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Une nouvelle discipline : la psychologie de la science

Le 26 octobre 2011

Vous avez déjà entendu parler de l’histoire des sciences, de la philosophie des sciences, peut-être même de la sociologie des sciences.

Mais qu’en est-il de la psychologie des sciences ? Dans un article publié dans le journal Current Directions in Psychological Science [1], le psychologue Gregory Feist, de l’Université de San José, argumente en disant qu’un domaine est tranquillement passé entre les gouttes ces dernières décennies, mais qu’il est prometteur à la fois pour la psychologie et pour la science.

"La science est une activité cognitive par définition : elle implique la personnalité, la créativité, les processus développementaux" dit Feist, tout ce qui touche donc à la psychologie de l’individu. Ainsi, qu’est-ce que la psychologie de la science ?" Dit simplement, écrit-il, c’est l’étude scientifique de la pensée et du comportement scientifique." La psychologie de la science ne concerne cependant pas seulement les scientifiques. Elle concerne la façon dont les enfants donnent un sens organisé au monde, ce qui comprend le talent et l’intérêt scientifique, ou son désintérêt croissant, et même le fait que certaines personnes embrassent la pseudoscience.

Passant en revue environ une douzaine d’articles, Feist mentionne des travaux de plusieurs sous-spécialités psychologiques. Les neuroscientifiques ont observé les corrélations cérébrales du raisonnement scientifique, découvrant, par exemple, que les individus portent plus d’attention aux données qui concordent avec leurs propres théories personnelles. Les psychologues du développement ont découvert que les nourrissons peuvent saisir des théories sur la façon dont le monde fonctionne. Ils ont aussi regardé les âges auxquels les petits enfants commencent à distinguer les théories des preuves.

Dans son analyse sur des processus tels que la résolution des problèmes, la mémoire et la créativité, la psychologie cognitive pourrait être la spécialité la plus mature dans sa relation avec la construction de la science. Les propres travaux de Feist dans ce domaine offrent certaines découvertes intrigantes. Dans des méta-analyses d’études sur la personnalité de l’intérêt scientifique et la créativité, il a mis en évidence une contradiction : les gens qui sont fortement intéressés par la science sont plus élevés que les autres en "conscience" (c’est-à-dire des caractéristiques telles que l’attention et la méticulosité) et plus faibles en "ouverture" à l’expérience. Tandis que la créativité scientifique est associée à moins de conscience et à une plus grande ouverture.

Feist croit qu’une nouvelle psychologie de la science est bonne pour la science, qui est devenue de plus en plus importante pour la société, la culture et l’économie. Les éducateurs ont besoin de comprendre les façons dont les enfants et les adolescents acquièrent les éléments nécessaires à l’enquête scientifique, dit-il, "et nous voulons encourager les enfants qui ont ce talent à le faire."

Mais la nouvelle sous-discipline est aussi bonne pour la psychologie. "Comme les autres disciplines, la psychologie se décompose en domaines de plus en plus petits qui sont isolés les uns des autres" dit-il. "La psychologie des sciences est l’une des quelques récentes disciplines qui suivent la tendance. Nous disons : ’regardons la personne entière dans tous les domaines psychologiques de base : cognition, développement, neuroscience, et intégrons-la dans un phénomène’. C’est une approche qui est inhabituelle de nos jours."

- The Psychology of Science and the Origins of the Scientific Mind. Gregory Feist.


Références et notes :

[1] Psychology of Science as a New Subdiscipline in Psychology, Gregory J. Feist. Current Directions in Psychological Science, vol. 20, 5 : pp. 330-334.

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