L'oxygénothérapie
Les obsédés de l'oxygène

(suite)

L'oxygène est toxique

Aussi étrange que cela puisse paraître, l'oxygène est en fait toxique. Cela semble contre intuitif étant donné que l'oxygène est un élément nécessaire et essentiel à la vie. Comment, dans ce cas, l'oxygène peut-il être à la fois source de vie et toxique ? La réponse à cette question réside dans le fait que tous les organismes aérobiques, y compris les humains, tirent leur énergie indispensable pour garder leurs fonctions vitales en état de marche, en consommant de la nourriture et en la combinant avec de l'oxygène. Les réactions métaboliques chimiques résultant, libèrent l'énergie affectée à diverses fonctions telles que celles des contractions du coeur pompant le sang, des contractions musculaires qui actionnent le corps, et dans la régulation de la température corporelle. Le métabolisme aérobique est un moyen efficace d'extraire l'énergie nécessaire de la nourriture, mais tout organisme aérobique paye le prix de cette adaptation à une atmosphère terrestre riche en oxygène, car nous sommes sujets à de puissantes attaques de toxines dérivées de l'oxygène.

Plusieurs de ces toxines appartiennent à un groupe d'espèces chimiques appelées radicaux libres. Plus spécialement, certains de ces radicaux libres, dérivés de réactions impliquant l'oxygène, sont nommés radicaux libres oxydants. Malheureusement pour nous, l'oxygène, qui est présente dans l'atmosphère (O2) (les molécules d'oxygène), est transformée pendant le déroulement des réactions métaboliques chimiques en toute une variété de puissants radicaux libres oxydants. Ceux-ci doivent leur toxicité à leur capacité d'interagir avec les biomolécules (par exemple les lipides, les protéines et l'ADN). Certains radicaux libres oxydants peuvent ne réagir qu'avec certaines molécules, tandis que d'autres peuvent réagir virtuellement avec toutes les biomolécules.

Les réactions entre les radicaux libres oxydants et les biomolécules, conduisent fréquemment à des modifications plutôt nuisibles des biomolécules concernées. Quand leur concentration est haute, les radicaux libres peuvent tuer les cellules et détruire le tissu. En fait, les radicaux libres oxydants sont susceptibles d'être impliqués dans divers phénomènes tels que le vieillissement, les maladies de coeur, la carcinogenèse (processus de formation d'un cancer) et la maladie d'Alzheimer. Tous les organismes aérobiques ont dû développer des mécanismes de défense sophistiqués pour lutter contre les assauts continus des radicaux libres oxydants. C'est une meilleure compréhension de leurs implications dans la maladie qui a poussé les autorités médicales à conseiller la consommation de nourriture riche en anti-oxydants.


Le peroxyde d'hydrogène et l'Ozone sont sources de radicaux libres

Le peroxyde d'hydrogène (H2O2) est un composé que l'on retrouve fréquemment dans la plupart des boites à pharmacie. Un examen de la petite bouteille brune révèle qu'elle contient une solution à 3% de peroxyde d'hydrogène (l'eau oxygénée) stabilisée par un conservateur. Le conservateur ralentit la décomposition progressive du peroxyde d'hydrogène dans l'eau et l'oxygène. Cette solution diluée de peroxyde d'hydrogène, est utilisée en tant qu'antiseptique et est souvent employée pour se rincer la bouche ou pour traiter les petites éraflures ou coupures. Le peroxyde d'hydrogène à des concentrations supérieures à 3% peut être très corrosif pour les tissus et causer de sérieuses brûlures. En outre, la consommation de peroxyde d'hydrogène peut être cause d'embolie et est connu comme étant une génotoxine (substance qui altère le matériel génétique).

Le peroxyde d'hydrogène, utilisé dans les oxygénothérapies, a une concentration de 35%, assez importante pour causer de sévères brûlures à moins qu'il soit dilué. Il est décrit par les fondus de la thérapie à l'oxygène comme "bon pour une multitude d'usages aussi bien intérieurs qu'externes" parce que "nos corps manquent du peroxyde d'hydrogène nécessaire pour fonctionner correctement". Les déclarations fracassantes de ce genre font florès : "s'il n'y a pas assez d'oxygène que les cellules puissent consommer, le sucre sera transformé en monoxyde de carbone." Et "les cellules ne peuvent être malades si elles sont approvisionnées avec suffisamment d'oxygène". D'autres affirment même le contraire de ce que la science déclare : "lorsque les tissus manquent d'oxygène, il y a production de radicaux libres. L'oxygène n'est plus assimilé normalement. Il ne pénètre plus dans la cellule et devient un élément agressif pour la membrane cellulaire elle-même." Toutes ces déclarations, qui pourraient sembler scientifiques à toute personne non rompue à la biologie, sont complètement absurdes.

Le peroxyde d'hydrogène à 3% que l'on trouve dans les pharmacies ou parapharmacies est impropre dans le cadre de l'oxygénothérapie, à cause, paraît-il, du conservateur et parce qu'il n'est pas assez concentré. Bien entendu, aucune explication n'est donnée pour ce qui est de la réduction de l'efficacité de la solution à 3% par le conservateur dilué. Comme déjà évoqué, le peroxyde d'hydrogène se décompose lentement dans l'eau et l'oxygène. Cependant, il peut réagir rapidement, dans des conditions présentes dans le corps, pour former des radicaux libres oxydants puissants appelés radicaux hydroxyles. Ces radicaux sont composés d'un atome d'hydrogène et d'un atome d'oxygène qui ont un nombre impair d'électrons. Le radical hydroxyle fait montre d'une réactivité extraordinairement importante face à toute biomolécule, et conduit à des modifications comparables à celles causées par une exposition à une radiation ionisante.

