Menteurs, guignols et autres imposteurs


L'élixir de vie est-il dans le thé vert ou dans le vin rouge ? L'élixir de vie est-il dans le thé vert
ou dans le vin rouge ?
William H. Baarschers

L'élixir de vie se trouve-il dans le thé vert ou dans le vin rouge ? Le thé vert, après avoir mariné dans une civilisation ancienne, a conquit l'Occident grâce à ses effets prétendus sur la santé. Le vin, tout particulièrement le vin rouge, est un nouveau venu sur la scène de la santé. Les feuilles de thé et les grappes de raisin rouge sont proclamées comme la voie menant vers une longue et saine vie. Les éléments de preuve ne sont pourtant pas bien convaincants.

Les infusions de feuilles de Camellia Sinensis sont utilisées en Chine depuis "des milliers d'années", parait-il découverts par l'empereur Shen-Nung en 2737 avant JC. Il aurait accidentellement laissé tomber quelques feuilles dans de l'eau bouillante, et le chaud breuvage lui aurait rendu la santé. Les buveurs de thé hors d'Asie ont une préférence marquée pour le thé noir, fait par torréfaction et fermentation des feuilles. Le thé contient de la caféine, qui stimule le système nerveux central. C'est aussi un diurétique et un stimulant respiratoire. L'affirmation selon laquelle une tasse de thé peut "vous remonter" repose donc sur des bases physiologiques réelles. Mais ceci est tout aussi vrai pour d'autres stimulants contenant de la caféine, comme le café et le cacao, mais le thé aime se prévaloir de cette romantique histoire d'un ancien empereur tâtonnant avec des feuilles de thé et de l'eau chaude.

A l'origine, le thé vert était devenu important à la santé pour les effets stimulants de la caféine. A l'époque, l'empereur ne connaissant rien des antioxydants. De nos jours, les antioxydants du thé, plus particulièrement le thé vert, sont déclarés comme étant protecteurs contre le cancer. Pourquoi cela ? Nonobstant l'important taux de fumeurs, les buveurs de thé Chinois ont un des taux de cancer du poumon les plus bas du monde.

Mais qu'en est-il des autres maladies cardiovasculaires mortelles ? La recherche sur le thé vert n'en fait pas mention du tout. Il semble seulement que nous devrions boire encore plus. Du vin rouge cette fois-ci, un autre breuvage riche en antioxydants. Ceci à cause du Paradoxe français (French Paradox). Les français auraient un régime riche en beurre et en fromages, comme le Camembert et le Brie, et selon un écrivain en nutrition connu, ils mangeraient peu ou pas du tout de légumes (Montignac 1998). Pourtant, les français ont un des taux de maladie de coeur les plus bas des pays Occidentaux. Apparemment, ce bien-nommé "Paradoxe français" s'expliquerait par l'habitude française de boire du vin pendant les repas (Renaud & de Lorgeril 1992).

Les antioxydants du vin se trouvent surtout dans la peau du raisin, mais seul le vin rouge est concerné. Pourtant, les antioxydants dans le thé vert sont chimiquement très proches des antioxydants du vin rouge. Ainsi, le véritable paradoxe est plutôt que les antioxydants dans le thé vert protégeraient spécifiquement les Chinois du cancer du poumon, tandis que d'autres, les petits frères antioxydants du vin rouge protégeraient spécifiquement les coeurs français ! Manifestement, nous devrions boire à la fois du thé vert et du vin rouge. Selon d'autres nutritionnistes, nous avons déjà besoin de trois verres de lait et six verres d'eau par jour. C'est ce qui donne sans doute toute sa valeur à l'expression : "être au régime liquide". Mais la question qui demeure est : les éléments de preuves sont-ils, eux, solides ?

Il n'y a pas de doutes sur les propriétés antioxydantes de certains constituants du thé vert, comme le Gallate Epigallocatechol-3 (EGCG). Comme beaucoup d'autres extraits de plantes, le thé vert inhibe la croissance des cellules cancéreuses en laboratoire et chez certains rongeurs, mais les études sur les êtres humains ne sont pas concluantes. En fait, une méta-analyse de quelques 30 études fait mention de plusieurs comptes-rendus associant la consommation de thé vert et une augmentation de l'incidence de certains cancers (Bushman 1998).

