Le créationnisme sous la Coupole ?
Autopsie d’une imposture

par Valérie LÉCUYER

Les notes aux Comptes Rendus de l'Académie des Sciences et le prétendu parrainage académique

Notre lecture des notes aux CRAS (cf. note 13) n'a pas pour seul objet d'évaluer leur contenu scientifique mais aussi de juger si, au plan de la logique, elles contiennent (comme le laisse entendre M. Berthault) des "découvertes révolutionnaires" en rapport avec sa thèse créationniste et capables de l'étayer. Si les deux notes traitent du même sujet, la formation des "lamines" en laboratoire, elles diffèrent grandement dans leurs conclusions. En effet, la seconde note (1988), loin de corroborer, compléter, conforter la première, comme on nous incite à le penser, la dément et l'invalide, au contraire, sur tous les points essentiels. Les conditions d'expérimentation furent aussi notoirement différentes. En effet, les expériences relatées dans la première note (1986) avaient été effectuées par M. Berthault lui-même, dans "le laboratoire de son entreprise qui disposait des moyens nécessaires". Celles de 1988 furent effectuées à l'Institut de mécanique des fluides de Marseille, par trois spécialistes hautement qualifiés (14). L'analyse très détaillée du texte des notes ne peut être produite ici : nous en dégagerons les traits saillants et les conclusions. Le principe des expériences est simple : disons qu'elles consistent toutes à verser des sables ou des poudres hétéro-granulaires de diverses roches dans des éprouvettes remplies d'eau (avec ou sans courant), en faisant varier certains paramètres (vitesses, calibres, débit, hauteurs de chute, etc.) pour en mesurer les effets sur le dépôt des mélanges versés dans une éprouvette.


La première note (1986) : Les grandes découvertes. Objectif énoncé et dessein caché.

L'auteur de cette note présente son objectif en ces termes :

"Je me suis demandé si la présence d'un courant était indispensable à la formation des lamines et si celles-ci ne pouvaient pas également résulter d'une sédimentation continue en eau calme et non pas d'un dépôt couche par couche."

On devine d'emblée, par transparence, que, sous le propos technique, apparemment neutre et impavide, se dissimule une sourde déclaration de guerre au principe de superposition "couche par couche" : étant à la base de la géologie chronologique, ce principe est en effet le pire ennemi de la géologie selon la Bible. La formule "et non d'un dépôt couche par couche" revient comme un refrain dans cette note et si le principe luimême n'y est jamais énoncé (quoique tout s'articule implicitement contre et autour de lui), c'est que l'auteur, cachant ses batteries, laisse au lecteur le soin de formuler lui-même ce que M. Millot appelle "un contresens énorme". Ces sortes de muettes implications sont un des procédés élémentaires de manipulation.

Néanmoins, l'objectif annoncé concerne bien la lamination en eau calme (note aux CRAS, p.1569, ligne 32). Or, chose stupéfiante, la mention de "l'eau calme" ne va plus apparaître du tout, ni durant les trois expériences qui lui sont expressément consacrées (ibid., lignes 36 à 60) ni même dans la conclusion de ces expériences (ibid., lignes 60 à 63). La question initiale va donc demeurer sans réponse et, par escamotage, c'est une notion nouvelle qui va s'introduire par surprise, dans la conclusion que voici :

"Telle est la genèse de cette lamination qui résulte bien (15) de la ségrégation des particules de même calibre, au sein du mélange déposé. Il s'agit d'un granoclassement dans le dépôt lui-même, après qu'il fut sédimenté, et non d'une superposition de couches (ibid., p.1577, lignes 60-63)."

Etonnant, non ? La conclusion semble s'être trompée de page, tant elle est parachutée: on attendait "l'eau calme" et c'est la "ségrégation des particules" "après dépôt" qui débarque sans crier gare ! Grâce à ce joli tour de passe-passe, on nous fait avaler comme une notion déjà acquise (résulte bien !) une réponse (non démontrée) à une autre question (qui n'a pas été posée). Et de "l'eau calme", plus de nouvelles ! En effet : la première expérience s'est faite "à sec", et les deux autres dans une éprouvette de deux litres d'eau, sans qu'aucun fait expérimental ait permis d'établir si l'eau était calme ou non (l'absence de courant n'excluant pas l'intervention d'autres causes éventuelles d'agitation d'une eau dans laquelle on déverse, en continu, 400 grammes de sédiments).

