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Pourquoi l’hypnose ne marche pas sur tout le monde

Le 4 octobre 2012

Tout le monde n’est pas hypnotisable, et une nouvelle recherche de l’Université de Stanford a montré comment les cerveaux de ces individus diffèrent de ceux qui peuvent l’être facilement.

L’étude, publiée dans les Archives of General Psychiatry [1], a utilisé des données issues de l’imagerie par résonance magnétique et structurelle pour identifier comment les aires du cerveau associées au contrôle et à l’attention exécutifs tendaient à être moins actives chez les personnes qui ne pouvaient pas entrer en transe hypnotique.

"Il n’y a jamais eu de signature cérébrale avec l’hypnose, et nous sommes à deux doigts d’en identifier une" dit le Dr David Spiegel, auteur de l’article. Une telle avancée permettrait aux scientifiques de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à l’hypnose, et comment ils peuvent être plus largement et plus efficacement utilisés dans un cadre clinique, ajoute-t-il.

Spiegel estime qu’un quart des patients qu’il voit ne peuvent pas être hypnotisés, bien que la capacité d’une personne à être hypnotisée n’est pas associée à un trait de personnalité spécifique. "Il devait se passer quelque-chose dans le cerveau" dit-il.

L’hypnose est décrite comme un état de type transe pendant lequel la concentration d’une personne est exacerbée. Il a été montré que cela aidait à contrôler le cerveau sur la sensation et le comportement, et a été cliniquement utilisé pour aider des patients à gérer la douleur, à contrôler le stress et l’anxiété et à lutter contre les phobies.

L’hypnose fonctionne en modulant l’activité dans les régions du cerveau associées à la concentration et l’attention, et cette étude apporte des détails convaincants au regard de la capacité neurale pour l’hypnose.

"Nos résultats apportent de nouvelles preuves que la connectivité fonctionnelle altérée dans le cortex préfrontal dorsolatéral et le cortex cingulaire antérieur dorsal pourrait être à la base de l’aptitude à être hypnotisé" notent les chercheurs.

Pour l’étude, les chercheurs ont réalisé des IRM fonctionnels et structurels des cerveaux de 12 adultes très facilement hypnotisables et de 12 adultes impossibles ou difficiles à hypnotiser.

Les chercheurs ont regardé l’activité de trois réseaux différents dans le cerveau : le réseau du mode par défaut, utilisé quand le cerveau est inoccupé ; le réseau de contrôle exécutif, qui est impliqué dans la prise de décision ; et le réseau de la saillance, qui est impliqué dans le fait de décider si une chose est plus importante qu’une autre.

Les résultats étaient évidents : les deux groupes avaient un réseau par défaut actif, mais les participants fortement hypnotisables ont affiché une plus grande co-activation entre les composants du réseau de contrôle exécutif et le réseau de la saillance. Plus précisément, dans les cerveaux des individus facilement hypnotisables, le cortex préfrontal dorsolatéral gauche, une région du cerveau du contrôle exécutif, apparaissait être activé en tandem avec le cortex cingulaire antérieur dorsal, qui fait partie du réseau de la saillance et joue un rôle dans la concentration de l’attention. Au contraire, il y avait peu de connectivité fonctionnelle entre ces deux aires du cerveau chez ceux qui étaient difficilement hypnotisables.

Spiegel déclare que lui et son équipe de recherche sont satisfaits d’avoir découvert quelque-chose de si clair. "Le cerveau est compliqué, les gens sont compliqués et il était surprenant que nous soyons en mesure de trouver une signature aussi nette" explique-t-il. Il ajoute que leurs travaux confirment que l’aptitude à être hypnotisé concerne moins des variables de la personnalité mais plus le style cognitif. "Nous voyons ici une caractéristique neurale" dit-il.

La prochaine étape des chercheurs sera d’explorer plus loin comment ces réseaux fonctionnels changent pendant l’hypnose. Les chercheurs ont recruté des patients fortement ou difficilement hypnotisables pour une autre étude pendant laquelle des évaluations IRMf seront réalisées pendant les états hypnotiques.


Références et notes :

[1] Functional Brain Basis of Hypnotizability. Arch Gen Psychiatry. 2012 ;69(10):1064-1072.

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