Menteurs, guignols et autres imposteurs


Les synchro-énergiseurs cérébraux, synchroniseur cérébral Les synchro-énergiseurs cérébraux

Par Barry Beyerstein

Bien que leur vie baigne déjà dans un environnement électrifié, de nombreuses personnes considèrent toujours l'électricité comme une force magique, d'autant plus lorsqu'ils apprennent que l'énergie électromagnétique, qui fait tourner leurs appareils favoris est présente partout, des confins de l'univers jusqu'au sein de leurs propres têtes. Parmi les éléments scientifiquement utilisés, les fréquences, attractions, ondes et champs évoqués par les ingénieurs électriques viennent se mêler aux "vibrations" et "plans" si chers aux penseurs occultes et magiques. Leurs incompréhensions récurrentes de l'électromagnétisme et de la neurophysiologie permet à ces "new-agers" de préserver leurs croyances dans les pouvoirs mystiques de l'esprit, tout en semblant se fondre dans la science du 21° siècle

En dépit des avancées des neurosciences, les enquêtes révèlent que la majorité de la population voit toujours la conscience dans les termes spirituels datant de l'ère pré-scientifique (résultat d'une enquête de grande ampleur de Self magazine en 1997). Étant donné les croyances anachroniques toujours en vigueur selon lesquelles la psychologie populaire serait toujours associée à quelque-chose ayant rapport à l'esprit, les discussions sur la conscience considèrent généralement le dualisme comme quelque-chose d'acquis (i.e. que les processus mentaux opèrent dans une monde non-physique, ethérique). Ceux qui déclarent pouvoir faire un pont entre la spiritualité et la science grâce à des gadgets électriques, promettent non seulement des bénéfices hic et nunc, mais aussi des avantages existentiels pérennes. Que peut-il y avoir de plus vendeur qu'un package promettant l'illumination spirituelle, agrémenté de bonus tels qu'une amélioration de la mémoire, de la motivation, de la concentration et de la capacité de raisonnement ? Et pourquoi ne pas y ajouter une réduction du stress, une relaxation accrue, une parfaite santé et un brin de béatitude transcendante pour la bonne mesure ? Tout ceci, les brochures multicolores l'affirment, attend ceux qui achèteront cet appareil, ou celui-là, pouvant déployer, libérer cette énergie mentale/spirituelle tout-puissante pour le plus grand bonheur et profit de tous. J'ai nommé les synchroniseurs (ou synchro-énergiseurs) cérébraux.

Les synchro-énergiseurs cérébraux, synchroniseur cérébral Les commerçants new-age, qui ne sont pas troublés outre mesure par la contradiction selon laquelle une ressource physique (l'électricité) puisse affecter des choses qu'ils considèrent comme non-physiques (la conscience "transpersonnelle" et la "puissance de l'esprit universel"), laissant facilement de côté de telles ergotages dans leur quête pour capitaliser la vénération du public envers l'électricité et les pouvoirs transcendants de l'esprit. Le résultat est un torrent de matériels vigoureusement étiquetés comme LE moyen d'atteindre des "niveaux de conscience plus élevés" (dont les dualistes new-age affirment qu'ils provoquent de nombreuses autres bonnes choses).

Les moyens utilisés pour soutenir le mysticisme, en contorsionnant la mécanique quantique, constituent à eux-seuls des best-sellers. Peut-être que l'histoire de l'appel aux neurosciences, à la sauce transcendante, est quant à elle bien moins connue, quoique toute aussi intéressante. Le psychiatre allemand Hans Berger (1873-1941) a adapté, en vue d'un usage humain, un appareil utilisé par les chercheurs pour enregistrer l'activité électrique des cerveaux animaux, parce qu'il pensait que cela révélerait un mécanisme pouvant rendre-compte des phénomènes psychiques. Berger nomma l'équipement qu'il avait développé elektrencephalogram1 (Berger, 1929) de façon à concilier ses croyances spirituelles avec la science. Au grand dam de ses collègues, il consacra une grande partie de son temps, quand il était Recteur de l'Université de Jena, à l'utilisation de l'EEG aux fins d'étude de la clairvoyance et de la télépathie. Dans une de ses dernières publications, Berger décrivit sa théorie sur l'explication de la propagation télépathique des pensées grâce au rayonnement des ondes cérébrales. Malheureusement, ces courants cérébraux fluctuants (un moment connus comme les "Rythmes Berger" ) obéissent à la loi de l'inverse du carré et à des niveaux infinitésimaux à seulement quelques millimètres du crâne.