D'un autre côté, le Paradoxe français est devenu l'image d'Epinal du régime méditerranéen : riche en légumes contenant des antioxydants, tels que les choux et les tomates, les graisses insaturées comme l'huile d'olive et le vin (Matalas et al. 2001). Ce régime est supposé faire baisser l'incidence des accidents cardiovasculaires, et promouvoir la longévité. Le Paradoxe français fait donc entrer les bénéfices du vin rouge dans la doctrine nutritionnelle. Le resvératrol, principal antioxydant du vin rouge, pourrait même protéger contre le cancer (Jang et al. 1997), bien qu'il puisse aussi protéger contre l'artériosclérose (Wilson et al. 1996).

Tout comme dans le cas de la littérature sur le thé vert, il existe des divergences à propos de l'histoire sur le vin. Certains comptes-rendus font état d'une augmentation de l'activité antioxydante dans le sang après avoir consommé du vin rouge (Maxwell et al. 1994), tandis que d'autres suggèrent que c'est seulement à cause de l'alcool, indépendamment du type de breuvage (Klatsky et al. 1997). Ainsi, le paradoxe demeure. Ce qui est sûr, c'est que si les antioxydants protègent les Chinois du cancer du poumon, et les français des accidents cardiovasculaires, nous devrions nous attendre à ce que les Chinois aient aussi moins de maladies cardiaques, et que les Français aient moins de cancers du poumon. Et pourquoi Chinois et Français ne vivraient-ils pas plus longtemps que le reste du monde ?


Lire les chiffres dans les feuilles de thé.

Les experts dans le thé, le vin et le régime méditerranéen font souvent mention d'espérance de vie plus longues, et font des déclarations de longévités exceptionnelles. Ces chiffres peuvent être consultés et sont disponibles en plusieurs endroits. Les Nations Unies publient une grande quantité d'information sur plusieurs aspects de la vie humaine. La 48° Édition du Livre Démographique de Nations-Unies (1996) évoque les statistiques de mortalité.

Espérance de vie

Japon79.61
Suède 78.75
Canada 77.75
Grèce 77.60
France 76.85
U.K. 76.71
U.S.A. 75.70
Chine 68.67
% de la population des plus de 65 ans

PaysDonnées de 1990Estimations 2003
Suède1717.5
Grèce 1619
U.K. 1616.1
Japon 15.519
France 14.516
U.S.A 12.813
Canada 12.213
Chine 5.67
Malheureusement, les statistiques sur l'espérance de vie ne nous sont pas d'un grand secours. Le tableau 4 du livre nous donne l'espérance de vie des hommes et des femmes à la naissance. Prenons l'exemple de certains actuaires et les moyennes des chiffres pour les deux sexes, afin d'avoir une image moins complexe des données unisexes. Nous voyons que la Grèce et la France, toutes deux méditerranéennes, ne sortent pas particulièrement du lot des autres pays industrialisés. Les buveurs de thé Japonais sont en effet premiers, mais les buveurs de thé Chinois se placent bons derniers.

Bien entendu, l'espérance de vie à la naissance peut être confondue par la mortalité infantile. Cependant, si le thé vert et le vin rouge sont bons à la santé, les buveurs devraient vivre plus longtemps que les non buveurs. Le tableau 7 du livre des Nations-Unies contient les chiffres des populations totales par pays, et ceux des classes d'âge supérieures à 65 ans. Convertir ces nombres en pourcentages permet de faire une rapide comparaison sur quelques pays des habitants âgés de plus de 65 ans (tableau 2, données de 1990). Bien que les fractions de population des personnes les plus âgées puissent être confondues par les taux de natalité, le tableau 2 montre une tendance différente de celle des données sur l'espérance de vie.

Le Japon et la France, avec des taux d'espérance de vie élevés, se rangent dans la moyenne pour ce qui est de la population des plus de 65 ans, et la Grèce méditerranéenne est derrière la non méditerranéenne Suède. Au Canada et aux USA, la classe d'âge des plus des plus de 65 ans est plus basse. Peut-être mangent-il trop, ou peut-être conduisent-il trop vite ? Mais les Chinois sont de nouveau derrière.

