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Téléphones portables et cancer : Interphone ne clos pas le débat

Le 3 décembre 2009

Les téléphones portables causent-ils le cancer ? Cette question est sur le point d’être remise sur la table avec la publication d’une étude attendue depuis longtemps appelée Interphone. Étant données les implications pour la santé publique, on peut s’attendre à ce que les médias s’emparent rapidement (et mal) de l’affaire. C’est à ce moment qu’il faudra bien analyser, et avec prudence, les informations qui arriveront de toutes parts.

Il y a environ une décennie, quand l’étude a été mise en place, on en attendait une réponse définitive. Mais il clair maintenant que ce ne sera pas le cas.

L’étude Interphone a été coordonnée par l’Agence Internationale pour la Recherche (IARC) sur le Cancer et établie sur la recommandation du corps parent de l’IARC, l’Organisation Mondiale de la Santé. Elle comprend 16 études dans 13 pays qui ont cherché à déterminer si l’utilisation du téléphone portable était associée aux tumeurs du cerveau (gliome), des méninges (méningiome), du nerf acoustique (névrome acoustique) ou des glandes salivaires.

Interphone a comparé l’utilisation des téléphones mobiles chez 6420 personnes qui avaient ces cancers (2765 avec un gliome, 2425 avec un méningiome, 1121 avec un névrome et 109 avec une tumeur des glandes salivaires) à côté de 7658 personnes sans cancer. Les études ont été réalisées pour déterminer si les individus touchés par un cancer avaient utilisé leurs téléphones portables plus longtemps et de façon plus intensive que les autres.

Ce que nous savons déjà

Bien que les résultats finaux soient toujours sous enveloppe cachetée, nous avons quelques idées de ce qu’ils pourraient donner, parce que plusieurs de ces études nationales ont déjà été délivrées avec pour la plupart des résultats négatifs (Epidemiology, vol 20, p 639).

Les résultats de cinq études nationales, qui comptent pour plus de 60% des sujets participant aux études d’Interphone, ont déjà été combinés et publiés. Cette recherche n’a pas montré de lien clair entre l’utilisation des portables et les névromes acoustiques (British Journal of Cancer, vol 93, p 842), les gliomes (International Journal of Cancer, vol 120, p 1769) ou les méningiomes (International Journal of Epidemiology, vol 37, p 1304), bien qu’ils ne puissent pas éliminer tout risque potentiellement élevé de gliome ou de névrome acoustique dus à l’utilisation du portable pendant plus de 10 ans.

Il est donc probable qu’Interphone donnera leur "bon pour utilisation" aux portables, excepté pour la petite possibilité de risque de gliome ou de névrome acoustique causés par une utilisation intensive et à long terme, ce qui nécessitera des études plus poussées avant d’atteindre une telle conclusion. Malheureusement, il est aussi probable que les médias rapporteront ce risque potentiel sans aucune prudence, comme étant probablement dû aux limitations de l’étude qui en compte plusieurs.

Les défauts

Il est largement reconnu que la méthodologie de l’étude Interphone était la meilleure disponible à l’époque. Malgré cela, elle a des défauts majeurs qui jettent un doute sur sa capacité à identifier tout risque de cancer causé par les portables.

Les chercheurs ont rassemblé les données Interphone en interrogeant les sujets participants à propos de leurs habitudes en matière d’utilisation de portable, leur exposition à d’autres sources de rayonnements de radiofréquence (RF) que les portables utilisent pour transmettre des appels, et d’autres risques comme le tabagisme. On a demandé aux participants la fréquence d’utilisation de leurs téléphones mobiles et leur durée d’utilisation dans le passé, s’ils les utilisaient en ville ou à la campagne, s’ils étaient la plupart du temps immobiles ou en déplacement, s’ils utilisaient un kit mains libres, quelle oreille ils utilisaient le plus et si leur utilisation de portables avait changé dans le temps. On leur montrait aussi des photos de différents téléphones pour qu’ils identifient les modèles qu’ils avaient utilisés.


Références et notes :

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