Les synchro-énergiseurs cérébraux, synchroniseur cérébral L'électroencéphalographie dépassa ces souvenirs de jeunesse, pour devenir par la suite un outil très productif, à la fois dans la recherche et l'utilisation clinique. L'EEG était par conséquent sorti des marges de la science, cependant, les membres de la "contre culture" balayant le monde industrialisé dans les années 1960 (Frankel, 1973) s'intéressèrent aux ondes cérébrales afin de les marier à leur philosophie orientale mystique, les drogues psychédéliques et les états altérés de la conscience (Kamiya, 1969; Tart, 1969). Une fois encore, l'EEG et d'autres appareils d'enregistrement électrophysiologiques devinrent les véhicules préférés pour opérer un rapprochement entre la science et la spiritualité qu'Hans Berger recherchait si avidement. Ces notions gagnèrent en popularité quand des comptes-rendus commencèrent à circuler, parmi les pionniers du mouvement new-age, selon lesquels certaines personnes avaient réussit à contrôler et à déployer des fonctions physiologiques "surhumaines" via des techniques de yoga.

Bien que ces comptes-rendus fort enthousiastes, selon lesquels des adeptes spirituels auraient réussi à contrôler précisément certaines fonctions autonomes du corps humain, aient été reconnus comme très exagérés (Homes 1984, 1987; Druckman et Bjork 1991), il semblait que des "maîtres" pratiquant certaines techniques de méditation, aient montré des modifications intéressantes du rythme alpha2 lors de leur EEG, pendant qu'ils méditaient (Bagchi et Wenger 1957, Kasamatsu et Hirai 1966, Fenwick 1987). Des études sur des adeptes de la méditation rapportèrent que, au début de la session de méditation, leur rythme alpha tendait à augmenter en amplitude, et à ralentir graduellement pour atteindre une fréquence d'environ 1-3 Hz (ou cycles par seconde). Pendant que cela avait lieu, le rythme alpha, qui est habituellement plus proéminent dans les enregistrements réalisés à l'arrière de la tête, commençait à devenir plus important sur le versant frontal. Il semblait donc que des années de pratique avaient permis à ces fondus de méditation à apprendre à se concentrer et, pendant qu'ils méditaient, à ignorer les stimuli extérieurs ayant tendance à distraire les gens non entraînés et bloquent la production de leurs rythmes alpha.

Ici aussi, la confrérie des "développeurs de l'esprit" est rapidement tombée dans l'erreur logique en concluant que corrélation implique causalité. Ils embrassèrent très tôt le raisonnement non sequitur selon lequel l'abondance d'ondes alpha, pendant la méditation, signifiait que le rythme alpha dénotait un état de conscience spécial, qu'ils supposaient être équivalent fonctionnellement à tout ce que ces méditants expérimentaient. Les dévots élevèrent précipitamment cet unique état supposé au statut de "conscience alpha". Ils commencèrent à déclarer que l'entraînement alpha pouvait représenter un raccourci vers des bénéfices psychologiques et physiques, glorifiant la méditation (Beyerstein 1985). La publicité de l'époque suggérait que ces résultats pouvaient être atteints rapidement, et pour pas cher, par le moyen de cette merveille électronique du biofeedback (biorétroaction) alpha3, et ce faisant, éliminer le besoin d'une instruction philosophique fastidieuse et grande consommatrice de temps, nécessaire à tout ceux qui recherchent l'illumination spirituelle.



En fait, ces modifications de l'EEG ne sont pas spécifiques à la méditation, et ne peuvent pas être utilisées dans le but de certifier l'existence de quelques états mentaux particuliers qui soient. Les changements d'EEG, rapportés par les premiers chercheurs, indiquent généralement une moindre excitation corticale. Physiologiquement, ils ne sont pas spécifiques à la méditation et, en fait, sont justes logiques avec l'assoupissement qui accompagne le sommeil, tout comme ils le sont avec tout état de conscience spirituellement "élevé". De la même manière, pas plus que l'EEG pendant la méditation n'est distinguable de l'état "groggy" dans lequel on se trouve en s'endormant, cela ne nous oblige à conclure que l'expérience mentale à laquelle les méditants aspirent ne peut être discernable, agréable, ou même bénéfique de quelque façon qui soit (Neher 1990). Tout au plus, les adeptes de la méditation entraînés peuvent-ils se sentir différents pendant leur méditation, contrairement à l'endormissement.