Mais la question de l'agitation n'est même pas posée : on vous dit que l'eau est calme et vous êtes priés de le croire, même si les 400 grammes de sédiment déversés dans le récipient vous paraissent susceptibles de perturber quelque peu le calme initial de l'eau du récipient. Ainsi se volatilise l'eau calme, puis en un clin d'oeil, de son chapeau, le magicien vous sort le "granoclassement". Encore un petit pas en avant et le granoclassement va devenir "spontané", notion qui ne sera pas prouvée non plus. Toutefois, dans la conclusion générale de la note (p. 1579) furtivement réapparaît "l'eau calme", dans le récapitulatif final des conclusions de la note n° 1 :

"Ces expériences étudient le dépôt en continu et en eau calme d'un sédiment hétéro-granulaire. Il est observé que le matériel déposé s'organise spontanément, aussitôt après son dépôt, en lamines granoclassées qui donnent l'illusion de minces couches successives."

Notez qu'on ne prétend même pas avoir démontré la lamination en eau calme mais seulement l'avoir "étudiée" : nuance ! Mais, après ce tour de prestidigitation verbale, on glisse au sujet suivant. Sans doute le lecteur se demande-t-il, in petto, en quoi il importe au monde que l'eau d'une éprouvette de deux litres soit calme ou agitée ? Il importe beaucoup. En effet, ce qui sous-tend les expériences apparemment bénignes de M. Berthault, c'est la volonté de prouver que nombre de phénomènes qui ont l'apparence des "strates", la couleur et le goût des "strates", ne sont pas du tout des strates mais des "lamines" qui ne peuvent aucunement renseigner sur l'âge de la Terre. Cette "découverte", bien sûr, porterait "un coup fatal" (Expériences, op. cit., p.9) au principe de superposition et rendrait, du moins, un espace de vraisemblance à la chronologie biblique, à la Genèse, au Déluge et par conséquent (suivez mon regard) à la Création divine, à l'existence de Dieu, à l'autorité de la théologie, au péché originel, à la chute, etc. Si grand est le pouvoir de quelques grains de sable, dans leur petite éprouvette ! Mais ce n'est pas tout ! Voici un autre sujet d'étonnement : le "classement spontané des éléments".

Il est dit, dans la note n° 1, qu'en eau calme "le matériel déposé s'organise spontanément en lamines granoclassées" : les éléments les plus gros allant se placer d'eux-mêmes sous les plus petits. Spontanément ? À quelle force mystérieuse, à quelle voix, à quel instinct, à quel démiurge, obéissent donc les grains de sable pour se "granoclasser" tout seuls ? M . Berthault le sait sans doute, mais il nous le cache puisque sa démonstration se résume en ces mots : " La figure 2 montre un anneau de poudre siliceuse au sein le laquelle on voit les grains de sable bleu s'enfoncer "… Hélas!, la figure 2 n'étant ni coloriée ni animée, on n'y voit rien de tel. En outre, l'Institut de mécanique des fluides de Marseille, ayant en vain cherché à reproduire le phénomène, invalidera purement et simplement la "découverte incontestée", conclusion extrêmement désobligeante, pour la "géologie nouvelle" ! En effet, on l'aura compris, pour rendre les chétives lamines capables d'assumer la puissante mission qui leur incombait, il s'imposait de les doter de beaucoup plus de force et d'empire que dans la définition ordinairement admise : il leur fallait un champ d'action plus vaste, une activité intrépide, en tous terrains, par tous les temps et surtout, il fallait qu'elles consentissent à se former sans courant, en eau calme, spontanément !

Songeons, en effet, que sur les trois cents jours que dura le Déluge (selon le calcul biblique, depuis la première goutte jusqu'à l'arc-en-ciel final), les précipitations n'en occupent que quarante. Certes, c'est suffisant pour exterminer "tout ce qui respire, y compris les petits oiseaux du ciel". En revanche, pour laminer toutes les terres actuellement émergées, quarante jours, c'est nettement insuffisant (d'après nos calculs!).

Force fut donc de "laminer" sans musarder, à tour de bras et sans faire la fine bouche, pendant chaque phase de la catastrophe : à la montée des eaux comme à leur descente, en temps de crue comme en décrue, par grand vent et par calme plat. Bref il fallait que les éléments fussent capables, "même en eaux calmes", de se "granoclasser" tout seuls, après dépôt "proprio motu" et "sponte sua" : "spontanément !"

