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Stopper une étude trop tôt exagère souvent les effets du traitement

Le 2 avril 2010

Une étude internationale de presque 100 essais cliniques qui ont tous été arrêtés précocement à cause des effets positifs du traitement étudié, a découvert que plusieurs de ces effets étaient exagérés. Les auteurs de l’étude, publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) [1], recommandent que les chercheurs résistent aux pressions visant à stopper les essais cliniques trop tôt, mais les mènent à leur terme pendant des périodes plus longues, même s’ils sont tentés de les arrêter prématurément.

"Nos recherches montrent que dans la plupart des cas, le fait de stopper les études cliniques résulte en des estimations trompeuses sur les effets des traitements. Ces estimations erronées sont susceptibles de résulter en de mauvaises décisions à propos des risques et bénéfices d’une thérapie" explique Victor Montori, endocrinologue à la clinique Mayo et auteur de l’étude.

"En moyenne, les traitements sans effets montreraient une réduction du risque relatif de pratiquement 30% dans les essais arrêtés trop tôt. Les traitements avec une véritable réduction du risque relatif de 20% montreraient une réduction de plus de 40%."

Les essais cliniques que le Dr Montori et ses collègues ont étudiés ont été stoppés plus tôt à cause de différences convaincantes, et habituellement importantes, entre le traitement expérimental et la thérapie standard déjà existante. Les études ont été arrêtées pour que les patients qui prenaient le placébo ou la thérapie existante puissent aussi profiter du médicament objet de l’étude. Cela permet habituellement aux médecins de prescrire la thérapie plus tôt parce que celle-ci sera commercialisée plus tôt.

Le Dr Montori déclare que presque tout le monde est concerné par les bénéfices d’un essai clinique : docteurs, chercheurs, sources de financement, sociétés pharmaceutiques, journaux scientifiques voire même journalistes, tout le monde, exceptés les patients qui pourraient arrêter de recevoir une thérapie sur la base d’informations trompeuses à propos de ses bénéfices.

Les chercheurs ont examiné 63 questions médicales de 91 études tronquées et les ont comparées à 424 études comparables qui n’ont pas été arrêtées prématurément. Les résultats montrent que les études qui ont été arrêtées, tout spécialement les petites études de quelques centaines de participants, avaient exagéré les effets du traitement, ou étaient trompeuses. Ces résultats erronés sont souvent intégrées telles quel parce que les chercheurs ne retournent habituellement pas sur le sujet après qu’il ait été perçu comme étant une réussite significative.

Les auteurs recommandent que les chercheurs n’aient recours aux études cliniques contraintes et tronquées seulement près de la fin d’une étude, et donc uniquement avec "une bonne raison". Sinon, dit le Dr Montori, les patients et les médecins feront des choix de traitement reposant sur une information imprécise, ou pire, opteront pour un traitement quand un autre pourrait être plus approprié.


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