L'industrie promouvant l'amélioration alpha n'a jamais été gênée outre mesure par de telles critiques académiques. Discrètement, des compagnies virent le jour, vendant des appareils de biorétroaction (biofeedback) alpha portables supposés informer les utilisateurs dès que leurs cerveaux produisaient des ondes alpha, ainsi peuvent-ils apprendre, par un conditionnement opérant, à maximiser la production d'ondes alpha, et ainsi à tirer les bénéfices si prisés d'une "conscience alpha". En plus de douter de la capacité de ces circuits électriques bon marché placés dans ces grossiers équipements de rétroaction (feedback), à pouvoir réellement donner des signaux EEG nettoyés de tout bruit électromagnétique qui pollue l'environnement urbain, la plupart des électrophysiologues ont un doute pour ce qui est de savoir si l'amélioration alpha est vraiment utile, même si toute cette machinerie pouvait fonctionner avec satisfaction (Beyerstein 1985).

Les synchro-énergiseurs cérébraux, synchroniseur cérébral Deux réflexions prudentes surgissent dans la tête des sceptiques, qui ont déjà vu et entendu les déclarations de ces "expansionnistes de l'esprit". Premièrement, la connaissance de la recherche en électrophysiologie les conduit à poser la question de savoir si toute sorte de disposition mentale unique pouvait être garantie quand, et seulement quand, les ondes alpha prédominent dans l'EEG. Deuxièmement, les spécialistes considèrent comme improbable que des bénéfices psychologiques et physiques s'amplifient simplement en cultivant leurs ondes alpha. Au regard de la première de ces réserves, Fenwick (1987, p. 105) faisait remarquer :

(…) les rythmes de l'EEG sont des indicateurs très "simples" de l'activité sous-jacente du cerveau. Ils sont le résultat de la synchronisation de grands ensembles de cellules, et ainsi, leur apparence reflète des processus régulateurs diffus qui ne sont pas spécifiques. Toute image d'EEG aura de multiples causes, et différents états (de conscience) peuvent conduire à des images d'EEG identiques. (…) Ainsi, extrapoler, à partir de rythmes d'EEG, des états mentaux spécifiques est à la fois hasardeux et aléatoire.

Outre le fait que les nouveaux enthousiastes des ondes cérébrales alpha aient échoué pour ce qui est d'inclure des groupes de contrôle appropriés durant leurs démonstrations de "conscience alpha", les sceptiques ne manqueront pas de rappeler aux fondus des ondes alpha plusieurs faits bien connus, provenant de la littérature sur les EEG, qui auraient dû les obliger à se poser des questions à propos de leur mission de départ (Beyerstein 1985). Par exemple, les espèces non humaines, qui ne pratiquent pas la méditation, ni n'aspirent à de hauts niveaux de conscience, produisent des ondes alpha. Richard Caton l'a démontré chez des chats dès 1875. De même que tout électroencéphalographe compétent, sait que la plupart des gens produisent des ondes alpha quand ils ferment simplement leur yeux et bloquent tout effort mental pénible.4

La plupart des mordus de la méditation répugneraient à concéder que méditer n'est rien d'autre que fermer les yeux, tout en restant assis dans un endroit paisible.

De plus, on sait depuis quelque temps qu'un certain pourcentage de la population produit un peu, ou pas du tout, d'ondes alpha dans certaines circonstances (Golla, Hutton & Walter 1943), et personne n'a été capable de montrer que, en tant que groupe, ils étaient ostensiblement dénués des qualités désirables attribuées aux grands producteurs d'ondes alpha par les vendeurs d'appareils. Même ceux, dans le mouvement potentiel humain, qui évitent les déclarations les plus grandioses sur la "conscience alpha" (telles que la croyance partagée que les ondes alpha seraient la porte menant vers des états transcendants extatiques ou des pouvoirs psychiques) et prétendent simplement que les ondes alpha sont un index de relaxation, sont gênés quand on les informe que les enfants ayant un déficit d'attention, ou hyperactifs, tendent à être d'excellents producteurs d'ondes alpha, et ce, malgré leur absence d'entraînement et leur moindre état d'esprit au repos (Grûnewald-Zuberbier et al. 1975, Beyerstein 1985). Fenwick (1987) achève de mettre à mort cette croyance en faisant remarquer que les ondes alpha sont souvent perçues lors des comas profonds, notamment avant la mort.