Telles étaient donc les grandes découvertes de M. Berthault, en 1986 :

Hâtons-nous de nous en émerveiller car ni l'une ni l'autre de ces découvertes ne survivra à la fatale seconde note aux CRAS de 1988 ! Et ce sera un rude coup pour la géologie selon la Bible. Il est clair, en effet, que l'objectif avait été de faire reconnaitre, par l'Académie, les principes fondateurs de la "restructuration" (à juste titre qualifiée de "révolutionnaire" puisque, par elle, "le monde allait changer de bases" !).

On peut certainement s'étonner que les académiciens consultés aient donné leur imprimatur à ces facéties insidieuses ! Faut-il supposer que le dessein clandestin, devenu aujourd'hui patent, ne l'était pas autant à une époque où le créationnisme "scientifique", en France, suscitait encore plus de haussements d'épaule que d'inquiétudes réelles ? En tout cas, M. Millot assurait n'avoir vu dans le texte de 1986 qu'une modeste "contribution technique" relative à la formation des lamines, phénomène bien connu de tous les géologues. C’est en découvrant, par la suite, l'usage abusif qu'en faisait M. Berthault que l'académicien comprit, trop tard, la supercherie. En effet, sur des expériences de granoclassement quasi instantané, en laboratoire, M Berthault prétendait, en extrapolant, déduire que les couches géologiques de la Terre ne s'étaient pas superposées en fonction du temps et que, par conséquent, l'évolution n’était qu’un mythe.

Proposition "insensée", estima M. Millot (document privé), ajoutant que les travaux expérimentaux des notes aux CRAS n'ont absolument "rien à voir avec la superposition des formations géologiques en fonction du temps" et que "confondre deux échelles d'observation constitue un contresens scientifique".


Seconde note aux CRAS : La fin des grandes découvertes. Du "chercheur" solitaire à l'institut scientifique

On se souvient que la première série d'expériences (celle de la note n° 1) avait été pratiquée, aux environs de 1975, par M Berthault lui-même "dans le laboratoire de sa société", que l'auteur s'y impliquait personnellement et qu'il était apparemment seul.
Comme nous l’avons vu, la seconde série d'expériences (celle de la note n° 2) fut effectuée à l'Institut de mécanique des fluides de Marseille, "à la demande de l'auteur", nous dit-on. Rien n'indique si "l'auteur" était présent. Mais d'ores et déjà est rompue la symétrie, qui, implicitement, donnait à penser que la seconde note confortait et prolongeait la première alors qu'elle la dément largement, non sur des points mineurs mais sur les deux points qui, selon M. Millot, avaient fait accepter la publication de la note n° 1 aux Comptes Rendus (en 1986), à savoir : le fait que le dépôt se faisait en eau calme et l'affirmation que les grains de quartz, après le dépôt, pénétraient dans le sol déposé pour s'arrêter à une certaine profondeur. Ces deux faits singuliers ("eau calme" et "organisation spontanée") avaient décidé de la publication bien que le mécanisme " d'organisation spontanée après dépôt" demeurât pour l'académicien "une énigme".

En 1988, l'objectif énoncé des expérimentations était d'étudier "l'influence de la hauteur de chute (et de la pente) sur la formation des lamines, d'abord en eau calme ensuite en eau courante". Mais on verra que l'eau calme ne fut pas au rendez-vous!

Le dispositif expérimental était analogue à celui de 1986 mais à une plus grande échelle : tubes de 4,7 m de haut (section 200 mm x150 mm). L'expérience consistait toujours à déverser, au-dessus de la surface d'une eau contenue dans un récipient, des mélanges de sable et de particules rocheuses de divers calibres, pour voir s'effectuer le granoclassement des particules et observer la formation des lamines "en eau calme", en fonction de plusieurs paramètres (hauteur de chute, vitesse, densité du mélange, etc.).

À première vue, la notion "d'eau calme" n'est pas claire dès lors qu'on déverse dans cette eau des sables, des mélanges rocheux ou tout autre chose. En effet, si l'eau est "calme" au départ, avant qu'on n'y verse rien, ne cesse-t-elle pas de l'être avec l'intrusion des mélanges versés, puisque (sauf erreur) "tout corps plongé dans un liquide" non seulement "fait des ronds dans l'eau", mais aussi "reçoit de ce liquide une poussée de bas en haut", etc., sans parler des "mouvements tourbillonnaires", des "remontées fluides" et autres "turbulences" ? Toutefois, le texte nous dit qu'à partir d'une hauteur de chute "suffisante", les turbulences, résultant de l'introduction des sables, sont "en grande partie amorties", langage impressionniste qui surprend dans un texte scientifique traitant de mesures. En l'occurrence, on avait estimé, nous dit-on, qu'une "hauteur de chute de 2 mètres semblait, a priori, suffisante" pour considérer que le dépôt se faisait "en eau calme".
Aussi commença-t-on les essais de lamination à 2 m de hauteur de chute, en tenant pour acquis (sur la foi de la note de 1986) que l'eau était "calme".


