Le Zinc

Le zinc est aussi à la mode, comme d'autres éléments minéraux tel que le magnésium, c'est pourquoi les industries alimentaires le mettent à toutes les sauces et les charlatans dans toutes les gélules que ce soit pour chasser l'anémie ou faire repousser le poil. Avons-nous tant besoin de zinc que l'on veut nous pousser à ce point à en ingurgiter ? Une prise supplémentaire de zinc est-elle nécessaire et surtout utile et efficace ? Rien n'est moins sûr.


Qu'est-ce que le zinc ?

Le zinc est un oligoélément essentiel que l'on trouve dans pratiquement chaque cellule. Il stimule l'activité d'approximativement 100 enzymes, qui sont des substances permettant de nombreuses réactions biochimiques dans le corps. Le zinc permet un bon fonctionnement du système immunitaire, est utile pour la guérison des blessures, la cicatrisation, aide à conserver les sens du goût et de l'odorat et est nécessaire dans la synthèse de l'ADN. Le zinc permet également au développement normal et à la croissance pendant la grossesse, l'enfance et l'adolescence.


Quels aliments apportent du zinc ?

On trouve du zinc dans une grande variété d'aliments. Les huîtres contiennent plus de zinc par portion que n'importe quel aliment, mais la viande rouge et la volaille apportent la majorité du zinc de l'alimentation occidentale. Il y a d'autres bonnes sources de zinc comprenant les haricots, les noix, certains fruits de mer, les céréales complètes et les produits laitiers. L'absorption de zinc est plus importante dans un régime comprenant beaucoup de protéines animales que dans une alimentation riche en protéines végétales. Les phytates, que l'on trouve dans le pain complet, les céréales, les légumes et d'autres produits, peuvent provoquer une réduction de l'absorption de zinc.


Quelle quantité de zinc est nécessaire ?

L'apport journalier recommandé (AJR) est le niveau de consommation nécessaire et suffisant pour pratiquement chaque individu (97-98%) en bonne santé. Pour les nourrissons de 0 à 6 mois, la consommation adéquate s'élève à 2 milligrammes (mg) par jour. En 2001, les quantités nécessaires et utiles s'élevaient à :


Age
Nourrissons et enfants
Hommes
Femmes
 Grossesse
 Allaitement
7 mois à 3 ans
3 mg
 
 
 
 
4 à 8 ans
5 mg
 
 
 
 
9 à 13 ans
8 mg
 
 
 
 
14 à 18 ans
 
11 mg
9 mg
13 mg
14 mg
19 ans et +
 
11 mg
8 mg
11 mg
12 mg


Quand est-ce qu'un déficit en zinc peut survenir ?

Une déficience en zinc survient le plus souvent quand sa consommation est insuffisante ou qu'il est mal assimilé, lorsque les pertes en zinc du corps augmentent ou lorsque les besoins augmentent. Les signes d'une déficience sont un retard de croissance, une perte des cheveux (bien que cela ne signifie pas que prendre du zinc en supplément/complément réduise l'alopécie, les personnes chauves ayant un apport suffisant en zinc dans leur alimentation, leur alopécie est due à tout autre chose), des diarrhées, une maturation sexuelle retardée et l'impuissance, des lésions oculaires ou de la peau et une perte de l'appétit. Il existe aussi des preuves comme quoi la perte de poids, un retard dans la cicatrisation des blessures, une altération du goût et une léthargie mentale, peuvent se produire. Bien que plusieurs de ces symptômes soient généraux et associés à d'autres conditions physiques, cela ne présuppose pas forcément qu'ils soient dus à une déficience en zinc. Il est, comme toujours, utile de consulter un médecin dans ce cas.


Qui pourrait avoir besoin d'un apport supplémentaire en zinc ?