Le concept de "conscience alpha" pose encore plus de problèmes dès lors que des électroencéphalographes reproduisent les expériences et les mesures des pionniers, en employant cette fois des groupes de contrôles, évaluant la suggestion et les effets d'acquiescement. Finalement, il devint évident que les idées selon lesquelles les ondes alpha conditionnantes mèneraient vers état de béatitude transcendante, voire même aux plaisirs d'un bon bain chaud, ne sont, comme beaucoup de choses du panthéon new-age, que voeux pieux. Ce que les études avec groupes de contrôle ont démontré, c'est que la croyance que le biofeedback alpha est euphorisant est puissamment placebo (Plotkin & Rice 1981). Dans notre propre laboratoire et ailleurs, il a été trouvé que les gens qui étaient prédisposés à croire que les ondes alpha étaient un signe de bien-être méditatif, rapportaient vivre des expériences agréables, sans tenir compte de ce que donnait leur EEG. Nous avons trouvé que les volontaires qui ont acheté des produits pour stimuler les ondes alpha - i.e. que les ondes alpha pouvaient conduire à une extase méditative - rapportaient avec confiance des effets joviaux bien que, sans qu'ils le sachent, nous avions modifié le déclenchement de feedback, qui leur enseignait en fait de supprimer leur production d'ondes alpha, plutôt que de l'augmenter (Beyerstein 1985). L'apologie de l'entraînement feedback que nous leur avions donné étaient de bout en bout aussi exubérante que celle du groupe à qui avait été donné le feedback standard.

Un autre coup de massue sur le conditionnement alpha se fit jour quand des chercheurs montrèrent que l'augmentation apparente de la production alpha pendant leur parcours de feedback ne correspondait probablement pas du tout à une amélioration issue d'un apprentissage. Les doutes reposaient sur le fait de savoir si l'augmentation de la densité alpha pendant tout le temps passé sur un appareil de biofeedback correspondait véritablement à une augmentation conditionnée du rythme cérébral - ou bien plutôt à un reflet du fait que certains facteurs attentionnels (qui tendent à réduire les ondes alpha au début du processus de conditionnement) se dissipaient avec le temps. Des critiques comme Plotkin (1979) argumentaient en disant que le niveau typique dans la production d'ondes alpha, existant pendant une session de feedback avec les yeux ouverts, reflète simplement l'attention apportée aux stimuli extérieurs (une telle attention tend à bloquer les ondes alpha lorsque les gens font une première tentative d'exercices de biofeedback). Rappelons qu'il suffit à la plupart des gens de fermer les yeux et de réfréner tout effort mental pour produire plus d'ondes alpha. Ouvrir les yeux bloque le rythme alpha parce qu'ils ne peuvent, au début tout du moins, s'empêcher de faire attention aux stimuli s'imprégnant sur leur rétine.

Dans leurs (peut-on le dire ?) jours "grisants" d'ascendance alpha, on donnait aux gens un biofeedback alpha dans des conditions paisibles, quiètes et généralement monotones. Comme on pouvait s'y attendre, l'intérêt qu'ils portèrent à ce milieux ennuyeux tendait à décroître tandis que la session de biofeedback progressait. Comme ils portaient de moins en moins d'attention à ce qui se passait autour d'eux, il y avait une diminution correspondante de la tendance du rythme alpha à être bloqué, faisant croire que ces individus auraient appris à augmenter leur production. Des études mieux contrôlées ont fortement suggéré que l'augmentation apparente des ondes alpha les yeux fermés, n'étaient que des artefacts dus au fait que ces niveaux avaient été artificiellement réduits par une appréhension, par la nouveauté de la situation et une incapacité à faire table rase des stimuli locaux pendant les premiers moments de la session, quand les premiers enregistrements avaient lieu. Comme Plotkin et Rice (1981) le résumèrent dans leur recherche "il n'y a absolument aucune preuve publiée que l'augmentation de l'activité alpha, fréquemment perçue pendant l'entraînement alpha, ait jamais constitué un cas sans équivoque d'augmentation alpha effective rapportée aux niveaux d'avant l'entraînement biofeedback".

Les synchro-énergiseurs cérébraux, synchroniseur cérébral Le coup de grâce fut donné lorsque des chercheurs montrèrent que les gens pouvaient apprendre à produire d'abondantes quantités d'ondes alpha les yeux ouverts, dans des conditions normales, loin de l'extase. Dans une étude, les volontaires étaient menacés par de cruels chocs électriques s'il échouaient à augmenter leur production d'ondes alpha (Orne et Paskewitz 1974). Comme on peut le comprendre, ces conditions produisaient un état d'esprit anxieux et hostile, pour ne pas parler d'une excitation considérable. Néanmoins, ces stagiaires apprirent à contrôler les mouvements de leurs yeux, et leur attention visuelle, de façon à leur permettre de faire couler à flots les ondes alpha, et à éviter les chocs électriques. Ceci, malgré un état mental qu'on peut difficilement considérer comme proche du nirvana !