La première découverte tombe à l'eau : "L'eau calme" n'était pas calme

À cette hauteur (2 m), des lamines millimétriques assez régulières apparaissent comme en 1986. En principe l'apparition de lamines en eau calme était donc confirmée ? Non pas ! En effet, si l'on admet que les turbulences sont amorties à partir de 2 mètres de hauteur de chute, a fortiori le seront-elles à 4,7 m de hauteur de chute. Or, dans 3 séries d'essais à 4,7 m de hauteur de chute (en variant les mélanges et le débit, etc.), les facétieuses lamines refusent d'apparaître:

Ici, le texte de la note n°2 (CRAS, page 719) traduit une grande perplexité :

"La conclusion des essais est assez délicate. En effet, la lamination en eau calme est un phénomène qui semblait tout à fait crédible, dans la mesure ou la lamination, bien que peu nette, apparaissait à 2m, hauteur qui a priori semble suffisante pour que les effets dus à l'émission soient en grande partie amortis, or les résultats sont différents selon que l'on opère à 2m ou à 4,7m."

Et pour finir (p. 720 et 724):

"Ces diverses remarques nous conduisent à penser que la lamination, quand elle apparaît, est due, en partie, soit à la corrélation entre une agitation turbulente du fluide, et la concentration au niveau du dépôt, soit à des phénomènes d'instabilité dus à la chute sédimentaire d'un mélange hyperconcentré, soit à la conjugaison des deux phénomènes précités."

En résumé :

  1. Il est apparu que l'eau supposée calme, à 2 m de hauteur de chute (hauteur à laquelle avait procédé M. Berthault en 1986, pour conclure à la formation des lamines en eau calme) en réalité, n'était pas calme mais (si peu que ce soit) agitée par diverses turbulences, entre autres celles causées par l'introduction des sables versés.
  2. Quand l'eau est calme (c'est-à-dire à une hauteur de chute supérieure à 2 m) et que le mélange est stable et isotrope, il n'y a pas de lamination. Conclusion: "Un minimum d'agitation de l'eau, même faible et quelle qu'en soit l'origine, est toujours nécessaire pour qu'il y ait lamination." Dont acte. Ainsi tombait à l'eau la première "découverte incontestée" de M. Berthault.

   


Pour aller plus loin :
- Intrusions spiritualistes et impostures intellectuelles en sciences. Collectif.
- Petit traité de l'imposture scientifique. Aleksandra Kroh.
- L'imposture scientifique en 10 leçons. Michel de Pracontal.

