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Pourquoi la mauvaise logique masque-t-elle la science ?

Le 6 septembre 2008

Le lien entre l’autisme et les vaccins a de nouveau été réfuté. Une grande étude réalisée par Columbia Mailman School of Public Health Center for Infection and Immunity [1] n’a trouvé aucun lien entre la vaccination ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole) et les cas d’autisme. Pour la communauté scientifique, le sujet est maintenant clos.

Mais pourquoi tant de gens continuent à croire qu’il existe une relation causale malgré les preuves évidentes du contraire ? La réponse se trouve dans quelque-chose qui a plus de crédibilité aux yeux des individus que la meilleure étude scientifique : l’expérience personnelle.

De nombreux parents en sont venus à croire que les vaccins étaient la cause de l’autisme de leurs enfants parce que les symptômes sont apparus après que leur enfant ait été vacciné. D’un point de vue psychologique cette supposition et connexion a du sens, mais d’un point de vue logique, il s’agit d’une erreur de logique souvent rencontrée, qui a d’ailleurs un nom, latin s’il vous plait : post hoc ergo propter hoc, ce qui signifie "après cela donc à cause de cela".

C’est parce que l’esprit humain cherche tout naturellement des connexions entre les événements que les êtres humains attribuent souvent, par erreur, des causes, en pensant que "comme B a eu lieu après A, donc A doit avoir causé B". L’enfant se portait bien jusqu’à ce qu’il soit vacciné, et puis il a montré des signes d’autisme. Cela a du sens, sauf que ce n’est pas nécessairement vrai. C’est comme dire "le coq chante avant que le soleil se lève, donc les coqs doivent aider le soleil à se lever."

On rappelle sans cesse aux étudiants en statistiques que "corrélation ne veut pas dire causalité". Deux événements qui semblent être reliés causalement peuvent ne pas l’être, il y a d’autres possibilités. L’apparence de causalité peut n’être qu’une coïncidence ; ou A peut avoir causé B, ou B peut avoir causé A ; ou il peut y avoir un troisième facteur inconnu associé à A et/ou B. Seules des études scientifiques rigoureuses peuvent définitivement faire la différence.

Dans le cas présent, l’autisme s’exprime souvent chez les enfants à peu près à la même période que celle des vaccinations. D’où la confusion.

Selon l’auteur de l’étude, le Dr Mady Hornig, "Nous n’avons trouvé aucune relation entre la période des vaccinations ROR sur le déclenchement de l’autisme." En fait, la nouvelle étude a montré que souvent les premiers symptômes d’autisme avaient précédé les vaccinations, et de ce fait que celles-ci ne pouvaient pas les avoir causés.

Ces erreurs et incompréhensions empirent même avec l’intervention d’activistes non scientifiques qui associent les vaccins à l’autisme. L’actrice et mannequin américaine Jenny McCarthy, en est l’exemple vivant. Lors d’une émission télé grand public aux USA, le "Larry King Live", elle a accusé le corps médical d’ignorance devant "les faits et les preuves".

Ce genre de problèmes montre qu’une politique de santé publique doit avant tout être guidée par la science, et non pas par la célébrité ou le bruit, et encore moins l’expérience personnelle. En effet, le fait d’être actrice ou mannequin, ou populaire, ne la rend pas plus compétente en médecine ou en science pour autant.

- Les influences inconscientes. De l’effet des émotions et des croyances sur le jugement. Ahmed Channouf.
- Idées folles, idées fausses en médecine. Skrabanek, Mc Cormick.


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