Accueil du site > Nouvelles > Téléphones portables : pas plus de cancers chez les enfants et (...)

Téléphones portables : pas plus de cancers chez les enfants et adolescents

Le 29 juillet 2011

Les enfants et les adolescents qui utilisent un téléphone portable n’ont statistiquement pas plus de risque de cancer du cerveau que leur pairs qui n’utilisent pas de mobiles selon une étude publiée dans le Journal of The National Cancer Institute [1].

L’utilisation du téléphone portable a fortement augmenté chez les enfants et les adolescents ces dernières années. Cette utilisation accrue a soulevé des questions à propos de la possibilité de développement de tumeurs au cerveau dans cette population étant donné que les enfants ont un système nerveux en plein développement, et aussi parce que la circonférence de leur tête est plus réduite, la radiofréquence des champs électromagnétiques pourrait pénétrer dans des régions qui sont plus profondes dans leurs cerveaux. Cependant, aucune étude n’avait encore examiné si l’usage des téléphones mobiles chez les enfants et les adolescents était associé à un risque de tumeur cérébrale différent.

Pour déterminer la relation entre l’utilisation du mobile et le risque de tumeur du cerveau chez les plus jeunes, le Dr Martin Röösli, de l’Institut de la Santé Publique de Bâle et ses collègues, ont analysé les enregistrements médicaux des enfants âgés de 7 à 19 ans atteints d’une tumeur cérébrale, identifiés dans les registres de population. Les chercheurs ont eu des entrevues avec eux à propos de leur utilisation des téléphones portables. Ils ont aussi consulté les données provenant des opérateurs téléphoniques.

Cette étude, réalisée entre 2004 et 2008, comprenait des participants de Norvège, du Danemark, de Suède et de Suisse. Ils ont analysé les données de 352 malades atteints de cancer du cerveau, et 646 sujets de contrôle.

Les chercheurs ont découvert que les jeunes avec des tumeurs cérébrales n’étaient statistiquement pas plus susceptibles d’être utilisateurs de téléphones portables que les sujets utilisés comme contrôle (non atteints de cancers). Ils ont découvert que 265 (75,3%) des patients malades et 466 sujets contrôles (72,1%) ont rapporté avoir discuté via un portable plus de 20 fois avant que leur maladie (pour ceux qui ont été touchés) ait été diagnostiquée.

En outre, 194 malades (55%) et 329 sujets de contrôle (51%) ont rapporté avoir une utilisation régulière de leur téléphone portable. Cependant, dans un sous-ensemble des participants de l’étude tiré des données des opérateurs téléphoniques, le risque de tumeur du cerveau était associé au temps écoulé depuis la souscription de l’abonnement téléphonique (mais pas à la quantité d’utilisation). Aucun risque plus important de tumeurs n’a été observé pour les régions du cerveau les plus exposées au téléphone.

Les auteurs de conclure : "étant donné que nous n’avons pas trouvé de relation manifeste entre l’exposition et la réaction dans la plupart de ces analyses, les preuves disponibles ne confirment pas l’association causale entre l’utilisation des mobiles et les tumeurs du cerveau." Néanmoins, comme l’utilisation des portables chez les enfants et les ados est sur une tendance croissante depuis quelques années, cela oblige à suivre avec soin la tendance.

Boice et Taron ont conclu qu’il était rassurant de constater que les taux de cancers du cerveau dans la population en général, y compris chez les enfants et les adolescents, n’avaient pas changé ces 20 dernières années aux États-Unis et dans de nombreux autres pays malgré l’augmentation de l’utilisation des téléphones portables dans le monde depuis les années 1980.

Les chercheurs recommandent cependant de continuer à enregistrer les taux de fréquences des cancers dans la population, et qu’en même temps les individus qui angoissent sur le sujet envisagent d’autres alternatives comme utiliser des oreillettes ou un haut-parleur. Ils font également remarquer que les individus devraient prendre garde aux véritables risques des portables, en évitant de téléphoner en conduisant, car ce genre de distraction a clairement démontré avoir une incidence sur les risques d’accidents et de blessures.

- Champs électromagnétiques, environnement et santé. Anne Perrin, Martine Souques.


Références et notes :

[1] Mobile Phone Use and Brain Tumors in Children and Adolescents : A Multicenter Case–Control Study. Journal of The National Cancer Institute, 2011.

Ces articles pourraient aussi vous intéresser :

| | | Fil RSS | Contacts | Plan du Site | © 2019 - Charlatans.info |