Au regard des prétendus bénéfices à long terme de l'exploitation d'une "conscience alpha" afin de réduire le stress, améliorer la concentration, etc., des recherches plus approfondies ont montré qu'augmenter la production d'ondes alpha en soi n'apporte aucune garantie de bénéfices de quelque sorte qui soit (Plotkin 1979, Plotkin et Rice 1981, Beyerstein 1985, 1990; Druckman et Bjork 1991).

Pendant un moment, il semblait que les appareils de biofeedback alpha retrouveraient une seconde jeunesse par un intérêt récent porté à une autre fréquence de l'électroencéphalogramme, le rythme thêta (4-7 Hz). Une fois encore, les mêmes objections se firent jour, et les bénéfices tant vantés d'une augmentation des ondes thêta connurent la même fin que les ondes alpha (Beyerstein 1990, Druckman et Bjork 1991). Ces révélations n'ont pourtant pas convaincu les détaillants à arrêter la vente de leurs (inutiles et coûteux) produits.

Tandis que la signification exacte des ondes alpha dans l'EEG reste sujet de débat parmi les meilleurs spécialistes en neurophysiologie, la plupart sont d'accord pour dire que la meilleure condition de leur présence est un faible état d'excitation, associé à une réduction du processus de la vision active (Perlini et Spanos 1991). Comme Mulholland et Peper (1971) l'ont dit, c'est le processus du regard, plutôt que celui impliqué dans la vue, qui est le plus préjudiciable dans la production d'ondes alpha. Dans la continuité de certaines stratégies méditatives, affectant ces processus attentionnels/visuels, il ne serait pas surprenant de trouver certaines corrélations entre les ondes alpha dans l'EEG et les comptes-rendus personnels, les témoignages privés, de méditations. Malheureusement, il échappe aux vendeurs d'appareils alpha qu'une telle corrélation n'implique pas plus que la production d'ondes alpha puisse produire un état méditatif spécial, qu'ouvrir un parapluie puisse faire venir la pluie.


A visiter :
- Les produits attrape-nigauds, fonds de commerce des charlatans
- Cerveau droit, cerveau gauche.
- Le cerveau fainéant
- Le cerveau à tous les niveaux

A lire:
- Comprendre notre cerveau, J.-M. Robert
- L'homme neuronal, J.-P. Changeux
- Biologie de la conscience, Gerard M. Edelman
- Cerveau droit-cerveau gauche, Lucien Israël
- Cerveau, sexe et pouvoir. C Vidal, D Benoit-Browaeys

Notes:
1- En français, électroencéphalogramme, ou EEG. Il s'agit d'un appareil de mesure sensible pouvant enregistrer les décharges électriques rythmiques de grands agrégats de cellules cérébrales, en disposant des électrodes sur le crâne, ou occasionnellement, en les insérant comme des aiguilles sous le crâne.
2- Les ondes alpha représentent l'activité rythmique dans une gamme de 6-13 Hz sur l'EEG. Elles sont plus proéminentes derrière la tête, au-dessus des régions du cerveau correspondant à la vue.
3- La promesse de base du biofeedback (biorétroaction) est qu'en utilisant ce détecteur électronique pour informer une personne de l'état d'une fonction physiologique, cela pourrait lui permettre de contrôler volontairement son processus corporel. Un tel contrôle, s'il était possible, pourrait être utile pour lutter contre le stress, se relaxer, voire soulager certaines conditions médicales. Les prédictions de la communauté favorable au biofeedback, stipulant que cela permettrait aux diabétiques d'apprendre à secréter de l'insuline, aux épileptiques d'inhiber leurs crises, et aux hypertendus de ralentir leur pression sanguine, manquent évidemment toutes cruellement d'éléments de preuve, d'études contrôlées et de résultats répliqués (Simkins 1982).
4- Le conditionnement alpha était supposé apprendre aux gens à produire des ondes alpha, tandis que leurs yeux restaient ouverts, ce que la plupart des gens ne peuvent pas faire spontanément, parce qu'ils ne peuvent pas réfréner leur attention aux stimuli extérieurs. Quoique aient pu faire les méditants entraînés, plusieurs semblent avoir acquis la possibilité d'éviter ce type de stimulation, et de maintenir leur concentration et leur production d'activité alpha.