Il n'existe pas d'examen étalon permettant de mesurer l'état nutritionnel en zinc d'un individu. Les médecins qui suspectent une déficience considéreront des facteurs à risques tels qu'une consommation calorique insuffisante, l'alcoolisme, des maladies digestives et des symptômes tels qu'un retard de croissance chez les nourrissons et les enfants, et décideront de la nécessité d'un apport supplémentaire en zinc. Les végétariens pourraient avoir besoin de 50% de plus de zinc que les non-végétariens du fait de sa faible absorption à cause de la nourriture à base de végétaux, ainsi il est très important pour eux d'inclure, dans leur régime, de bonnes sources de zinc.

Une déficience maternelle en zinc peut retarder la croissance du foetus. Un apport supplémentaire augmentera le taux de croissance chez certains enfants faisant preuve d'un développement lent ou défaillant et qui sont donc en manque. Le lait maternel ne fournissant pas la quantité recommandée en zinc nécessaire pour les enfants âgés de 7 à 12 mois, les enfants de cet âge, encore nourris au sein, doivent en plus consommer des aliments appropriés à leur âge contenant du zinc. Les pédiatres peuvent parfois recommander un apport supplémentaire dans ces cas là. L'allaitement peut également épuiser les réserves de zinc à cause des besoins importants pour la mère pendant cette période. Il est très important pour les mamans qui allaitent d'inclure dans leur alimentation de bonnes sources de zinc dans leur régime quotidien et pour les femmes enceintes de suivre les recommandations de leur docteur dans leur prise de suppléments.

Une déficience en zinc a été observée chez 30% à 50% des alcooliques. L'alcool fait baisser l'assimilation de zinc par le corps et augmente les pertes dans les urines. En outre, beaucoup d'alcooliques ne mangent pas une grande variété d'aliments, leur quantité de zinc peut en souffrir et se révéler insuffisante.

Les diarrhées ont pour conséquence une perte de zinc. Les individus qui ont subit une opération chirurgicale gastro-intestinale ou ont des problèmes digestifs causant une malabsorption, la sprue, la maladie de Crohn et le syndrome du petit intestin, sont des sujets à risques. Les personnes qui ont une diarrhée chronique doivent s'assurer que leur apport en zinc dans leur alimentation est suffisante, et peuvent dans ce cas avoir besoin d'un apport supplémentaire.

Pour le reste de la population occidentale mangeant normalement, un apport supplémentaire en zinc est totalement inutile dès lors qu'une déficience n'a pas été établie. Ce n'est pas parce qu'une déficience provoque l'impuissance qu'un apport supplémentaire fera de vous un étalon, ni d'un chauve une boule de poil comme le stipulent les charlatans capillaires dans leurs produits ou gélules dont le but est surtout de faire vendre, ni fera de vous un géant costaud. Ces derniers se servent de ce qu'une déficience provoque pour en induire une réaction qui n'existe pas chez ceux qui n'en manquent pas, les causes de leur symptôme isolé (alors qu'une réelle déficience en zinc provoque un ensemble de symptômes) pouvant se situer ailleurs, et une supplémentation en zinc ne viendra rien régler.


Polémiques et problèmes à propos du zinc

Le zinc, infections et cicatrisation

Le système immunitaire est affecté négativement par une déficience même modérée de zinc. Une sévère déficience fragilise les fonctions immunitaires. Le zinc est nécessaire dans le développement et l'activation des lymphocytes-T, globules blancs qui aident à combattre l'infection. Lorsque des suppléments de zinc sont donnés à des individus qui ont de bas niveaux, le nombre de cellules lymphocytes-T circulant dans le sang augmente et la capacité des lymphocytes à combattre les infections s'améliore. Des études ont montré que les enfants sous-alimentés d'Inde, d'Afrique, d'Amérique du Sud et d'Asie du Sud-Est réduisaient leur période de diarrhée infectieuse après avoir pris des suppléments de zinc. Les quantités de zinc données dans ces études vont de 4 mg à 40 mg par jour et furent données sous diverses formes (acétate de zinc, gluconate de zinc ou sulfate de zinc). Les suppléments sont souvent donnés pour aider à la guérison des ulcères de la peau ou des escarres, mais ils n'augmentent pas les taux de guérison ou de cicatrisation lorsque les taux de zinc sont normaux.

