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Une nouvelle preuve pour l’homéopathie !

Le 4 novembre 2008

Le monde de l’homéopathie n’a pas rendu son dernier souffle. Il tente par tous les moyens de redorer son blason déjà bien usé. Cette fois-ci, c’est avec une publication critiquant l’étude du Lancet de 2005, étude qui avait rangé l’homéopathie au rang des placébos. Ce sursaut du "National Center for Homeopathy" ne doute de rien en intitulant son article "une nouvelle preuve pour l’homéopathie" (New evidence for homeopathy). Trop beau pour être vrai, le papier n’apporte aucune nouvelle preuve de l’efficacité de l’homéopathie, mais propose au lieu de cela une "ré-analyse" de la méta-analyse du Lancet.

En 2005, le Lancet a publié une méta-analyse des études sur l’homéopathie et les a comparées aux études réalisées en médecine, pour conclure que les preuves montraient que l’homéopathie n’était rien d’autre qu’un placébo. Cependant, cette méta-analyse souffre des mêmes maux que toutes les méta-analyses, elles sont seulement aussi exactes que la littérature qu’elles analysent, que le critère utilisé pour choisir les études, et que les techniques utilisées pour les combiner aux données. En général, une méta-analyse est une forme de preuve assez faible, et leurs performances sont assez médiocres pour ce qui est de prédire les essais cliniques définitifs.

Les revues systématiques sont plus dignes de confiance qu’une méta-analyse. Une revue regarde tous les modèles d’études publiées. Par exemple, elles examinent s’il y a des études de très bonne qualité, si les meilleures études tendent à être positives ou négatives, et s’il y a des résultats solides et répétés dans les études, pour les mêmes traitements concernant les mêmes conditions. Les revues systématiques des traitements homéopathiques ont été négatives, parce que la littérature est généralement négative. Par exemple, voici une revue de tous les traitements homéopathiques concernant les conditions infantiles qui conclut :

"Le niveau de preuve des études cliniques rigoureuses, pour tout type d’intervention thérapeutique ou préventif ayant testé l’homéopathie pour les douleurs chez les enfants et les adolescents, n’est pas assez convaincant pour recommander l’homéopathie pour n’importe quelle condition."

Ou prenons une seule affection, l’asthme :

"Il n’y a pas assez de preuve pour supposer un rôle crédible de l’homéopathie dans le traitement de l’asthme."

Il n’y a pas d’indication pour laquelle un remède homéopathique ait rassemblé suffisamment de preuves démontrant que celle-ci avait un effet physiologique quel qu’il soit. Rien de surprenant à cela quand on sait que la pratique repose sur un système magique pré-scientifique.

Les principes de l’homéopathie sont issus de la pensée magique dont 2 siècles de science ont montré toute l’absurdité. Le principe de similitude, par exemple, n’est qu’une expression de magie sympathique. Il n’y a aucune base scientifique là-dedans. La loi de l’infinitésimal établit que plus vous diluez un remède, plus celui-ci est puissant, en contradiction directe avec la chimie et la physique (pour ne pas dire le sens commun). Les remèdes homéopathiques ne contiennent (en général) aucun ingrédient actif. C’est de l’eau. Comment peuvent-ils dès lors marcher ? Rien d’étonnant à ce qu’ils ne fassent rien.

Étant donné l’absence de plausibilité et l’absence de preuves rassemblées démontrant son efficacité, l’homéopathie est une impasse scientifique. Elle survit seulement à cause d’une inertie culturelle, grâce à des praticiens dévoués, des croyants qui n’entendent pas grand chose à la science, des motivations financières et à des politiques de régulation et de contrôles inefficaces, voire une lâcheté des politiques.

La méta-analyse originale était intéressante en ce sens qu’elle tentait une nouvelle approche, afin de voir s’il y avait une différence entre les modèles de preuve dans la littérature homéopathique, et les modèles de preuve dans les études scientifiques. Il est vrai qu’une méta-analyse n’était sans doute pas la meilleure approche. Il y a trop de variables nouvelles pouvant biaiser l’interprétation.

C’est ce qui a ouvert la porte aux dévoués homéopathes, pour leur permettre de mettre en relief ces faiblesses, afin de faire croire que la médecine scientifique fausse les données vis-à-vis de l"homéopathie, alors que c’est le modèle scientifique de la médecine fondée sur les preuves (evidence-based medecine) qui réfute l’homéopathie. Cela permet en outre à ces mêmes homéopathes de réinterpréter les données, en les déclarant sans valeur et partiales contre l’homéopathie, ce qui autorise ses partisans à titrer de façon absurde leur communiqué de presse : "une nouvelle preuve pour l’homéopathie".

Cette stratégie, partagée avec la majorité des praticiens, adeptes et croyants dans les thérapies dites "alternatives", est bien connue. Elle s’évertue à discréditer la science en la dépeignant comme fausse et partiale, comme un système Occidental, culturellement hégémonique, à l’esprit borné et étroit, mais surtout seulement comme un autre système de croyance en faisant la part belle à un relativisme exacerbé.

- New evidence for homeopathy
- La vraie nature de l’homéopathie. Thomas Sandoz.
- Tempête sur l’homéopathie, Elie Arié et al.


Références et notes :

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