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Pseudosciences en chimie

L'eau polymérisée

Dans les années 1960, des comptes-rendus du laboratoire de deux scientifiques russes réputés, Fedyakin et Deryagin, semblaient révéler l'existence d'un quatrième état de l'eau, s'ajoutant à ses formes liquide, gazeuse et solide (lorsque gelée). Dans la précipitation à confirmer et à exploiter ce nouveau phénomène, un certain nombre de scientifiques laissèrent leur espoirs et leurs croyances troubler leur objectivité, plusieurs d'entre eux se comportèrent à ce moment là plus comme des pseudo-scientifiques. Ils s'arrangèrent pour confirmer cette existence et rapportèrent les étranges propriétés de cette "nouvelle" substance.

Des examens serrés et la reproduction des expériences corrigèrent finalement ces faux départs. Des analyses plus fines et plus prudentes révélèrent que le "nouveau" matériau n'était en fait qu'une forme subtile de contamination introduite par une partie de l'appareillage du laboratoire. La brèche initiale n'était qu'une erreur de bonne foi, et non pas de la pseudoscience, mais comme certaines réputations étaient menacées de se voir "ridiculisés" dans le débat s'ensuivant, quelques membres de la communauté scientifique ne voulurent pas se résigner à rejoindre l'avis de la profession. L'histoire de l'eau polymérisée est à la fois un cas de "science pathologique" et un bon exemple du fonctionnement d'un système corrigeant de telles erreurs. Chaque génération semble produire sa propre débâcle de ce type, l'histoire de la "fusion froide", dont il sera question plus loin, ou de la mémoire de l'eau, se classent dans les contributions littéraires de la génération actuelle.


Remèdes de charlatans et additifs bidons

Tandis que le fiasco de l'eau polymérisée a montré que même des scientifiques respectés pouvaient occasionnellement se comporter comme des pseudo-scientifiques, la majorité des pseudosciences viennent d'autodidactes qui croient avoir fait des découvertes remarquables qui seraient ignorées, voire étouffées, par un "establishement" borné et travaillant pour ses propres intérêts. Par exemple, il n'y a pas une année sans qu'un inventeur génial ne déclare avoir trouvé la formule de l'additif unique qui doublerait ou quadruplerait l'efficacité de la combustion des moteurs avec moins d'essence. L'histoire s'accompagne habituellement de déclarations selon lesquelles les grandes compagnies pétrolières persécuteraient ces découvreurs géniaux dans leur tentative desespérée de protéger leurs énormes profits. Etant donné l'habitude des consommateurs à entendre et à subir des campagnes de publicités vantant les mérites d'un "mieux vivre grace à la science", la plupart d'entre eux sont presque prêts à prendre n'importe quelle déclaration pour argent comptant. Ainsi, ils enrichissent des charlatans sans scrupules qui les amadouent par de belles déclarations de ce genre, jouant à la fois sur le côté écolo et économique de la formule.

De la même manière, dans notre société obsedée par la minceur et les régimes, un marché s'est développé pour toutes les pilules, remèdes ou crèmes "révolutionnaires" qui évacueront la graisse sans exercice ni remise en question. De façon analogue, les dernières trouvailles en matière d'antirides ou d'antiages fleurissent à côté des lotions et pilules miracles (nouvelle formule secrète venant d'un "nouveau monde" quelconque) contre la chute des cheveux. Il n'existe aucune preuve réelle que toutes ces panacées marchent, mais cela se vend tout de même sur la crédulité des clients et grâce au pouvoir attractif de la pseudoscience.