Le zinc et le rhume

L'effet des traitements au zinc sur la sévérité et la durée des symptômes dus au rhume est controversé. Une étude réalisée sur plus de 100 employés d'une clinique de Cleveland aux USA indique que des pastilles de zinc réduisirent la durée du rhume de moitié, bien qu'aucune différence de durée ne fut observée lors de fièvres, ni pour ce qui est des douleurs musculaires. D'autres recherches examinèrent les effets des suppléments de zinc sur la durée et la sévérité du rhume sur plus de 400 sujets randomisés. Dans leur première étude, un virus fut utilisé pour produire des symptômes identiques à celui du rhume. La durée de la maladie était significativement plus courte dans le groupe ayant reçu des pastilles de gluconate de zinc (apportant 13,3 mg de zinc) mais pas dans le groupe ayant reçu des pastilles d'acétate de zinc (fournissant 5 ou 11,5 mg de zinc). Cependant, aucune des préparations de zinc n'affectèrent la sévérité des symptômes du rhume dans les 3 premiers jours de traitement.

Dans la seconde étude, qui examinait les effets de suppléments de zinc sur la durée et la sévérité d'un rhume "naturel" (non produit), aucune différence ne fut observée entre les individus ayant reçu du zinc et ceux ayant absorbé un placebo (pilules de sucre). Des recherches récentes suggèrent que l'effet du zinc pourrait se voir influencé par la capacité de la formule de supplément spécifique à libérer des ions de zinc dans la muqueuse buccale. De plus amples recherches seront nécessaires pour déterminer si les composés de zinc ont, ou non, un réel effet sur le rhume.

Zinc et absorption de fer

L'anémie due à une déficience en fer est considérée comme un grave problème de santé publique dans le monde de nos jours. Des programmes de prise de fer furent développés pour prévenir cette déficience, et ils ont été crédités d'une amélioration du taux de fer chez des millions de femmes, de nourrissons et d'enfants. Certains chercheurs se sont interrogés sur les effets de la prise de fer sur l'assimilation d'autres éléments nutritifs, y compris le zinc. La prise d'aliments riches en fer n'affecte pas significativement l'absorption de zinc. Cependant, de grandes quantités de fer prises en suppléments (plus de 25 mg) peuvent réduire l'assimilation du zinc, comme peuvent le faire les solutions contenant du fer.


Quels sont les risques à prendre trop de zinc ?

La toxicité du zinc n'est plus à démontrer. Des prises de 150 à 450 mg de zinc par jour ont été associées à de bas taux de cuivre, une modification du rôle du fer, une réduction des fonctions immunitaires et des taux de HDL - les lipoprotéines haute densité (le bon cholestérol). Un cas de sévères nausées et de vomissements pendant 30 minutes a été rapporté après que la personne ait absorbé 4 grammes de gluconate de zinc. En 2001 des niveaux maximum tolérés par l'organisme on été établis. Ces niveaux à ne pas dépasser ne concernent évidemment pas les personnes recevant du zinc en tant que traitement médical, mais il est important pour eux de rester sous surveillance médicale afin de déceler le moindre effet secondaire :


Age
Nourrissons et enfants
Hommes et femmes
 Grossesse et Allaitement
0 à 6 mois
4 mg
 
 
 
 
7 à 12 mois
5 mg
 
 
 
 
1 à 3 ans
7 mg
 
 
 
 
4 à 8 ans
12 mg
 
 
 
 
9 à 13 ans
23 mg
 
 
 
 
14 à 18 ans
34 mg
 
 
34 mg
19 ans et +
 
40 mg
40 mg

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