Depuis que nous évoquons les différentes espérances et styles de vie, les données de références du livre des Nations-Unies considérées dataient du début des années 1990. Nous avons trouvé les mises à jour de 2003 de ces figures au Bureau de Référence de la Population. Malgré une pollution mondiale et de mauvaises habitudes alimentaires, toutes les espérances de vie ont augmenté de quelques années en un peu moins d'une décennie, et la cohorte des plus de 65 ans a crû dans tous les pays. On peut noter cependant une anomalie dans les chiffres de la tranche d'âge des plus de 65 ans en Grèce et au Japon qui bondissent à 19% de la population, bousculant la Suède de sa place de leader. Peut-être ces derniers sont-ils dus à des améliorations sur une décennie, ou seulement à des anomalies dans la collecte ou le rapport des données, cela n'est pas très clair.

Quelques soient les bénéfices du vin rouge et du thé vert, nous ne trouvons aucun chiffre convaincant montrant que la longévité en fait partie. Cependant, il y a d'autres chiffres utiles. Le livre des Nations-Unies montre des taux de mortalité par causes dans son tableau 29. La Chine n'y est pas, mais il y a une autre source d'information pour ce pays. Bien entendu, le taux de mortalité dû à une maladie donnée n'est pas le même que celui de l'incidence, la fréquence réelle, de cette maladie. En l'appliquant au thé vert, le taux de mortalité dû au cancer du poumon au Japon, à 34,8 pour 100 000, est plus important qu'en Israel et Suède, et juste en dessous de celui de la Finlande et de la Norvège.

Un rapport fait la lumière au sujet du cancer du poumon en Chine. Dans les pays industrialisés, le tabagisme chez les hommes augmente fortement au début du 20° siècle, se stabilisant dans les années 1950. Les décès directement attribuables au tabac commencèrent à augmenter après le milieu du siècle, et atteignirent un plateau dans les années 1990. Ainsi, un délai de plusieurs décennies sépare une augmentation de consommation de tabac des décès dus au tabagisme. Le nombre de fumeurs, chez les hommes chinois, a commencé à croître de façon importante après 1952, pour atteindre les niveaux que l'on connaît actuellement en 1996. En appliquant un délai similaire, les décès à cause du tabagisme en Chine toucheront des niveaux significativement élevés seulement vers 2030. La mortalité masculine chinoise directement attribuable au tabac, aux alentours de 12% en 1990, est attendue à environ 33% en 2030 (Liu et al. 1998). Il est clair que l'idée selon laquelle la Chine et le Japon ont les taux de cancer du poumon les plus bas du monde industrialisé, à cause de leurs habitudes de consommation de thé, est complètement décalée face à ces statistiques.



Dans ce même tableau 29 des taux de mortalité, les causes de décès sont identifiés par plusieurs douzaines de codes internationaux, comme par exemple AM29 pour "infarctus du myocarde", et AM30 pour "autres maladies cardiovasculaires". Une analyse de ces chiffres montre en effet, que les taux de mortalité dus aux maladies cardiovasculaires en France et en Espagne sont les plus bas du monde occidental, et encore plus bas au Japon. La Grèce se classe parmi des pays non méditerranéens comme la Belgique, mais bien en dessous des pays du Nord de l'Europe. Les coeurs méditerranéens et japonais semblent être en phase, mais leurs artères ne le sont pas. Le même tableau du livre des Nations-Unies montre que la France et la Grèce se classent parmi les taux les plus élevés de décès pour cause de maladie circulatoire.

A la fin, une comparaison des taux de décès toutes causes dissout l'exagération sur le vin rouge dans les autres causes de décès. Curieusement, la France a aussi le 3° taux de mortalité dû aux maladies de foie, après l'Allemagne et l'Espagne. L'alcool est un poison pour le foie, et boire plus de trois verres par jour augmente considérablement les risques de cancer. Peut-être l'alcool à chaque repas, qu'il s'agisse de vin en France ou de bière en Allemagne, n'est pas une si bonne idée après tout.