Notes :
1. L'Académie des sciences publie, dans ses Comptes Rendus hebdomadaires (sous le nom de Notes aux Comptes Rendus) des communications (originales) pouvant provenir de personnes extérieures à l'Institut de France. Le texte, présenté d'abord à l'ensemble des académiciens, par l'un d'entre eux, est ensuite accepté (ou non) pour publication, sur l'avis d'un ou plusieurs spécialistes du sujet traité (les rapporteurs). Il faut noter que cette publication constitue une adhésion strictement limitée au texte publié et ne peut donc être invoquée pour justifier ou cautionner une théorie avancée ailleurs (précision soulignée, avec insistance, par un académicien).
2.Georges Millot, géologue et membre de l'Académie des sciences, disparu en 1991. Comme nous le verrons, il refusa pendant plus de quinze ans à M. Berthault l'accès aux Comptes Rendus, ses communications étant jugées sans intérêt ni nouveauté.
3. Cette revue éditée par le Centre missionnaire (évangéliste) de Carhaix (Finistère) semble assez largement diffusée, à en juger par la liste des tarifs d'abonnement pour les pays étrangers.
4. La procédure habituelle des créationnistes consiste à jouer le jeu du contrôle ordinaire pour faire valider leurs découvertes. De là l'importance d'être publiés en haut lieu pour doter leurs théories de labels d'authenticité.
5. À partir de 1973, M. Berthault fut administrateur des magasins Euromarché et, de 1957 à 1977, directeur adjoint de Viniprix, établissements fondés par son père.
6. "Dès 1973, j'avais envoyé ma première publication à M. Mitterrand qui s'en est dit "passionné"; M. Giscard d'Estaing m'écrivait : "Je suis en admiration totale devant vos travaux qui remettent en cause, si j'ai bien compris, la géologie" (Expériences, p. 14). "En Russie, j'ai fait traduire notre dernière cassette, "Drame dans les roches", par un géologue afin qu'elle soit envoyée à tous les prochains candidats à la Présidence de la fédération [sic] car les liens entre le marxisme historique et le darwinisme sont manifestes" (ibid.). "En Pologne, ma cassette va être envoyée à tous les évêques. Mes travaux sont très suivis par la hiérarchie catholique, jusqu'au niveau du Cardinal Ratzinger, chef du Saint-Office, qui m'honore de son estime" (ibid.). En 1986, l'encre de la première note aux CRAS n'était pas encore sèche, qu'un bulletin de victoire informait l'univers : "Elle a été un succès [sic]. Je l'ai envoyée aux directeurs de sédimentologie du monde entier : en Russie, Chine, Amérique... 120 au total" (ibid., p.9), etc., etc
7. Cf ., entre autres, Nitschelm, "Le créationnisme est-il scientifiquement recevable ? ", mémoire collectif, 1988 et J.Arnould (1997).
8. Institute for Creation Research. Soulignons que les "travaux" de M.Berthault se situent dans deux domaines de prédilection des "recherches" financées par l’ICR : prouver que la Terre est "jeune" (10000 ans maximum, comme le veut la Bible) et rassembler de fortes présomptions (faute de mieux!) en faveur du déluge.
9. Dans G. Berthault, "Restructuration stratigraphique", 1988 (document dactylographié). Intitulé d’abord "Perestroïka stratigraphique", ce document fut rebaptisé pour être proposé (sans aucun succès cependant) à l’Académie pontificale des sciences, "enrichi" de cette conclusion fervente.
10. Dans une lettre au président de l’Académie (datée du 11 mars 1989), dont nous avons pu prendre connaissance, M.Millot fut scandalisé lorsqu’il apprit que M.Berthault avait envoyé à l’Académie pontificale des sciences le document insensé qu’est "Restructuration stratigraphique". Il précise que sa correspondance avec M. Berthault remonte à 1971, qu’elle a exigé de lui beaucoup de temps et de patience. Il prend conscience que ses efforts n’ont pas abouti et s’indigne devant l’audace immodeste d’un personnage qui s’autorise à discourir sur une science qu’il ignore, etc. Précisons qu’entre 1974 et 1989, M. Millot avait constamment refusé de publier les textes proposés par M.Berthault, en raison de ce qu’il considérait comme des "digressions philosophiques" et pour leur absence de nouveauté. On peut donc dire que la note de 1986 fut conquise de haute lutte ! Pour la note de 1988, on verra qu’il en fut autrement.
11. Selon le principe de superposition, les couches sédimentaires s’étant superposées au long des âges (les plus récentes sur les plus anciennes, sauf cas d’exception), on peut établir une chronologie géologique qui permet de dater les roches et d’évaluer l’âge de la Terre, entre 4 et 5 milliards d’années, et non 10000 ans comme le soutiennent les créationnistes. (De surcroît, des datations absolues, par des méthodes géophysiques, corroborent ces datations relatives. NdE.)
12. Lamination par granoclassement : classement des éléments, au cours de leur dépôt, en fonction de leur calibre, sous l’action d’un courant (ou des saisons).Les éléments les plus gros se classent au fond, les plus petits au-dessus.
13. Première note aux CRAS : 1986, t. 303, série II, n° 17, p. 1569-70. Seconde note : 1988, t. 306, série II, p.717.

14. N’étant pas co-auteurs de la note, ils ne sont aucunement concernés par nos remarques.
15. Dans la tournure "résulte bien", l’adverbe "bien" induit l’idée qu’on ne fait que confirmer une vérité déjà admise auparavant. Or il n’en est rien puisque la notion de ségrégation au sein du mélange dépos, et "après dépôt", fait ici son apparition. Cette manière de d’induire comme antérieurement acquise une notion indémontrable, constitue l’un des procédés fallacieux de manipulation