L'ozone est un gaz à température et pression ambiantes avec une odeur particulièrement forte, caustique et irritante. Cette odeur peut occasionnellement se faire sentir après que la foudre soit tombée, lors d'un violent orage, ou lors du fonctionnement d'un moteur électrique. La décharge électrique cause une cassure de la molécule d'oxygène (O2) présente dans l'air en deux atomes d'oxygène séparés. Les atomes d'oxygène séparés sont très réactifs et peuvent rejoindre une autre molécule d'oxygène, formant de l'ozone (O3). L'ozone est soluble dans l'eau, formant différentes espèces chimiques dont les radicaux hydroxyles. Respirer de l'ozone peut causer de sérieuses irritations des poumons et des muqueuses ainsi que des altérations des tissus pulmonaires semblables à celles consécutives à des radiations ionisantes

Des expositions répétées au peroxyde d'hydrogène et à l'ozone, altérant les cellules et les tissus à la manière d'une exposition à une radiation ionisante n'est pas étonnant. Quand des organismes vivants sont exposés à des radiations gamma, les photons gamma, très énergétiques, sont absorbés par les molécules d'eau, qui engrangent tellement d'énergie qu'elles se séparent pour former des radicaux hydroxyles. Les déclarations de bénéfices, issus de l'oxygénothérapie, pourraient être vrais, mais restent non prouvés. Si l'ingestion de peroxyde d'hydrogène, ou l'inhalation d'ozone, étaient cause d'améliorations psychologiques tels qu'une stimulation ou une diminution de la dépression, cela peut être entièrement dû à l'effet placebo. Ce qui serait nécessaire, afin de prouver que l'oxygénothérapie est réellement efficace, serait une étude dans laquelle les sujets se verraient prescrire du peroxyde d'hydrogène, de l'ozone et un placebo, tout en étant évalués psychologiquement. Une telle expérience peut ne pas être très éthique, mais qu'en est-il des dangers connus pour la santé de l'ingestion de peroxyde ou l'inhalation d'ozone ?

La situation rappelle un peu les déclarations faites concernant les bénéfices psychologiques de la consommation d'eau au radium. Au tournant du siècle, des personnes âgées étaient convaincues d'être beaucoup plus en forme (surtout pour ce qui est de leurs performances sexuelles) après un régime à base de consommation d'eau radioactive. Malheureusement, il a été prouvé que l'eau au radium avait des effets secondaires particulièrement nocifs tels qu'une destruction des tissus osseux de la mâchoire et du crâne, et n'est donc plus considérée (à juste titre) comme bonne à la santé ni tonifiante. Pourtant, toute étude médicale sur les effets psychologiques de la consommation d'eau au radium, ne donnera probablement pas de renseignements documentés sur ces effets secondaires délétères.

Certains fondus de l'oxygénothérapie déclarent que la consommation de peroxyde d'hydrogène et l'inhalation d'ozone sont sans dangers, alors que ces derniers sont les premiers à reconnaître qu'il est possible d'avoir des nausées, des insomnies, une fatigue anormale, des éruptions cutanées, de la diarrhée, des infection, des furoncles, etc.. qui seraient les manifestations du processus normal d'un "nettoyage". En réalité, ces symptômes sont plus probablement ceux d'une intoxication due aux effets de l'oxygénothérapie.

L'autre tactique fallacieuse consiste à invoquer l'argument selon lequel si la preuve de la dangerosité de l'oxygénothérapie avait été faite, depuis quarante ans qu'elle existe, cela se saurait. Ceci est une forme éclatante de l'illusion logique stipulant que si quelque chose ne peut pas être réfuté, c'est qu'il doit être vrai (argument d'ignorance) l'antithèse d'un raisonnement scientifique par des gens qui pourtant se réclament "scientifiques. Il existe des preuves scientifiques soutenant l'affirmation selon laquelle le peroxyde d'hydrogène et l'ozone sont capables de détruire des agents morbides. Les radicaux hydroxyles dérivés du peroxyde et de l'ozone sont tout à fait capables de tuer des cellules cancéreuses tout comme ils peuvent détruire le virus du SIDA. Malheureusement, les radicaux hydroxyles sont aussi tout à fait capables d'endommager et de tuer les cellules normales et saines.


L'erreur de l'oxygénothérapie

L'erreur fondamentale, dans l'approche oxygénothérapique, est qu'elle ignore totalement la nécessité d'étudier la toxicité substantielle des radicaux libres oxydants. En d'autres termes, il faut essayer, autant que possible, de limiter l'exposition des cellules saines aux radicaux libres. Les partisans de l'oxygénothérapie, et de l'ozone thérapie, déclarent faussement que les enzymes présentes dans le corps sont pleinement capables de protéger contre tout dommage infligé par les radicaux libres, aux cellules saines pendant la thérapie. Ce qui est faux, même pour ce qui est des niveaux de radicaux libres normaux, ainsi que lorsque le corps est délibérément submergé par des radicaux libres pendant l'oxygénothérapie. En outre, les partisans de la suroxygénation affirment que les organismes à l'origine de la maladie sont des organismes primitifs et de ce fait ont besoin de moins d'oxygène ne pouvant survivre que dans des environnements pauvres en oxygène, ce qui est une absurdité pseudoscientifique de plus.


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