Autres explications

Certaines données semblent soutenir les déclarations selon lesquelles les japonais ont en moyenne la plus importante espérance de vie des pays industriels, bien que ces déclarations semblent ne reposer que sur une comparaison des chiffres (Kobayashi 1992). Les pays méditerranéens ont aussi des taux de mortalité totaux plus bas que les Scandinaves, bien que ces taux soient toujours plus bas au Japon, au Canada et en Australie. Cependant, d'autres observations intéressantes offrent des explications plus plausibles que ces histoires de vin et de thé. Les chercheurs anglais proposent une explication simple du paradoxe français. La consommation de graisses animales, cause majeure de maladies cardiovasculaires, a substantiellement augmenté en France entre 1965 et 1988. Leur étude montre un retard considérable dans le temps entre sa consommation à long terme et le début des agressions de l'artériosclérose. Ils expliquent le bas taux actuel de maladies de coeur en France par un simple phénomène de décalage, et prédisent que ce taux augmentera dans la décennie à venir (Law & Wald 1999). Une augmentation identique dans la consommation de graisses animales a eu lieu en d'autres pays méditerranéens (Serra-Majem et al. 1995, Matalas et al. 2001). L'histoire n'est pas différente de celle de la cigarette en Chine. En clair, le régime méditerranéen est en train de changer. De nouveau, la preuve viendra des années à venir.

Les espagnols étudièrent aussi le régime et les maladies cardiovasculaires de leur pays. Ils arrivèrent, de façon surprenante, à la conclusion, eux aussi, d'un paradoxe Espagnol (Serra-Majem et al. 1995). Ce compte-rendu ne provoqua pas la même agitation que le paradoxe français, peut-être parce qu'il manquait aux Espagnols tout le charme du vin rouge. Leurs résultats "paradoxaux" montraient une baisse de la mortalité due aux maladies cardiovasculaires depuis le milieu des années 1970. Pourtant, durant les deux décennies de référence, les Espagnols avaient dramatiquement augmenté leur consommation de viande, de gras et produits laitiers. Ils avaient aussi diminué leur consommation d'huile d'olive, pour la remplacer par des huiles bon marché. Les chercheurs ne pouvaient pas se servir du prétexte du vin rouge pour expliquer leur paradoxe, étant donné qu'entre 1975 et 1995 la consommation de vin avait baissé de près de 50%. Ces observations contrastent nettement avec la vision populaire du régime méditerranéen. Ce rapport se conclut par la suggestion que le régime, bien que important, n'est probablement pas aussi important que d'autres facteurs à l'oeuvre en Espagne, et ailleurs, tels que des moyens médicaux en amélioration constante, une campagne anti-tabac agressive et l'augmentation du recours à l'aspirine en tant que diluant sanguin préventif.

Et puis, il y a l'histoire d'un gène sur le chromosome 19, qui code une protéine appelée apolipoprotéine E. Lorsque cette apolipoprotéine s'associe au cholestérol et aux acides gras, cela forme les lipoprotéines de haute et basse densité (HDL et LDL) qui contrôlent le transport des graisses dans notre sang. Les variations héritées dans ce gène produisent différentes formes d'apolipoprotéine E. Une variante appelée E3 est plus efficace dans le transport des graisses que d'autres variantes nommées E4. Si vos parents vous transmettent la variante E3, vous pourrez mieux éliminer les graisses, et vos risques de maladies cardiovasculaires seront plus bas que si vous êtes né avec le gène du E4. Très peu d'auteurs de livres de diététique évoquent cette importante influence de la génétique (Matalas et al. 2001).

Le gradient de la fréquence de distribution de ces variantes génétiques à travers l'Europe est presque semblable aux isobares d'une carte météo, avec les E3 surtout dominants dans le sud de l'Europe, près de la Méditérranée, et le E4 davantage répartit dans le Nord (Lucotte et al. 1997). Lorsqu'il s'agit de maladies cardiovasculaires et de métabolisme des graisses, les Européens du Sud ont un avantage génétique. En effet, les maladies cardiovasculaires sont moins courantes dans la région méditerranéenne. Qu'il s'agisse de leur régime ou de leurs gènes, nous ne savons pas. Peut-être les méditerranéens sont-ils seulement à quelques décennies de détruire leurs saines habitudes alimentaires ?

Un effet identique, caché dans le passé génétique de l'évolution humaine, pourrait aussi expliquer la longévité japonaise. Dans une étude japonaise, il a été trouvé qu'une mutation dans l'ADN mitochondrial, qui pourrait être reliée à la longévité, est relativement rare dans la population mondiale, mais se produit dans à peu près la moitié de la population du Japon. La longévité japonaise, si elle est réelle, pourrait donc plus avoir de rapport avec un caprice génétique qu'avec le régime (Tanaka et al. 1998).

