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Une "théorie de l’esprit" pour expliquer la croyance en Dieu

Le 11 mars 2009

Des scans indiquent qu’une fois que nous avons évolué avec l’architecture cérébrale nécessaire, nous pouvons "produire" de la religion.

La recherche montre que, pour interpréter les intentions et les sentiments d’un dieu, nous faisons principalement confiance dans les mêmes régions cérébrales qui devine les sentiments et les intentions des autres personnes.

"Nous nous sommes intéressés à localiser où les systèmes de la croyance sont représentés dans le cerveau, particulièrement ceux qui apparaissent être spécifiques aux humains, explique le chercheur Jordan Grafman du US National Institute of Neurological Disorders and Stroke de Bethesda dans le Maryland.

Les chercheurs ont trouvé que de telles croyances "illuminaient" les régions de notre cerveau qui ont le plus récemment évolué, comme celles impliquées dans l’imagination, la mémoire et la "théorie de l’esprit", i.e. la reconnaissance que d’autres personnes et êtres vivants peuvent avoir leurs propres pensées et intentions.

"Elles ne nous disent rien à propos de l’existence d’un être tel que Dieu" dit Grafman. "Elle nous expliquent seulement comment l’esprit et le cerveau fonctionnent en tandem pour nous permettre d’avoir des systèmes de croyance qui guident nos actions de tous les jours."

Eléments centraux

Dans leur étude [1], les chercheurs ont fait passer à 40 volontaires religieux des scans de leur cerveau via l’imagerie par résonance magnétique (IRM), en même temps qu’ils répondaient à des déclarations reflétant trois éléments principaux de leurs croyances. Pour chaque déclaration, ils devaient dire s’ils étaient d’accord ou non. Les volontaires étaient tous de religions monothéistes telles que Christianisme, Islam et Judaïsme.

En premier lieu, les volontaires devaient répondre à des déclarations à propos de l’intervention ou non de Dieu dans le monde, telles que "Dieu s’est retiré du monde."

A ce moment, l’activité cérébrale était principalement concentrée au niveau du lobe frontal latéral du cerveau où la théorie de l’esprit prend place, nous permettant d’interpréter les intentions des autres. Les régions sont reliées à des neurones miroirs nous permettant d’être empathique avec les autres individus.

En second, les volontaires méditaient sur des déclarations à propos des états émotionnels de dieu, comme "Dieu est courroucé". De nouveau, et comme les chercheurs l’avaient prédit, les régions activées étaient celles où la théorie de l’esprit nous permet de juger l’émotion des autres, comme les gyri (pluriel de gyrus) temporal moyenne et frontale.

Finalement, les volontaires ont écouté des déclarations reflétant le langage abstrait et l’imagerie de la religion, telles que "Jésus est le fils de dieu" ou "dieu ordonne de célébrer le Sabbat" ou encore "une résurrection aura lieu". Les volontaires "excitaient" des régions comme le gyrus temporal inférieur droit, qui décode les significations et abstractions métaphoriques.

Récemment évolués

Surtout, les régions du cerveau activées par les déclarations relatives aux croyances étaient celles utilisées pour les interprétations du monde plus ordinaires, de tous les jours, et les intentions des autres individus. Elles correspondent cependant aux parties qui ont évolué le plus récemment, et qui semblent donner aux êtres humains plus de discernement que les autres animaux.

"Nos résultats sont uniques pour ce qui est de démonter que les éléments spécifiques de la croyance religieuse sont négociés par des réseaux cérébraux bien connus, et confirment les théories psychologiques contemporaines qui posent la croyance religieuse à l’intérieur des fonctions cognitives adaptatives évoluées" expliquent les chercheurs.

"Il n’est pas surprenant que les croyances religieuses engagent principalement les régions de la théorie de l’esprit, en tant qu’elles sont concernées par les êtres virtuels qui sont traités comme ayant des traits essentiellement humains (anthropomorphisme), tout comme le sont les caractères dans un roman ou un jeu" commente Robin Dunbar, anthropologue de l’Université d’Oxford.

- Et l’homme créa les dieux. Pascal Boyer.
- La Biologie de Dieu : Comment les sciences du cerveau expliquent la religion et la foi. Patrick Jean-Baptiste.


Références et notes :

[1] Cognitive and neural foundations of religious belief . Proceedings of the National Academy of Sciences.

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