Californie du Sud avaient trouvé que tandis que le cerveau humain répondait différemment aux propositions religieuses et non religieuses, le processus de croire ou de ne pas croire en une affirmation, qu’elle soit religieuse ou non, semblait être gouverné par les mêmes régions du cerveau.

L’étude a aussi trouvé que les chrétiens dévots et les athées utilisaient les mêmes régions du cerveau pour juger de la vérité de propositions religieuses ou profanes. Ces résultats, disent les auteurs, représentent une avancée dans la psychologie de la religion, publiés dans le journal PLoS One [1].

L’étude a impliqué 30 adultes, 15 chrétiens et 15 athées, qui ont subi trois IRM fonctionnelles (IMRf) tout en évaluant des déclarations religieuses et profanes comme étant "vraie" ou "fausse". Les déclarations étaient réalisées dans le but de produire des acceptations presque parfaites entre les deux groupes pendant les tests non religieux (par ex., "les aigles existent réellement"), et des désaccords presque parfaits pendant les tests religieux (par ex., "les anges existent réellement").

Une activité accrue contrastée de croyance et d’incroyance a été rapportée dans le cortex ventromédian préfrontal, une région du cerveau dont on pense qu’elle est impliquée dans le système de récompense et dans la pertinence des jugements.

"Cette région a montré une activité plus importante, que les sujets croient en des déclarations à propos de Dieu, de la naissance virginale, etc. ou des affirmations à propos de faits ordinaires" expliquent les auteurs.

Le fait de l’indépendance du contenu de la croyance a été encore plus étayé par le fait que tandis que les déclarations acceptées par les croyants religieux étaient rejetées par les non-croyants, et vice-versa, les cerveaux des deux groupes montraient une activité identique du cerveau pour la croyance ou l’incroyance.

Une comparaison de toutes les déclarations religieuses et non religieuses a suggéré que la pensée religieuse était plus associée aux régions cérébrales qui gouvernent l’émotion, la représentation de soi et le conflit cognitif, à la fois chez les croyants et les athées, alors que penser à des faits ordinaires est plus dépendant des réseaux de la mémoire refoulée. L’activité du cortex cingulaire antérieur, région associée au conflit cognitif et à l’incertitude, suggérait que les croyants et athées vivaient une plus grande incertitude quand ils devaient évaluer des déclarations religieuses.

L’étude évoque la possibilité que les différences entre la croyance et l’incroyance pourraient être un jour distinguées de manière fiable par les techniques de neuro-imagerie.

"Malgré de grandes différences dans les processus sous-jacents responsables des modes de pensée religieux et athée", écrivent les auteurs, "la distinction entre le fait de croire et de ne pas croire une proposition semble transcender le contenu. Ces résultats pourraient concerner plusieurs domaines d’application, allant de la neuropsychologie de la religion, à l’utilisation de la ’détection de la croyance’ comme remplaçant du ’détecteur de mensonges’, pour comprendre comment la pratique de la science elle-même, et des déclarations véridiques générales, émergent de la biologie du cerveau humain."

- Croyance, raison et déraison : Colloque de rentrée 2005.
- Les mécanismes de la crédulité. Fabrice Clément.


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