Ainsi, tandis que le thé vert se cache toujours dans le brouillard de l'incertitude, ce pourrait être une bonne idée de l'accrocher au rang des vieilleries. Il existe des indications précises selon lesquelles une consommation modérée d'alcool, quel qu'il soit, tous les jours, peut réduire les risques de maladies cardiovasculaires, bien que les preuves en faveur du vin rouge seul restent insaisissables (German and Walzem 2000). Le régime méditerranéen, vidé du paradoxe français, possède différents bénéfices pour la santé, à la fois pour ce qui est de l'après cancer (De Lorgeril et al. 1998), qu'à la suite d'une première attaque cardiaque (Matalas et al. 2001).

En fait, il existe peu de preuves faisant du thé vert une boisson anti-cancer. Et ce qui arrive à nos coeurs pourrait être plus une conséquence de nos gènes que du vin rouge. Néanmoins, garder de bonnes habitudes en matière de boisson reste une bonne idée.


A visiter :
- Green Tea Consumption and Mortality Due to Cardiovascular Disease, Cancer, and All Causes in Japan. JAMA. 2006;296:1255-1265.
- Mythes et réalités du fameux paradoxe français alimentaire
- Alcohol and ischaemic heart disease: probably no free lunch. The Lancet 2005; 366:1911-1912
- Le thé vert ne réduit pas les risques cardiovasculaires

Références :
- Bushman, J. L. 1998. Green tea and cancer in humans: A review of the literature. Nutrition and Cancer 31 (3): 151-159.
- De Lorgeril, M., et al. 1998. Mediterranean dietary pattern in a randomized trial: prolonged survival and possible reduced cancer rate. Archives of Internal Medicine 158(11):1181-7.
- German, J. B., and R. L. Walzem. 2000. The health benefits of wine. Annual Reviews of Nutrition 20:561-93.
- Jang, M., et al. 1997. Cancer chemopreventive activity of resveratrol, a natural product derived from grapes. Science 275:218-220.
- Klatsky, A. L., et al. 1997. Red wine, white wine, liquor, beer, and risk for coronary artery disease hospitalization. American Journal of Cardiology 80(4):416-20.
- Kobayashi, S. 1992. A scientific basis for the longevity of Japanese in relation to diet and nutrition. Nutrition Reviews 50(12):353-354.
- Law, M., and N. Wald. 1999. Why heart disease mortality is low in France: the time lag explanation. British Medical Journal 318:471-80.
- Liu, B. Q., et al. 1998. Emerging tobacco hazards in China: Part 1. Retrospective proportional mortality study on one million deaths. British Medical Journal 317:1411-22. Part 2. Early mortality results from a prospective study. Ibid.: 1423-4.
- Lucotte, G., et al. 1997. Pattern of gradient of apolipoprotein E allele 4 frequencies in Western Europe. Human Biology 69(2):253-262.
- Matalas, A. L., et al. Eds. 2001. The Mediterranean diet: constituents and health promotion, Boca Raton: CRC Press.
- Maxwell, S., et al. 1994. Red wine and antioxidant activity in serum. Lancet 344:193-4.
- Montignac, M., 1999. Eat Yourself Slim. Baltimore: Erica House, p.120.
- Renaud, S. and M. de Lorgeril. 1992. Wine, alcohol, platelets, and the French paradox for coronary heart disease. The Lancet 339:1523-6.
- Serra-Majem, L., et al. 1995. How could changes in diet explain changes in coronary heart disease mortality in Spain? The Spanish Paradox. American Journal of Clinical Nutrition 61 (Suppl.): 1351S-9S.
- Tanaka, M., et al. 1998. Mitochondrial genotype associated with longevity. Lancet 351 (9097): 185-6.
- United Nations Demographic Yearbook, 48th Issue, 1996. Special issue on mortality statistics.
- Wilson, T., et al. 1996. Resveratrol promotes atherosclerosis in hypercholesterolemic rabbits. Life Sciences 59(1):15-21.

* William H. Baarschers est professeur émerite de chimie à l'Université de Lakehead, Ontario.